Canon UC-X2 Hi

L’héritier

Efficace

Le Hi-8 a encore des choses à dire. Le Canon UC-X2 Hi, digne héritier du célèbre caméscope video 8 UCX1, en administre la preuve avec un excellent niveau de performance.

Canon UC X2-Hi

Mais quelle allure ! Mariant le noir au gris métallisé, le successeur du fameux UCX1, dernier modèle top conçu par Canon, joue la carte de l’élégance. Les performances sont-elles à la hauteur ? Ceux qui ont déjà connu le bonheur d’une prise en main l’affirment : piqué étonnant, stabilisateur sans pareil, possibilités de débrayage intégral, zoom x40 et surtout, exclusivité Canon, fonctions pilotables par l’œil, à commencer par l’autofocus. Pour faire le tour de la question, nous avons emmené l’appareil au zoo de Vincennes, environnement idéal pour exploiter ses capacités.

Ergonomie

Où est-il ? Je ne l’aurais quand même pas oublié ! Ouf, le voilà, niché dans un coin du sac. Léger (760 g) et compact, le Canon UC-X2 Hi se veut passe-partout et se défend d’encombrer. L’ergonomie étudiée apparaît très vite comme l’un des points forts de la bête. Non seulement l’appareil est bien équilibré, mais ses commandes principales se révèlent parfaitement accessibles, à commencer par le levier de zooming électrique qui tombe naturellement sous le pouce (eh non, toujours pas de zoom manuel).

Viseur

Couleurs, il possède la plus haute définition existante à ce jour : 180.000 pixels. Résultat, la mise au point s’effectue aussi bien, sinon mieux, qu’avec un viseur noir et blanc et on mesure davantage, au tournage, la vie qu’apporte à son vidéogramme l’enregistrement de scènes colorées. Large, confortable et orientable, il permet de filmer en éloignant un peu le visage de l’œilleton (sauf naturellement quand le soleil, situé dans le dos, s’y réfléchit). Enfin, grâce à son système de crantage, il ne se déplace pas au contact du visage, mais reste stable.

Zoom

La vaste plage de focales offertes apparaît comme l’atout de l’UCX2. Commençons par le semi-grand-angle (équivalent d’un 35 mm photo). Il nous permet de saisir la troupe de manchots dans son environnement. Au bout du zoom optique x20 (environ un 700 mm photo), un exploit de l’opticien Canon puisque les autres constructeurs ne dépassent pas x12, on  définit un groupe de palmipèdes. Enfin, grâce au zoom numérique, on obtient, en gros plan, l’expression d’un volatile, indiscernable à l’œil nu. Avec une belle lumière de fin d’après midi, la définition de l’oiseau reste acceptable (celle des premiers zooms numériques x24). Pas de pixellisation trop flagrante, mais une perte de définition.

Explication, on grossit successivement une trame, puis l’autre, grâce à deux mémoires de lignes et un circuit d’interpolation. Ombre au tableau, la mise au point, obligatoirement manuelle, devient alors très difficile à effectuer, notamment sur un sujet qui ne conserve pas une parfaite immobilité.

Stabilisateur

Stabilisateur Canon UC X2 Hi

Stabilisateur Optique, « of course », il exploite toujours le fameux principe du prisme Variangle, à ceci près que les détecteurs sont devenus très sensibles aux hautes fréquences (mouvements brusques). Le stabilisateur de l’UCX2 offre ainsi une marge de compensation allant de 5 Hz (petits tremblements à main levée) à 20 Hz (vibrations plus importantes enregistrées dans les véhicules). Bien que très utile en longue focale, il connaît cependant quelques limites, ainsi en bout de zoom digital, mieux vaut poser l’appareil à moins de pratiquer le yog.

Autofocus

Nous ne nous étendrons pas sur le principe de l’autofocus piloté par l’œil, hérité de l’UCX1. Pour résumer, l’appareil fait la netteté sur l’objet situé à l’intérieur d’un carré mobile qui suit les mouvements de la pupille, grâce à un système infrarouge. Un calibrage est nécessaire pour la mémorisation des particularités de chaque œil. L’appareil intègre ainsi deux mémoires, auxquelles s’ajoute un paramétrage standard pour « invité ».

Grâce à ce dispositif, il devient facile de faire le point sur un sujet décentré ou se déplaçant, même rapidement dans le cadre. Une figure de style classique, qui n’est possible qu’en mode manuel avec d’autres appareils : le passage du rocher net à l’animal flou, ou le contraire. On peut théoriquement verrouiller sa mise au point grâce à une touche Frame Lock. En fait, mieux vaut renoncer à utiliser cette fonction, et une fois la netteté obtenue, débrayez plutôt l’autofocus.

En effet, lorsqu’on active le Frame Lock, l’autofocus reste en fonction, seul le secteur dans lequel celui-ci doit effectuer sa mise au point (matérialisé par un cadre dans le viseur) reste sélectionné. Résultat, en longue focale (zoom x20 et surtout x40), on observe un pompage au moindre bougé et le même phénomène intervient lors des zoomings. Pour débrayer, il suffit d’appuyer sur la molette placée sous le pouce de la main gauche (qui soutient la base du camescope). Apparaît alors dans le viseur la mention AF OFF. Vérifiez qu’elle s’affiche. En effet, le réglage de l’exposition s’obtient à l’aide d’une seconde molette située près de la première, d’où un risque de confusion.

Autres pilotages par l’œil

Les autres fonctions pilotées par l’œil (fondu, réglage de balance des blancs, inscription de la date, et effets digitaux) nous ont paru de prime abord assez gadget. On accède à leur menu après une pression prolongée sur la touche Frame Lock. On relâche cette dernière quand l’option choisie est surlignée. Le nom de la fonction s’inscrit alors dans le coin inférieur gauche du viseur. Par la suite, toute pression sur la touche Frame Lock fait apparaître l’indication de la commande sélectionnée et rend possible son activation… d’un coup d’œil insistant.

Canon UC X2 Hi Eye Control

La réaction de l’appareil nous a cependant parue plus lente qu’avec un simple recours aux « boutons ». La pratique aidant, on se réconcilie cependant avec ce système. Il faut pour cela admettre qu’il ne se substitue pas au dispositif de touches, mais le complète au cas par cas. Ainsi la possibilité de déclencher l’enregistrement par l’œil ou de l’interrompre, supprime les bougés et autres décadrages consécutifs à une manipulation physique de l’appareil. Une faculté très appréciable en longue focale. D’autres options, comme le fondu au noir, par exemple, peuvent tout simplement être sélectionnées parce qu’elles correspondent à une utilisation courante et évitent le recours constant à la commande matérielle ou au menu. A noter : la fonction numérique que l’on souhaite obtenir doit préalablement être sélectionnée manuellement. L’effet le plus réjouissant reste le doubleur de focale, puisque le grossissement s’effectue sur le carré désignant l’objet fixé par l’œil.

En grand de la photo, Canon ne plaisante pas avec les réglages d’exposition. Ici la mesure de la lumière sur 64 zones procure un bon résultat. Le camescope pallie même de légers contrejours. La raison ? L’analyse est intelligente : elle privilégie l’exposition de la partie sur laquelle la mise au point est effectuée, en cas d’écart trop important avec le reste de la scène. Mais, si malin soit-il un automatisme ne saurait se substituer à l’homme, et pour les cas dans lesquels il reste nécessaire de le débrayer, une correction manuelle d’environ plus ou moins deux diaphragmes reste disponible. On progresse alors par quart de valeur sur une vingtaine de paliers.

Basse lumière

Le Canon UC-X2 Hi possède quatre réglages programmés de l’exposition : les modes sport, portrait, plage et neige mais surtout basse lumière. Si l’on actionne ce dernier, on opte pour la vitesse d’obturation lente, 1/15 de seconde. Résultat, la scène est effectivement éclairée, mais les mouvements sont affectés d’un effet de traînage (sorte de flou). Si cette solution ne convient pas aux sujets trop remuants, elle peut s’avérer payante lorsqu’on filme sur pied des paysages ou des cibles relativement immobiles, de gentils lémuriens, par exemple.

Balance des blancs

En automatique, la température de couleur est mesurée sur 64 zones, un procédé particulièrement performant. Les passages d’intérieur à extérieur sont bien supportés. Mais rien n’interdit de débrayer. La balance des blancs devient alors mémorisable. On effectue le réglage après avoir sélectionné le menu classique ou celui des pilotages par l’œil.

Effets

Flamant rose

Ils sont tous là, aussi nombreux que les membres d’une équipe de football : stroboscopie, solarisation, gel, mosaïque, 16:9, mais aussi différents types de transition : les classiques fondus enchaînés, les volets (image en mouvement ou cache noir venant pousser une vue gelée), ou encore les fenêtres capables de faire disparaître l’image.

Image

L’un des meilleurs rendus Hi-8. Avec une image fine et agréablement contrastée, l’UCX2 fait merveille pour les délicats reflets aquatiques ou les fameuses teintes chair. Son exigence, mais elle est commune à tous les modèles grand public : de la lumière. Enfin les résultats seront d’autant plus satisfaisants que l’on n’aura pas trop forcé sur le zoom numérique, si pratique soit-il.

Canon UCX20 Hi

Canon UC X20 Hi

Coup de cœur ! Plus facile à utiliser que l’UCX2, la version allégée, nommée UCX20, proposée pour 2.000 F de moins, nous a complètement séduits par sa maniabilité, son efficacité et son rapport qualité/prix. Pas d’effets spéciaux, ni de pilotages par l’œil. Tant pis. On se console avec un autofocus classique hyper efficace et plus rapide que celui du modèle haut de gamme. En revanche, l’absence de zoom x40, ne nous paraît pas trop pénalisante, dans la mesure où cette fonction doit, à notre goût, être utilisée avec modération. Un vrairegret, la qualité moindre du  viseur couleurs qui ne totalise ici que 113.000 pixels. Cela dit, la définition reste correcte. Pour le reste, l’UCX20 reprend les caractéristiques de l’UCX2 et ses meilleurs côtés, comme le stabilisateur optique, optimisé par Canon et aux performances inégalées, le zoom x20 exclusivement optique, le semi-grand angulaire, les multiples débrayages. Enfin, on retrouve la même qualité d’image. Seule différence, dans ce domaine, les couleurs qui, d’après les modèles testés, paraissent un peu moins chaudes.

En bref

Il obéit au doigt et à l’œil, le dernier bébé Canon. Quant au petit frère, l’UCX20, il plaira à tous ceux qui ne plaisantent pas avec l’essentiel (qualité d’image, débrayage, stabilisation) mais sont moins férus d’innovations que ceux auxquels s’adresse l’UCX2. Principal regret, l’absence de timecode.

Caractéristiques Canon UCX2 Hi

 

Caméra

Standard
Format
  • 8mm/ Hi 8.
Capteur
  • CCD 1/4″, 470.000 pixels.
Objectif
  • Zoom optique x20, 4-80 mm (UCX2 : numérique x40). f/1,6. Macro en grand-angle. Zooming électrique.
Mise au point
  • Manuelle. Auto (TTL), opérationnelle jusqu’à 1 cm en grand-angle. AF piloté par l’oeil (UCX2).
Exposition
  • Mémorisation d’exposition, correction manuelle de ± 2,75 EV. + 4 programmes résultat via molette (Sport, Portrait, Basse lumière, Sable et Neige).
Sensibilité
  • 3 lux et 1 lux en mode basse lumière (1/15 s).
Bal. des blancs
  • TTL. Automatique sur 64 zones. Débrayable en manuel par l’œil.
Viseur
  • Couleurs. 180.000 pixels (UCX2). 113.000 pixels (UCX20).
 

Magnétoscope

Sorties A/V
  • Prise Ushiden et Cinch A/V.
Audio
  • Hi-Fi stéréo.
Fonctions
  • Stabilisateur optique. Zoom électronique x40 (UCX2). Effets spéciaux (UCX2) : Fondu-enchaîné, volet noir, volet image, fenêtre, mosaïque, stroboscopie, solarisation, doubleur de focale, gel, mode 16/9. Générateur de caractères 2 x 16. Fondu au noir. Pilotage par l’œil (UCX2) : Autofocus, contrôle d’enregistrement début/fin, balance des blancs, fondu, titrage, date, effets numériques. Prises Lanc, micro,casque. Coupe circuit. Alimentation au lithium. Insertion.
Poids
  • 760 g sans batterie.
Prix Indicatifs (janvier 1990)
  • 14.000 FF, UCX2. Soit environ 2.130 €
  • 12.000 FF, UCX20. Soit environ 1.820 €

CV 90