Canon Ion RC-251

Canon Ion RC 251Le Canon Ion RC-251 est né sous le signe de la photo ascendant camescope. L’hybride de Canon enregistre 50 vues visibles immédiatement sur un téléviseur. Comme avec une bande vidéo les images sont effaçables. Son nom : une compression magnétique.

Jacques Marchais – mars 1990

Le premier photoscope, appareil photo vidéo, a pris place depuis quelques semaines dans les vitrines. Ion, c’est le nom choisi par Canon pour baptiser cet hibryde qui consacre l’entrée de la photo vidéo dans l’ère de l’image moderne.

Le RC 251, patronyme générique du Ion, est à la hauteur de l’ambition de la marque. La prise en main de l’appareil est très agréable en raison de sa forme plate et allongée. Elle rappelle celle d’une paire de jumelles. De teinte gris fumée, mais un modèle existe aussi en blanc, il sait se faire discret dans la rue ou les lieux publics. Est-ce sa ligne inhabituelle ? En tout cas les gens ne réagissent pas en face de lui comme devant un appareil conventionnel. Simple observation car il ne s’agit en aucune façon d’un appareil espion. Sans se tromper, on peut prédire qu’il est destiné à devenir le photoscope. Un compact nouvelle donne.

L'ouverture du logement du floppy-discCanon-Ion-RC-251Avec son obturateur électronique et son programme d’exposition qui va du 1/30 s à f/2,8 ou 1/500 s à f/22, il ne peut être assimilé à un bas de gamme, même s’il n’a pas de mise au point réglable.

Son chargement est on ne peut plus simple, un tiroir, une disquette et le tour est joué. Un nouveau plaisir de la photo, mais aussi une nouvelle pratique que l’on découvre en enregistrant à la file 50 vues sur son floppy-disc. A ce plaisir s’ajoute celui de pouvoir visionner les images sur le champ, mois aussi de les effacer si elles son rotées ou ne plaisent pas.

Balance des blancs

Avec le Ion, plus besoin de laboratoire, un téléviseur Pal/Secam ou Secam équipé d’un transcodeur suffit à regarder ses images. Les deux moins levées, coudes ou corps, la prise de vues s’effectue naturellement comme avec un 24 × 36. La tenue de l’appareil assure une stabilité de cadrage, et à la projection on retrouve les horizontales bien à leur place.

La vue enregistrée, la disquette tourne et l’écran à cristaux liquides affiche le numéro de la photo suivante. Comme l’exposition est automatique, l’opérateur n’a pas à s’en préoccuper. Aucun renseignement ne vient s’ inscrire sur l’écran de contrôle extérieur. Seules, deux diodes rouges clignotent dans le viseur pour préciser la nécessité d’utiliser le flash. Le plus sage en basse lumière, c’est de le positionner en « auto » qui ne le déclenchera qu’en cas de nécessité. Le branchement permanent n’est pas à conseiller, les éclairs du flash produisent une lumière crue et très concentrée à cause de la parabole de petite dimension. Mais c’est le défaut général des compacts.

Bouton de commande Canon-Ion-RC-251Une balance des blancs de grande qualité, c’est un point fort du système en prise de vues d’intérieur, situation en photo où l’on a généralement recourt ou flash. Le photoscope enregistre la lumière de la moindre lampe en restituant des images superbes, à l’ambiance chaleureuse, préférable à celles de la lumière froide de l’électronique. En revanche, le flash est plus supportable en extérieur dons un environnement relativement lumineux sur un sujet à l’ombre, par exemple, car la lumière ambiante atténue les ombres créées par le flash qui sont souvent agressives. Sans aucun appoint, avec une lumière du jour désastreuse, les couleurs sont belles, saturées au point que le rendu en est meilleur que la réalité. Seul péché dans ce cas extrême de basse lumière, c’est le manque de définition à pleine ouverture. Ce qui est courant même en photo conventionnnelle. A l’usage, on comprend vite que le Ion ne se réserve pas à des photos de famille. Il est bien des métiers qui utilisent la photo pour les repérages, des descriptions, des enquêtes, etc. Ce rôle de bloc-notes ou de carnet de croquis le photoscope peut le jouer dans l’enseignement, la formation professionnelle. Grâce à son réglage macro, il peut reproduire des documents ou des objets. Mais il y a une autre utilité. Pour le Ion en vidéo, c’est de pouvoir faire du vue à vue pour un film d’animation, des plans de coupe, des images arrêtées pouvant être copiées ensuite par n’importe quel magnétoscope.

Mesure de la lumière

Dans le nouveau système de photo magnétique le film qui enregistre la réflexion lumineuse de l’image transmise par le système optique est remplacé far un capteur CCD placé derrière l’objectif. Etant donné la surface du capteur, l’ensemble occupe fort peu de place. L’image est convertie en signaux électriques pour être enregistrée sur floppydisc. Appareil en main, on trouve sur sa droite un hublot qui abrite l’objectif de 11 mm f/2,8, qui correspond au 60 mm d’un 24 × 36, près duquel sont placées les cellules de mesure de l’exposition et de balance des blancs sans laquelle la couleur des images vidéo ne serait pas étalonnée et stable. Parallèle au hublot un viseur clair, à parallaxe corrigé, traverse l’appareil de bout en bout. Un correcteur de -4/+2 dioptries permet d’adapter l’oculaire à la vue. Un affichage interne décrit le fonctionnement du flash, et signale la mise en service de la position macrophoto. En revanche, et c’est là que l’appareil fait penser, par ses fonction simplifiées, à un compact courant, aucun réglage de distance n’est possible. Celle-ci est fixée entre 1 mètre et l’infini. Seule la position macro autorise la prise de vues rapporchée jusqu’à 30 cm. La mesure de la lumière et l’étalonnage du signal vidéo sont automatiques comme sur les camescopes. Le flash intégré, à gauche du boîtier, automatique et synchronisé au 1/125 s, n’a qu’une portée de 3 mètres. Sa position éloignée de celle de l’objectif évite d’obtenir des personnages aux yeux rubis. En revanche, sa petite taille donne un éclair très concentré et très ponctuel qui « blanchit » un peu trop le sujet mais donne des fonds obscures. La cadence de prise de vues est réglable image par image ou en rafales de 3 im/s ce qui est tout à fait raisonnable pour des photos familiales. Un temporisateur de 10 secondes retarde le déclenchement.

Autonomie

Batterie Canon-Ion-RC-251La disquette VF-50, de la taille d’une diapositive sous cache enregistre les images à la suite et les emmagasine sur ses pistes concentriques en système analogique. Les images ratées sont signalées sur l’écran LCD. On peut de même détruire celles qui ne plaisent pas et en insérer d’autres à leur place. Ou encore effacer et réenregistrer le disque plusieurs fois mais dans une certaine limite car à la lecture le floppy-disc tourne sans cesse comme le fait un 45 tours, donc il est soumis à l’usure et de plus il consomme beaucoup d’énergie. En lecture mieux vaut utiliser l’adaptateur secteur. Le nombre d’images enregistrées est signalé sur l’écran de contrôle LCD indiquant le numéro de piste, le mode de prise de vues, l’état de la batterie et les erreurs à éviter. Il est placé à l’arrière, à côté des commandes de manoeuvre. Bien entendu, dans cette partie du photoscope les fonctions sont plus celles d’un camescope que d’un appareil photo comme la recherche avant ou arrière. Le Ion est alimenté par une batterie BP-4P qui assure une capacité de 800 prises de vues sans flash et entre 200 et 300 avec flash utilisé à 25 % . Mais cette capacité diminue beaucoup si le flash est utilisé intensément. Le chargeur de batterie BA-24P adjoint au coupleur CA AV-C25 permet l’utilisation directe du secteur. Pour les prises de vues de sujets en mouvement, pour lesquelles il est difficile de donner une bonne stabilité à la main. Canon propose en option une poignée action AS-C25 qui améliore la tenue notamment avec le téléconvertisseur TC-C 2513, complément optique qui transforme en télé la focale de base.

Tirage papier par photocopieur

Partie arrière Canon Ion RC-251La connexion au téléviseur se fait tout bonnement au moyen de la prise péritel ou par l’entrée vidéo, soit au travers du coupleur CA  AV-C25 soit via la prise d’antenne du téléviseur. Dès la première vue on est surpris par la qualité de l’image vidéo. On peut obtenir des tirages avec les systèmes déjà existant. Canon va développer, avec l’aide des points de vente, un service de tirage papier par photocopieur couleur laser CLC 500 avec lequel le raccordement du Ion est compatible. Sur le format 21 × 29,7 on peut placer une seule image, ou 4 ou 8 ou 20 pour approximativement 20 F. Après tout, pourquoi les mini-labs ne s’équiperaient-ils pas d’un photocopieur acceptant les disquettes photo magnétique ? En attendant le Ion est connectable à tous les systèmes au standard Pal, téléprojecteur vidéo, ordinateur, PAO, et va pouvoir bientôt envoyer ses images à travers le monde grâce au réseau Numéris International. Le Canon Ion est vendu en France au prix de base de 5 900 F et sa disquette coûte environ 56 F. C’est toute l’avant-garde d’une nouvelle ère de l’image fixe.

Le RC-251 marque, l’an 0 de la photo vidéo. Photo argentique, championne toutes catégories, ou photo magnétique, son challenger, les deux procédés se suivent et n’ont qu’un but : faire des images. Le postulat du nouveau procédé est d’arriver à la perfection de l’autre. Le nouveau média a pour lui d’être plus souple mais aussi d’offrir des  ressources bien intéressantes et bien plus folles. Mais il faudra encore quelques temps pour que l’élève dépasse le maître dans sa perfection actuelle.

Caractéristiques Canon Ion RC-251

  • CAPTEUR CCD : ½ pouce – 360 000 pixels (786 × 458)
  • OBJECTIF : 11 mm, Fix focus (correspond au 60 mm du 24 × 36), f/2,8 à f/22
  • MISE AU POINT : De 1 m à l’infini, macro : 30 cm
  • VISEUR : Clair, réglage dioptrique – 4 à + 2 dioptries
  • MESURE DE LA LUMIERE : Cellule et signal vidéo
  • BALANCE DES BLANCS : Réglage automatique
  • MODE D’EXPOSITION : Programme AE
  • OBTURATEUR : 1/30 s à 1/500 s
  • COMPENSATION D’EXPOSITION : + 1,5 IL
  • FLASH : Intégré, automatique portée 3 m, synchro 1/125 s
  • MODE PRISE DE VUES : im/im et continu 3 im/s
  • RETARDATEUR : 10 s
  • STANDARD : Pal
  • SUPPORT : Disquette vidéo 50 vues
  • RESOLUTION HORIZONTALE : Lecture 350 lignes TV
  • EFFACEMENT : image par image
  • ECRAN LCD : à 4 segments
  • ALIMENTATION : Batterie 8 V, 200 mAh, Canon BP-4P
  • DIMENSIONS : 14,2 × 34,5 × 10,6 cm
  • POIDS : 0,490 kg (avec batterie)
  • PRIX INDICATIF : 5 900 F (899 €)

Les plus

  • Le nouveau concept du système
  • La simplicité d’utilisation
  • La poignée-viseur orientable
  • La qualité de fabrication
  • La bonne qualité chromatique des images
  • La possibilité de réutiliser les vues effacées
  • La capacité de 50 vues
  • La discrétion silencieuse du photoscope
  • La clarté du viseur

Les moins

  • La mise au point fixe
  • L’éclair du flash un peu violent
  • Le prix, un peu élevé
  • La difficulté momentanée d’obtenir des tirages
  • Le manque de capacité effective de la batterie

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