Manipulation d’un logiciel de montage

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Nous allons ici suivre la création d’un film simple dont le but est de créer un montage animé autour de photos. Nous avons eu la chance de parcourir l’Ecosse pendant quelques jours, et en dépit d’une météo peu clémente, la réputation des paysages n’a pas failli.

Bien qu’entaché d’une réputation d’usine à gaz, Adobe Premiere Pro est notre logiciel de montage vidéo préféré. Une fois son interface appréhendée, ce logiciel offre des possibilités créatives particulièrement poussées. D’autres logiciels de montage puissants comme Sony Vegas permettent aussi d’aborder le montage de façon exhaustive, mais nous n’aborderons ici ce dernier que sous l’angle de la découverte. La méthodologie de montage que nous souhaitons vous donner est davantage liée à une habitude de flux de travail dans le cadre de commande que d’un parti pris indéfectible.

C’est sur PC que nous réalisons nos montages, mais là encore, il s’agit plus d’une question d’habitude que d’une volonté idéologique. Devenir ambidextre PC-Mac requiert un temps qui s’avère parfois difficile à dégager sous le rythme des commandes !

Créez-vous une arborescence de dossiers

Comme évoqué plus en amont, le montage obéit à une grammaire de langage qu’il convient de maîtriser pour jouer avec le sens des images. Pour vous y retrouver plus facilement, nous vous conseillons dans un premier temps de créer une arborescence de dossiers. Celle-ci facilite l’organisation et le regroupement des éléments. Elle se compose de dossiers et de sous-dossiers regroupant vos rushes animés et fixes, votre bande-son, vos visuels et un dossier de montage incluant deux sous-dossiers Projets et Rendus.

Une fois votre logiciel lancé, vous devrez créer un nouveau projet, puis ouvrir une nouvelle séquence. Ses paramètres dépendent de la résolution de vos images et de votre mode d’enregistrement. Pour notre part, puisque nous tournons la plupart du temps en 1080p 50 im/s, nous nous sommes créés une pré-configuration, mais pour notre montage du jour n’incluant que des photos au format carré d’une définition 2782×2782 pixels, ces réglages ne conviendront pas. Cependant, Adobe Premiere vous proposera d’adapter automatiquement les réglages de la séquence aux propriétés du rush que vous déposez sur la timeline. Attention, si vous choisissez une zone de prévisualisation adaptée au format 16/9 comme le 1920×1080, vous ne pourrez pas lire votre image en entier. Même cas de figure avec un rush en 4K. Dans le cas de nos photos, une fois celles-ci déposées sur la timeline, nous devrons ajuster à la taille de l’image. Cette option est disponible par un clic-droit de la souris lorsque vous êtes sur le rush.

L’interface

PremiereCC2015Vous avez devant vous votre interface de travail ? Vous pouvez la personnaliser et il est très facile de déplacer des onglets. Mettez vous à l’aise et prenez un maximum de place pour dérusher et monter. Globalement, tous les logiciels de montage présentent les mêmes caractéristiques d’interface : une zone d’importation, un chutier, une ligne de temps et une zone de prévisualisation. Même les logiciels de montage sur tablette fonctionnent sur le même principe : vous importez un fichier, vous le déposez sur la ligne de temps, ajustez sa durée, puis le raccordez au plan suivant. Il est préférable d’appliquer les effets de style et les transitions au dernier moment, cela évitera à votre ordinateur de les calculer pendant que vous êtes encore en phase de montage.

Si votre ordinateur est peu puissant, il peut s’avérer judicieux de travailler par chapitre : vous montez celui-ci, l’exportez, puis le réimportez ensuite. Cela évite au logiciel de recalculer tous les effets. De la même façon, pour une meilleure fluidité, ajustez la résolution de lecture à ¼, voir 1/8. Enfin, si votre matériel le permet, activez la prise en charge de l’accélération GPU de votre carte graphique afin de soulager le processeur des lourds calculs et accroitre la fluidité des rendus en lecture.

Dans votre chutier, créez une arborescence similaire à celle de votre dossier de montage : rush audio, vidéo, photo musique visuels. Dans ce dernier dossier, vous pourrez importer des éléments graphiques et y ranger vos effets de titrage, par exemple. Pendant le dérushage, il est assez facile de sélectionner la zone que l’on souhaite conserver : en appuyant respectivement sur les touches I et O (le principe est le même avec Final Cut, par exemple), on marque un point d’entrée et un autre point de sortie sur le rush. Il suffit ensuite de glisser-déposer la partie sélectionnée pour la voir apparaître sur la timeline. Vous pouvez choisir de ne glisser que l’image ou le son, ou les deux sur cette dernière ne cliquant sur les icônes idoines… Vous pouvez créer autant de séquences qu’il y a d’étapes dans votre montage final. La timeline est en fait tout simplement un plan de travail sur lequel vous organisez vos agencements de plans, de coupes, de raccords.

Etalonnage

Pour soulager votre ordinateur et garder une plus large amplitude de retouche, la gestion des transitions et l’étalonnage doivent se faire à la fin de votre montage. Gardez à l’esprit que le plus est l’ennemi du bien. Restez donc sobre et simple. Ce n’est pas la quantité d’effets, ni même la qualité de votre étalonnage qui distinguera votre réalisation. Pensez d’abord à peaufiner vos raccords et vos enchaînements de plans. L’étalonnage doit cependant être l’affirmation de votre style. Premiere Pro, Vegas Pro, Final Cut et même iMovie offrent une palette d’outils largement suffisante pour débuter dans la postproduction. Il sera toujours possible de créer des effets plus spectaculaires grâce à After Effects ou aux plug-ins compatibles comme Magic Bullet Looks, mais cette étape vient vraiment en dernier.

Titrage

Comme pour l’étalonnage il est plus raisonnable de vous occuper du titrage de votre création à la fin. Pour créer un titre dans Première Pro, il suffit d’aller dans l’onglet Fichier>Nouveau titre ou d’appuyer sur Ctrl-T. Une fenêtre s’ouvre alors et vous permet de créer votre titrage. Pour Final Cut Pro X, choisissez Fichier>Créer à partir du navigateur de projets. Dans ce dernier, cliquez sur Titre Final Cut, puis choisissez une taille de projet dans le menu local Préréglage. Une multitude de réglages sont possible. Portez une attention particulière à la typographie. Là aussi, soyez sobre et évitez les effets de style trop marqués. Les typographies farfelues sont au titrage ce que les transitions 3D sont au montage : des aberrations vulgaires !

L’audio

Dans le cadre de notre diaporama sonore, nous avons fait le choix de mixer une musique et des bruits d’ambiances : pluie en extérieur, bruit de pluie depuis une voiture et vents marins. Pour passer d’une ambiance à l’autre, nous jouons simplement avec les transitions audio. Celles-ci permettent de travailler soit sur la continuité, soit sur l’enchainement de plans sonores. L’effet EQ dans la liste des effets de Première Pro permet d’égaliser la bande-son et de jouer sur les fréquences sonores. Mais on peut utiliser également des logiciels tiers comme Sound Forge, Audacity ou GarageBand. Cela peut-être utile pour atténuer un bruit de fond, par exemple, mais n’espérez pas faire de miracle : pour une bonne prise de son, rien ne remplace un micro adapté à votre usage. L’idéal étant de travailler avec un enregistreur externe comme les fameux micros Zoom H2 ou H4n dont les prix ont largement baissé. Pour remplacer la bande originale du boîtier par celle de l’enregistreur, il vous suffit d’opérer un clic-droit sur le fichier en question sur la ligne de temps et de cliquer sur Rompre le lien, puis de la supprimer. Libre à vous ensuite d’ajouter la prise sonore de votre choix sans être gêné par la captation provenant de l’appareil.

Exportation

Votre montage terminé, il ne vous reste plus qu’à l’exporter. Définissez la zone de rendu grâce à la barre située au-dessus de la ligne de temps. En appuyant sur la touche Entrée, vous lancerez un rendu, ce qui signifie que votre ordinateur calcule tous les effets que vous avez appliqué à votre montage. Ceci fait, cliquez sur Fichier>Exportez>Media : une fenêtre de réglage s’ouvre pour ajuster la qualité de sortie de votre montage et le chemin de destination. En fonction de votre diffusion, ajustez la qualité de l’export. Pour une diffusion sur la toile, il n’est pas utile de rendre le montage à la profondeur maximum, ni même d’afficher un débit trop élevé. Une sortie 1080p 25im/s avec un encodage VBR 1 passe pour un débit de 15 Mbit/s est suffisant. La même sortie avec un encodage VBR 2 passes sera de meilleure qualité, mais plus lourde. Quant à savoir s’il est intéressant d’exporter en 4K pour la toile, la réponse est non pour l’instant, car rares sont les connexions permettant de lire avec fluidité une telle résolution.

Que faut-il archiver ?

Si le montage numérique à simplifié le flux de production vidéo, il n’en reste pas moins que le stockage des fichiers demeure un casse-tête pour de nombreux amateurs. Procédez avant tout à la sauvegarde de vos fichiers originaux. Une copie sur un disque dur externe est le minimum, mais certains utilisent un serveur en plus ou un service de stockage en ligne pour plus de sécurité.

Les images clefs

La notion d’image clef est primordiale dans le montage vidéo puisqu’elle d’envisager la notion d’animation d’éléments au fil du temps. Une image clef marque le moment où l’on spécifie une valeur spatiale, par exemple, une opacité et un volume. L’image clef est donc un marqueur qui donne une indication sur ce qui doit se passer sur l’élément ajouté comme une photo, un logo un titre. Dans le panneau Options d’effet, vous disposez d’un contrôle total sur les valeurs des images clés. Elles peuvent s’afficher sous forme de graphique et d’icône de synthèse (petite boule grisée). Lorsque le graphique d’une propriété d’effet est régulier, la valeur de la propriété reste stable entre les images clés. Lorsque le graphique est irrégulier, la valeur d’une propriété augmente ou diminue entre les images clés.

Des proxys pour la 4K

L’arrivée de la 4K pose de nombreuses questions aux amateurs et aux pros qui souhaitent l’utiliser, mais n’ont pas les ressources nécessaires pour faire tourner une telle définition sur leur machine. Le montage avec des proxys est une bonne solution puisque cette technique consiste à monter avec des fichiers plus légers. Sous Mac, la création de média proxy dans le fameux codec 4:2:2 peut-être automatique et permet d’alléger considérablement le montage. Sous Première, Media Encoder automatise aussi le processus. HandBrake permettra également de baisser la définition et de transformer l’AVCHD très énergivore en ressource Mpeg-2 beaucoup plus légère – la définition peut aussi est réduite. Une fois le montage terminé, il vous suffit de remplacer le chemin de destination du dossier de montage par celui des fichiers originaux. Attention à bien garder les mêmes timecodes. Le rendu et l’export seront plus longs, mais votre ordinateur vous dira merci !

Codec et conteneurs

Contrairement à la photo où le nom de fichier désigne souvent mode de compression, un format vidéo se définit à la fois par le mode de compression, son codec, et son conteneur, désigné par l’extension de fichier. Un conteneur contient les flux audio et vidéo et les informations permettant de les synchroniser au moment de la lecture. Il peut inclure des sous-titres, un menu, des chapitrages. Le conteneur ne donne pas d’indication sur la qualité d’une vidéo, mais peut influer sur sa compatibilité avec différents logiciels. Les principaux conteneurs sont les .mov, .avi et .mp4. A l’intérieur d’un même type de conteneur, les informations peuvent être compressées suivant différents algorithmes : les codecs. Le mp3 ou l’aac en audio ou les variantes Mpeg-4 sont les principaux formats de compression utilisés. Le DVD et la TNT utilisent une compression en Mpeg-2 d’ancienne génération, tandis que la TNT HD ou le Blu-ray sont basés sur une compression en Mpeg-4. Dans les appareils photo actuels, c’est la compression AVC/H.264, faisant partie de la norme Mpeg-4, qui est le plus couramment utilisée. Elle permet de conserver une excellente qualité d’image dans un encombrement très réduit. L’AVCHD désigne quant à lui une architecture de dossiers à l’intérieur de laquelle les fichiers audio/vidéo sont au format Full HD, utilisent le conteneur MTS et son compressés en H.264.

Lexique

  • 4K : Image numérique dont la définition originale est de 4096×2160 pixels, soit un total de 8,8 Mpxl. Par extension et abus, le terme 4K est utilisé par les constructeurs de téléviseurs pour désigner l’ultra HD dont la définition est de 3840×2160 pixels. De manière générale, le terme est utilisé pour désigner plus ou moins quatre fois la définition d’une image Full HD.
  • Dérusher : Action de prévisualisation des rushes. Au moment du dérushage, on marque un point d’entrée et un point de sortie pour signifier au logiciel ce que l’on conserve.
  • Etalonnage : Action d’homogénéiser le style d’un ou plusieurs rushes. Comme en photo, on ajuste la balance des blancs, les virages de la teinte, le contraste, la lumière, etc. Cependant, l’image vidéo étant souvent très compressée, la marge de manœuvre est très limitée (les appareils grand public ne filment pas en aujourd’hui en Raw).
  • GPU : Le GPU est un processeur graphique (Graphic Processor/Purpose Unit) constituant le cœur de la carte graphique. Il est chargé de traiter les images en fonction de la profondeur de codage et d’une résolution.
  • Profondeur : La profondeur de codage détermine le nombre de nuances possible d’une couleur. Elle s’exprime en bits par couche.
  • Zone de rendu : Appelée aussi zone de travail, c’est l’espace dans lequel demandez à votre logiciel d’exécuter une tâche. Les dernières moutures de Final Cut ou de Premiere Pro exécutent les calculs de rendus en tâches d’arrière-plan afin de ne pas pénaliser les ressources logicielles.