Le praxinoscope

Parmi les objets capables de reproduire le mouvement, nous abordons ici l’appareil le plus perfectionné du genre : le praxinoscope qui utilise des bandes recouvertes de figures peintes. Une petite merveille d’ingéniosité pour les amateurs et les collectionneurs de matériel cinéma.

PraxinoscopeTrois ans avant la naissance du cinématographe, un homme de génie, Emile Reynaud, autodidacte et professeur de science au Puy-en-Velay, émerveille les spectateurs du musé Grévin, à Paris avec son spectacle intitulé « Pantomimes lumineuses » qui restera à l’affiche sept années consécutives. Il fait breveter en 1888 son théâtre optique, qu’il destine à animer et à projeter une longue série de dessins devant plusieurs centaines de spectateurs. Cette invention est une déclinaison du Praxinoscope imaginé par Reynaud quelques années auparavant. Ce nouveau type de jouet optique permettait à plusieurs personnes de voir sur une couronne de petits miroirs, une série de dessins s’animant en boucle. Son créateur le déclina sous trois modèles : le praxinoscope (1876), le praxinoscope théâtre (1879) et le praxinoscope à projection (1881). Un allemand sophistiqua le système en lui associant une machine à vapeur.

Le praxinoscope de base

Récompensé à l’exposition universelle de 1878, le praxinoscope comporte une couronne de 12 miroirs disposés sur un tambour rotatif selon un diamètre égal à la moitié de celui du cylindre portant la bande de dessins.

En tournant, chaque miroir donne une image de chaque dessin en la réfléchissant sur le centre de rotation de l’appareil. Les images visuelles successives s’enchainent progressivement en se fondant lorsque deux miroirs successifs se présentent par leur arête. Cela évite l’effet de scintillement, ce qui permet de ralentir la fréquence de succession des images de 6 à 8 par seconde. Très peu de praxinoscopes ont réchappé des mains des enfants auxquels ils étaient destinés.

Le théâtre optique, ancêtre du cinéma

Au lieu d’une pellicule de film, on dispose ici de feuilles de gélatine en cristalloïde. Elles sont maintenues par une bande d’acier souple perforée d’œillets et sont placées devant deux praxinoscopes servant à créer le mouvement. Une chaîne de bicyclette fait tourner les miroirs à la même vitesse que les images. Les spectateurs voient s’animer en grand ces dessins rétroprojetés par un système de lanterne magique.

Le praxinoscope à vapeur

Cet objet très rare, c’est l’Allemand Ernst Planck qui, sensible au succès des jouets optiques, eut l’idée, dès 1890, d’associer au praxinoscope, une petite machine à vapeur en laiton pour faire tourner le tambour supportant les miroirs. Il existe une version à manivelle encore plus rare.

Le praxinoscope à projection

En combinant le théâtre avec une lanterne magique, on peut projeter sur un écran tous les effets que produisent le praxinoscope et le praxinoscope théâtre. Le spectacle sort de la boîte et exerce déjà sa magie sur un écran devant des spectateurs ébahis. On est à l’aube de l’invention du cinématographe !

Le praxinoscope théâtre

Il s’agit d’un objet destiné à un visionnage individuel, contrairement au praxinoscope classique, et grâce auquel les personnages s’inscrivent dans un décor, comme au théâtre. La boîte de rangement de l’appareil sert à fixer celui-ci et supporte la plaquette de décor. Un orifice sur le couvercle sert à visionner les figurines animées qui apparaissent ainsi dans un environnement fixe.