Matériel photo anciens et daguerréotypes

Daguerréotype 1838Avant la photo il y eu le daguerréotype, puis les plaques collodion humide. Le matériel photo d’antan précède les matériels plus industrialisés avec des consommables formatés. Ils sont le témoignage d’une époque très lointaine. C’est toujours avec un grand plaisir et une grand émotion que l’on peut contempler un un daguerréotype datant de la première moitier du 19ième siècle.

Le daguerréotype de Giroux

Alphonse Giroux, Paris (France). 1839

Dans l’histoire de la photographie, l’appareil à daguerréotype de Giroux est le premier appareil à avoir été réalisé à des centaines d’exemplaires. Le 22 juin 1839, L.- J. M. Daguerre et Isidore Niépce (fils de Joseph Nicéphore Niépce, associé de Daguerre, mort en 1833) signent un accord avec Alphonse Giroux (les historiens considèrent qu’il était le beau-frère de Niépce), qui l’autorise à vendre le matériel et les fournitures nécessaires à la réalisation de daguerréotypes. Le 19 août 1839, François Arago, scientifique et homme politique, fait la présentation du daguerréotype au cours d’une allocution à l’Académie des arts et des sciences, tandis que La Gazette de France réalise la première réclame vantant cette nouvelle technique dans sa publication du 21 août. En moins d’un mois, Giroux  trouve le succès, en France comme à l’étranger ; les premières chambres exportées sont livrées à Berlin le 6 septembre 1839.

DaguerreotypeLe daguerréotype de Giroux est un modèle amélioré de l’appareil conçu par Daguerre dans ses expérimentations révolutionnaires, version désormais équipée d’un objectif achromatique pour la prise de vue de paysages réalisés par Charles Chevalier, opticien réputé pour ses optiques fabriquées pour des microscopes et d’autres appareils. Cette chambre à tiroir se présente sous la forme d’une boite rigide à tiroir (la partie arrière, plus petite, s’emboitant dans la partie avant pour la mise au point), équipé d’un objectif de 380 mm de focale ouvrant à f/14. La chambre mesure 30,5 × 38 × 51 cm et permet de réaliser des images de 16,5 × 21,6 cm, format dit « pleine plaque ». Cette chambre est par ailleurs équipée d’un miroir incliné à 45° derrière le verre dépoli qui permettait de préparer l’image avant de mettre en place et d’exposer une plaque sensible.

L’appareil de Giroux était commercialisé sous la forme d’un ensemble qui comprenait la chambre, un objectif, un châssis porte-plaque, une boîte à ioder (pour sensibiliser la plaque), une boîte à développement par les vapeurs de mercure, ainsi que divers autres accessoires nécessaires pour réaliser cette image unique sur une surface polie comme un miroir. Ancêtre de l’utilisation de la marque dans cette époque pré-industrielle où la concurrence allait devenir rude, Giroux estampille ses chambres avec une plaque sur laquelle est inscrite : « Aucun appareil n’est garanti s’il ne porte la signature de M. Daguerre et le cachet de M. Giroux ».

Appareil à daguerréotype pleine plaque

1840 – octroyé à Alphonse Giroux, Paris

Appareil à daguerréotype pleine plaqueSamuel A. Bernis (1793-1881), chirurgien-dentiste de Boston et daguer­réotypiste passionné, avait acquis l’un des appa­reils photos initiaux vendus en Amérique du Nord. Par hasard, celui-ci et ses héritiers ont conservé non seulement la chambre, mais également sa facture. Et même s’il est sans doute trop tard pour exiger un remboursement, ce justificatif constitue vraisemblablement le tout premier écrit faisant état de la commercialisation d’un assortiment de daguerréotypie en Amérique du Nord. Avec le sens de l’ordre de ce médecin, certains savent que, le 15 avril 1840, il a réglé 76 $ à François Gouraud, le représentant de Giroux aux États-Unis, pour un «appareil à daguer­réotype», 12 plaques plein format à 2 $ l’unité, majoré de 1 $ de charge d’acheminement.

Conformément la publicité qu’en faisait Gouraud, cet assortiment ne comptait pas moins de 62 pièces, dont la chambre, l’objectif, le châssis porte-plaque, la boîtier à ioder destiné à sensibiliser les plaques, la boîtier à mercure (destiné à les développer), un coffre pour stocker les plaques préparées et une grande cantine en bois pour contenir l’ensemble. La chambre, de grande taille, pesait approximativement six kilos et pouvait composer des images «pleine plaque» de 16,5 x 21,6 cm. Bernis effectua son premier da­guerréotype depuis la fenêtre de son cabinet à Boston. Pendant les années qui suivirent, il composa plus de 300 images, la majorité dans les White Mountains du New Hampshire qu’il appréciait beaucoup.

Appareil à daguerréotype demi-plaque de Chevalier

Daguerréotype demi-plaque de ChevalierVers 1841 – Charles Chevalier, Paris.

D’autres constructeurs se lancèrent dans la fabrication de chambres. Charles Chevalier (1804-1859), producteur d’optiques parisien qui procurait à Niépce et Daguerre le matériel pour leurs expérimentations et avait mis les deux hommes en rapport, proposa une chambre à tiroir dont le bâti comportait des charnières.

A l’aide de cette innovation, la chambre pouvait s’escamoter derrière la boîte arrière, ce qui diminuait son volume et favorisait son transport à l’aide de la poignée en cuivre. Chevalier avait muni cette chambre de son optique à verre combiné « le Photographe », objectif réalisé de ma­nière expérimentale, qui diminuait l’exposition de 15 à 3 minutes. L’objectif comportait à l’avant un miroir redres­seur orienté à 45° qui permettait de rectifier l’inversion latérale spécifique au daguerréotype.

Chambre de voyage monorail pour plaques au collodion humide

Chambre de voyage monorailVers 1860 – Charles Chevalier, Paris

La chambre de Charles Chevalier, qui date d’environ 1860, est le plus ancien appareil de ce type dans la collection de la George Eastman House. Comme son nom l’indique, la conception de cette chambre reposait sur l’emploi d’un monorail, planche unique supportant les corps avant et arrière de l’appareil, reliés par un soufflet de cuir flexible et étanche à la lumière. Le monorail était solidaire du pied photo tandis que les deux corps étaient fixés au rail par des écrous à ailettes. Les deux corps ainsi fixés conféraient une meilleure rigidité à l’ensemble qui était donc parfaitement transportable.

Appareil à triple boîte, quart de plaque

Appareil Triple Boite Quart PlaqueAux alentour de 1845 – Constructeur Inconnu, France

Cette chambre à daguerréotype, quart de plaque à bâti rigide de construction française, utilise une conception peu répandue en trois boîtes à la place de deux. La structure intermédiaire autorise l’augmentation du tirage, comme le ferait un soufflet, même si cette possibilité ne parait pas avoir d’avantage technique par rapport à la fabrication courante. L’objectif à paysage intègre un volet esca­motable qui permettait de gérer l’exposition.

Grand Photographe

Grand PhotographeAux alentour de 1843 – Charles Chevalier, Paris.

Vers 1843, Charles Chevalier réalise une chambre pleine plaque portable. La chambre est du type à tiroir, mais les flancs sont dotés de charnières. Lorsque l’on a séparé la façade supportant l’objectif et le cadre arrière qui recueille le châssis porte plaque, la chambre reployée ne mesure plus  que 9 cm d’épaisseur à la place des 28 cm. L’appareil propose par ailleurs un dispositif de mise au point à crémaillère. On réalise la mise au point en actionnant l’imposant bouton de cuivre au-dessus de l’appareil, ce qui écarte ou rapproche de l’objectif la boîte arrière de la chambre.

Appareil Bourquin

Appareil BourquinAux alentours de 1845 – Bourquin, Paris

En se référant à la façon dont le dépoli et le porte-plaque sont fixés sur la chambre, cet appareil a été construit aux alentours de 1845. C’est une chambre monobloc équipée d’une optique à portrait type Petzval. La mise au point est effectué exclusivement en actionnant la molette sur la crémaillère de l’objectif. Deux dragons figurent de chaque coté de l’objectif qu’ils paraissent supporter, mais ils étaient plus probablement utilisés afin de capter l’attention du sujet dans une version daguerrienne de : « Attention, le petit oiseau va sortir… ».

Tourograph n° 1

TourographVers 1881 – Blair Tourograph & Dry Plate Company, Boston – Massachusetts (États-Unis)

Conçue pour les défis de la photographie de paysage, la Blair Tourograph n°1 de 1881 fut la première chambre à plaques sèches au format 12,7 × 17,8 cm fabriquée aux États-Unis. L’ensemble était compact et portable.  Des volets coulissants protégeaient l’objectif. Les plaques étaient stockées à l’intérieur de l’appareil durant le transport. Une fois mises en service, les plaques sèches étaient entreposées dans un magasin placé sur le dessus de la chambre.

En faisant coulisser un onglet en laiton placé devant chaque plaque, on libérait la plaque qui venait se loger au fond de l’appareil, prête à être exposée. Une fois la photo prise, le photographe passait la main dans l’appareil à travers un manchon opaque et replaçait la plaque exposée dans le magasin. On répétait cette procédure jusqu’à utilisation complète des huit plaques. Le Tourograph n° 1 était vendu 30 $.

Chambre à tiroir 1/9e de plaque

Chambre à tiroir 1/9e de plaqueAux alentours de 1850 – Fabricant anonyme, France.

C’est la chambre à tiroir de plus faible volume de la collection Georges Eastman House. Équipée d’une optique pour paysages Hermagis, elle procure des images de 3,8 cm x 5 cm, des dimensions peu courante. La chambre allait de paire avec une boîte à ioder à l’intérieur en verre, du modèle le plus ancien utilisé pour sensibiliser les plaques. Un deuxième accessoire était un magasin pour le chargement des plaques en plein jour, ce qui laisse croire que cette chambre fut longtemps en activité, peut-être aux mains d’un particulier. Ce magasin aurait autorisé l’usage de cette chambre avec des plaques à sec, apparues près de quarante ans après sa production.

Chambre pliante

Chambre PlianteAyant appartenu à Nadar, vers 1860 – Fabricant inconnu (France)

Selon le collectionneur Gabriel Cromer, cette chambre aurait appartenu à Nadar, le célèbre portraitiste. L’appareil est une chambre pliante à soufflet, pour plaques au collodion humide au format 13 x 18 cm. La mise au point s’effectue par un système à crémaillère entraînant le déplacement du corps arrière. On ne connaît pas le nom du constructeur.

Appareil-revolver de Thompson

Vers 1862
A. Briois/ Paris

Appareil-revolver-ThompsonParmi les tout premiers appareils à pouvoir être tenus à la main, l’appareil-revolver de Thompson fournissait quatre images de 2,5 cm de diamètre sur une plaque circulaire au collodion de 7,6 cm de diamètre. Il fut l’un des premiers à fournir des images multiples sur une plaque circulaire. Sa construction, bien différente de ce qui existait alors, en fait aussi l’un des tout premiers appareils « discrets ». Pour prendre une photo, l’opérateur ramène l’objectif de 40 mm f/2 type Petzval vers le haut, dans le prolongement du cylindre qui sert alors de viseur, et procède au cadrage et à la mise au point. Une pression sur le déclencheur placé sur le côté du tambour libère l’objectif, qui glisse vers le’ bas afin de l’amener devant la partie supérieure du tambour, ce qui déclenche l’obturateur rotatif et expose la plaque. On fait ensuite pivoter le disque de 90°pour l’exposition suivante.

Chambre à collodion humide de Lewis

Chambr à collodion humideVers 1862

H. J. Lewis/ New York – New York (États-Unis).

Construite par H. J. Lewis, cette chambre à soufflet pour double prise de vue était caractéristique du matériel de studio à l’époque de la guerre de Sécession. Elle permettait de réaliser deux images de 8,25 x 11,43 cm sur une plaque au collodion humide de 11,43 x 16,5 cm. Le dos, largement dimensionné, servait à positionner avec précision le châssis porte-plaque. La patine de l’appareil témoigne de son âge et d’une utilisation intensive en studio. La chambre et son constructeur étaient de la famille de W. & W. H. Lewis, constructeurs de chambres à daguerréotypes. Henry James Lewis était le second fils de William et le frère cadet de William H. Le style de cette chambre en fait l’héritière en ligne directe de leurs chambres à daguerréotypes, dont elle a conservé l’écrou en fonte dans le socle.

Appareil à loupes de Stanhope

Vers 1860
René Prudent Dagron, Paris.

Le microscope intervient dans deux types de photographie dont les noms prêtent à confusion : la photomicrographie et la microphotographie. Presque aussi anciennes que la photographie elle-même, les photomicrographies sont des images d’éléments infiniment petits et agrandis, généralement avec un microscope. En revanche, les microphotographies sont des images minuscules que l’on peut voir seulement en les grossissant. Les premiers exemples remontent aux origines de la photographie et ont été l’œuvre de l’Anglais John Benjamin Dancer (1812-1887), mais il lui fallut une bonne dizaine d’années avant d’atteindre une qualité acceptable. Lorsque Dancer présenta ses images minuscules au savant écossais Sir David Brewster ce dernier suggéra d’utiliser pour les visionner la loupe mise au point par Lord Stanhope.

appareil-loupes-stanhopeRené Prudent Dagron (1819-1900), daguerréotypiste de métier, conçut et fit breveter un appareil destiné à la production en série de microphotographies qu’il appelait « bijoux photographiques » (connus sous le nom de Stanhopes dans le monde anglophone). Le système mis au point par Dagron consistait à reproduire un négatif photo par expositions multiples pour obtenir jusqu’à 450 positifs microscopiques de 2 x 2 mm sur une seule plaque au collodion humide de 4,5 x 8,5 cm. La platine de l’appareil comportait 25 minuscules objectifs disposés 5 par 5. On pouvait déplacer la platine verticalement et le dos multiplicateur horizontalement à chaque exposition, la construction en laiton permettant des mouvements d’une grande précision.

Une fois développées, les images étaient découpées et fixées sur la face plane d’une loupe de Stanhope. Celle-ci se compose d’un cylindre en verre mesurant quelques millimètres, doté d’une face plane sur laquelle on fixe donc l’image et d’une face convexe par laquelle on regarde l’objet ainsi fortement agrandi. L’ensemble pouvait être monté sur divers objets décoratifs 1.


1 Ce procédé a servi notamment jusque dans les années 1950 à fabriquer les porte-plumes  « à vues » qui émerveillaient les enfants à l’école primaire …

Chambre à tiroir

Chambre à tiroirVers 1860

Nelson Wright, New York-New York (États-Unis).

Les chambres à tiroir à bâti rigide remontent aux créations d’origine de Daguerre. On a continué à en fabriquer en grand nombre et dans de nombreux formats jusque dans les années 1860. Cette version quart de plaque (8,25 x 10,8 cm), produite par Nelson Wright, est équipée d’un objectif type Petzval à portrait conçu par C. C. Harrison (lien en anglais). Ces deux fabricants ont été rachetés par la Scovill Manufacturing Company, l’un des plus anciens fabricants de matériel photo aux États-Unis. Avec l’appareil, découvert à Auburn, état de New York, se trouvait un lot de plaques de la galerie M. B. Brady, ce qui a permis de faire le lien avec le photographe.

Chambre automatique de Bertsch

Chambre automatique de Bertsch

Vers 1860

Adolphe Bertsch, Paris

La chambre automatique d’Adolphe Bertsch était un ensemble portatif pour collodion humide comprenant l’appareil photo, la chambre noire, ainsi que tout le matériel nécessaire à la sensibilisation et au développement des plaques. Le coffret de transport servait de chambre noire grâce à un verre ambré inséré dans le couvercle tenant lieu d’éclairage inactinique, tandis qu’un manchon aménagé dans le panneau latéral permettait de manipuler les produits en bloquant la lumière. Le terme «automatique » de cet ensemble renvoie à l’objectif à mise au point fixe.

On composait l’image en s’aidant du cadre métallique noir placé au-dessus de l’appareil.

Ce modèle était équipé d’un objectif de 100 mm à ouverture fixe de f/20, afin d’assurer une prise de vue nette pour tout objet situé à plus de 1,5 m. Bertsch a fabriqué ces appareils en différentes versions, tailles et styles, adaptés à la photo de paysage, au portrait comme à la prise de vue stéréoscopique. On pouvait réaliser des agrandissements à l’aide du « mégascope », un agrandisseur conçu par Bertsch fonctionnant avec la lumière du soleil.

Appareil à daguerréotype américain

Aux alentours de 1848

Fabricant inconnu. États-Unis.

Chambre Américaine

Ce modèle de chambre monobloc, fabriqué par beaucoup de constructeur au zénith du daguerréotype, de 1845 à 1850, est habituellement nommé par le terme de chambre à daguerréotype américaine. Il y avait trois formats de chambre : pleine plaque, demi-plaque et quart de plaque. Le modèle présenté ici est le quart de plaque. Les trappes sur la partie supérieure permettent d’accéder au dépoli de mise au point et au cadre porte-plaque. La mise au point est réalisée à l’aide du système de pignon et de crémaillère installé sur l’objectif, cette chambre ne comportant pas de dispositif pour faire varier la distance entre l’objectif et la plaque. Ces chambres américaines étaient généralement utilisées pour le portrait grâce à leur objectif de type Petzval. Vendus à partir de 1841, les objectifs Petzval s’avéraient être vingt fois plus lumineux que les objectifs à paysage qui étaient montés sur les chambres Giroux. Ces objectifs, combinés à des plaques plus sensibles, permettaient la réalisation de portraits.

Appareil à daguerréotype Lewis

 (quart de plaque)

Aux Alentours de 1851

Appareil daguerreotype Lewis

En 1851, W & W.H. Lewis de New York mettent sur le marché une chambre à bâti rigide et soufflet qui allait être l’un des appareils les plus courants dans les studios de daguerréotypie. Extérieurement identique à la chambre à daguerréotype américaine chanfreinée à laquelle il a succédé, celle-ci s’en différenciait par un soufflet intercalé au milieu de l’appareil, ayant pour objectif de simplifier la copie des daguerréotypes. Ceux-ci étant des épreuves uniques, la seule façon de les copier était de les rephotographier.

La société Lewis avait été le résultat d’une collaboration de William et William H. Lewis, père et fils. La société connu plusieurs changement de propriétaire, mais ce modèle de chambre resta pratiquement identique et fut aussi fabriqué par Gardner, Harrison & Co., Palmer & Longking, H.J. Lewis, et par d’autres constructeurs également. Ce modèle est au format quart de plaque, mais des versions demi-plaque et pleine plaque furent aussi produit.

Appareil à daguerréotype Plumbe

Aux alentours de 1842

John Plumbe Jr., Boston – Massachusetts (États-Unis)

Appareil à daguerréotype PlumbeProduit au commencement des années 1840, l’appareil à daguerréotype Plumbe est le plus vieux appareil photo de construction américaine de la collection de la George Eastman House. Cette chambre à tiroir est une copie de celle de Giroux, mais elle reproduit des photos de format plus réduit, (8,25 x 7 cm ou 1/6e de plaque). La distinction avec l’appareil de Giroux est que la chambre de Plumbe est conçue pour le portrait. Une vignette au dos de celle-ci indique qu’elle provient du « Plumbe’s Daguerreotype Depot, United States Photographie lnstitute, Boston ».

John Plumbe Jr. (1809-1857) fut ingénieur, l’un des initiateurs d’une jonction ferroviaire traversant le continent, auteur, daguerréotypiste et éditeur. Peut-être a t-il acquis la technique du daguerréotype avec François Gouraud à Boston, Massachusetts, en mars 1840.

Il inaugure un studio dans cette ville à la fin de l’automne. L’année d’après, toujours à Boston, il crée l’Institut photographique des États-Unis, et inaugure le premier d’un ensemble de studios qu’il nomme «dépôts photographiques». En 1843, il ouvre celui de Broadway à New York, ville qui devient alors le centre de ses activités. II fut le premier à mettre en place et à franchiser une chaîne de studios de daguerréotypie. Au moment de sa banqueroute, en 1848, il en avait dans plus de 25 villes. Pour compléter ses activités de daguerréotypiste, d’instructeur initiant à cette technique et de franchiseur, Plumbe vendait également sous son propre nom du matériel et des fournitures pour la daguerréotypie.

Ensemble pour daguerréotype Richebourg

Vers 1842

A. Richebourg, Paris

Pierre-Ambroise Richebourg avait été employé en tant qu’apprenti chez Vincent Chevalier, constructeur de matériels optiques qui avait vendu à Daguerre les instruments pour faire ses essais. En 1841, au décès de Chevalier, Richebourg reprend la vente de chambres et d’objectifs et étend son activité en donnant des cours de daguerréotypie et d’exécution de portraits. Cette chambre Richebourg quart de plaque se compose sur bâti rigide à tiroir. Elle est composée d’un objectif à paysage susceptible d’accueillir un miroir de redressement. Elle est présentée ici avec ses boîtes de sensibilisation et de développement, ainsi qu’un petit coffre susceptible d’accueillir six châssis, l’ensemble se range dans une malle en bois agrémentée de la plaque de Vincent Chevalier et de Richebourg (non visible ici) à l’intérieur du couvercle.

À cause des restrictions induites par les tous premiers objectifs, la plupart des premières photographies ne mettent en scène que des natures mortes, des scènes de rues et des bâtiments. Mais l’arrivée d’objectifs à portrait entraine en France un enthousiasme pour les portraits, qui se manifeste par la réalisation de millions de daguerréotypes.

Leur format réduit s’accorde très bien avec les petits écrins de cuir dans lesquels on les gardait ; les temps de pose longs entrainaient une posture figée, voire guindée. Cependant, la plaque métallique lisse et brillante, additionnée à l’obligation de « prendre la pose » procurait classe et élégance aux personnes photographiées.

Vers la fin des années 1840, les photographes daguerriens favorisent le charme. Les clients mettent des habits de théâtre et prennent des expressions plus plaisantes. Les visages manifestent de la bonne humeur.

Daguerréotype Richebourg

Appareil à Daguerréotype de Gaudin

Aux alentours de 1841

N. P. Lerebours, Paris.

Daguerreotype-Gaudin
Photographe inconnu, Homme à côté d’une table avec des fleurs, portrait réalisé avec un appareil Gaudin, 1840.

L’appareil à daguerréotype par Marc-Antoine Gaudin constitue une nouveauté notable en comparaison des chambres réalisées par Giroux et exploitées par Daguerre. 

L’appareil permettait la réalisation d’images de 8 × 7 cm (1/6e de plaque) et comportait deux tubes de cuivre glissant l’un dans l’autre afin de réaliser la mise au point. L’appareil était fabriqué à l’intérieur de son boitier de transport, assez volumineux pour accueillir les boîtes à sensibiliser et à développer, et tous les éléments nécessaires à la réalisation de daguerréotypes. Le dessus du coffret supportait une pièce de tissu noir que l’on baissait puis levait devant l’objectif pour impressionner la plaque. L’objectif, un doublet ouvrant à f/4, était plus lumineux que l’objectif de Giroux, ce qui, combiné au format  réduit de l’image, autorisait la réalisation de portraits.

La George Eastman House possède un portrait qui, d’après Gabriel Cromer, a été fait à l’aide ce type d’appareil.

L’avant de l’objectif supportait un disque en métal comportant trois orifices de diamètres différentes (diaphragme « à vanne ») permettant de réguler le volume de lumière impressionnant la plaque.Appareil daguerréotype De Gaudin

Appareil à soufflet

Appareil à souffletPossédé par Isidore Niépce aux environs de 1840

Constructeur anonyme (France).

Cet appareil à soufflet quart de plaque, probablement le premier à employer un soufflet, fut acquis en 1933 par Gabriel Cramer à J. Batenet, ami d’enfance d’Isidore Niépce. Le père d’Isidore, Joseph Nicéphore Niépce, est considéré comme le père du soufflet mis en application à des appareils d’optique (à l’exception des appareils photo). Il avait déjà employé un système identique pour envoyer de l’air dans le Pyréolophore, précurseur du moteur à combustion interne que Nicéphore et son frère Claude avaient réalisés en 1807.

D’après Cromer, Isidore avait fait réaliser cet appareil «au tout début du daguerréotype», se servant d’un soufflet afin de faire la mise au point à la place du classique dispositif à tiroir. Autre particularité de cet appareil, la base est utilisée comme boîte de transport. Le panneau avant et le soufflet se détachent et se placent dans le socle, ce qui autorise le transport de l’appareil plus aisément.