Nikon FE

La nouveauté sans sacrifices

Nikon FENikon a longtemps occupé une position prédominante, presque symbolique, dans le monde de la photo. Cette notoriété, plus que justifiée, est aujourd’hui contestée par ses concurrents les plus dynamiques. De nouvelles technologies, la compacité, le choix de composants plus sensibles, le double automatisme, la programmation totale de l’exposition ont vu le jour… ailleurs. L’image de marque de Nikon s’en est alors trouvée quelque peu affaiblie. Mais l’attitude du fabricant n’en fut apparemment pas affectée. Sa réponse fut, dans une première étape, la sortie presque discrète d’un compact, le Nikon FM, d’une nouvelle monture, de quelques accessoires et, enfin, cette année, d’un automatique, le Nikon FE. Rien de révolutionnaire, somme toute. En apparence, car ce nouveau modèle, s’il ne présente pas une originalité bouleversante, est peut-être l’un des plus efficaces du marché.

Le  boitier

Le boitier est identique à celui du FM. On y retrouve la même finition, la sobriété, la compacité, une accessibilité parfaite des commandes, les rails guide-film et un presseur exemplaire. Une somme d’expériences dans la grande tradition Nikon… On aurait néanmoins apprécié un déclencheur électromagnétique.

Le viseur

Le viseur, qui révèle 93 % de l’image, peut recevoir trois verres de visée interchangeables : un stigmomètre central entouré d’une plage de microprismes et d’un dépoli fin ; un dépoli central entouré d’une lentille de Fresnel ; plus un verre dépoli avec quadrillage. La manipulation de ces verres se fait facilement grâce à une paire de pinces accessoire. Ce viseur  découvre l’échelle complète des vitesses, le contrôle de l’exposition et des repères : A pour automatique, B pour poses longues et M 90 pour la vitesse mécanique de 1/90 s. Ces informations sont signalées par une aiguille. Une diode rouge s’allume quand le flash SB-1 0 monté sur le boîtier est prêt à fonctionner. Incontestablement, le système d’affichage par aiguille est ici plus précis que celui par diodes clignotantes du FM. On y verra un certain respect pour l’œil du photographe, même si l’affichage lumineux correspond plus au goût du jour… et à celui des publicitaires. Ce qui n’empêche qu’à nos yeux il reste à inventer un système moins fragile que le cadre mobile du galvanomètre et moins éblouissant que les diodes. Allons, M. Nikon, un petit effort…

L’exposition

L’exposition est automatique avec priorité à l’ouverture, c’est-à-dire qu’un obturateur électronique commande la vitesse adéquate après qu’on eut choisi un diaphragme. Nous ne discuterons pas de ce choix. La mesure de la lumière est assurée par deux cellules au silicium analysant la moyenne de l’image avec une certaine prépondérance au centre.

La gamme de couplage s’étend (pour 100 ASA) de 1 s à f : 1,4 jusqu’à 1/1000 s à f: 16. L’automatisme est débrayable, dans ce cas le photographe dispose d’une vitesse mécanique de 1/90 s et de la synchro du flash. Une compensation d’exposition permet de « geler » les données d’exposition en poussant un levier ou en agissant sur une bague d’exposition. Tout cela, on le voit, n’est pas révolutionnaire, mais plus que suffisant, d’autant que la qualité des composants et la présence d’un élément spécial garantissent le bon fonctionnement par toute température ou degré d’humidité.

Les accessoires

Deux accessoires, un moteur et un flash, complètent les possibilités de ce FE. Retenons du premier qu’il est alimenté par 8 piles bâtons et qu’il permet des prises de vues en séquence (3,5 images par seconde pour une vitesse égale ou supérieure au 1 /125 s) et image par image. Hélas, ce bel engin est affecté du même péché originel que le précédent, à savoir qu’il est doté d’un interrupteur de fonctionnement mal positionné. A tel point que celui qui oublie de le verrouiller verra son appareil sans alimentation au bout de quelques heures. C’est un reproche que nous avions déjà fait à l’occasion de notre essai du FM et que nous répétons ici. Le flash électronique SB-10 est un modèle à calculateur. Lorsqu’il est fixé sur la griffe du boîtier, il permet entre chaque éclair d’utiliser le boîtier en programmation automatique. Il dispose d’un nombre guide de 25 (pour 100 ASA). Il faut ajouter à ces accessoires indispensables trois propositions très intéressantes de Nikon : une télécommande optique sans défaut, deux doubleurs de focale Nikon de qualité comparable à celle des objectifs, et enfin un superbe 24 mm ouvrant à f : 2 qui symbolise la très grande qualité des optiques de la marque. En somme, de quoi travaille, avec agrément.

En conclusion

Ce qui n’apparaît pas d’une manière évidente sur ce FE est le plus séduisant : la qualité de la finition, la précision mécanique et électronique, la sûreté du fonctionnement, l’absence d’éléments ostentatoires. Autrement dit, c’est un appareil efficace. Au chapitre des défauts, nous regrettons le système de mise hors circuit du moteur, et l’absence d’un déclencheur électromagnétique.

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