Panasonic NV-MC30

Panasonic NV MC30L’année 1989 en beauté avec la présentation du Panasonic NV-MC30, digne héritier des Panasonic MC-10 et Panasonic NV-MS 50. Ce camescope VHS-C, commercialisé en Pal uniquement, s’impose comme l’un sinon le meilleur camescope du format. Quatre têtes vidéo amorphes professionnelles et quatre têtes audio expliquent le gain substantiel de qualité. Sans parler du son hi-fi stéréo. Tous les ingrédients d’un futur best-seller semblent ici réunis.

Christian Dartevelle – novembre 1989

Tout beau, tout neuf, voici donc le nouveau fleuron de Panasonic. Ce NV-MC30 aux performances étonnantes n’est pas, on s’en doute, le fruit d’une génération spontanée. Avant lui, le NV-MC10 puis le NV-MS50 ont préparé le terrain, chacun apportant ses innovations : autofocus à transducteur piézo-électrique, capteur CCD à haute résolution, effacement par tête volante, insertion de séquences et doublage audio sur le NV-MC10 ; enregistrement stéréophonique hi-fi sur le NV-MS50 (alors une première sur Super-VHS-C).

Panasonic NV-MC30Le NV-MC 30 emprunte donc à l’un et à l’autre ses meilleurs atouts et en premier lieu le design du boîtier, réplique à quelques détails près du NV-MS 50. Même les commandes n’ont pas bougé. Seule disparaît la prise à 4 contacts spécifique des appareils S-VHS. Amélioration qui ne laissera personne indifférent : les touches de fonction sont libellées en français. Autre source de satisfaction, l’enregistrement des signaux audio en stéréophonie et selon les normes hi-fi dans les modes SP et LP. Bien sûr, il continue à lire les signaux audio provenant d’appareils monophoniques, les pistes explorées par les têtes audio tournantes enregistrant simultanément à la piste longitudinale classique. A cette fin le tambour porte neuf têtes rotatives : quatre pour les signaux audio hi-fi, quatre pour les signaux vidéo (ce qui rend les cassettes VHS-C compatibles avec les magnétoscopes équipés du tambour standard), plus une tête d’effacement volante. Cette formule autorise la réalisation d’inserts vierges de tout parasite aux points d’entrée, mais surtout aux points de sortie des séquences de remplacement. Le NV-MC 30 réalise la post-sonorisation des scènes enregistrées. (Le doublage audio se fait rare sur les magnétoscopes de salon, il constitue pourtant l’apport essentiel d’un montage soigné).

Bien pensée, la section caméra se présente sous des auspices très favorables. A commencer par sa pièce maîtresse, le capteur d’images, un modèle CCD ½ pouce totalisant 310 000 pixels. Sa définition horizontale atteint sans difficulté 350 points/ ligne, une valeur sensiblement au-dessus de la moyenne et qui explique la finesse des images observées en direct sur un moniteur à haute résolution. Ce capteur a d’autres qualités: absence de structure, grande qualité des contrastes et absence de moirage. Des qualités du reste fort bien exploitées par l’optique : un macro-zoom 9-54 mm ouvrant à f/1,2 dont la grande luminosité, associée à la bonne sensibilité du CCD, permet de réaliser des prises de vues avec seulement 10 lux.

Les fonctions choisies apparaissent en clair dans le viseur

Magnétoscope PANASONIC-NV-MC-30La mise au point relève d’un dispositif autofocus à détection de contrastes. Cet autofocus est assisté par un transducteur piézo-électrique qui assure une netteté parfaite du point de focalisation optimal et agit par micro-moteur d’asservissement sur le sens et la vitesse de rotation de la bague de mise au point. Il faut noter que ce système peut fonctionner lorsque l’automatisme de la mise au point est débrayé. Le vidéaste peut y recourir lorsqu’il hésite sur le réglage manuel de la distance, par exemple. Il suffit pour cela d’appuyer une fois – et sans maintenir la pression – sur la touche FOCUS – c’est la technique dite du « one shot » – pour qu’instantanément l’automatisme prenne le relais jusqu’à focalisation. L’opération est rapide et matérialisée dans le viseur par un cadre clair qui définit la zone de mise au point. Celui-ci disparaît une fois la netteté atteinte ou clignote pour attirer l’attention sur le manque de luminosité.

En mode automatique, le même cadre vient s’afficher en permanence dans le viseur.Toutefois ses dimensions peuvent être modifiées volontairement afin d’élargir ou, au contraire, diminuer l’importance de la zone de mise au point automatique.

Très bien conçu, le réglage de la balance des blancs laisse à l’utilisateur trois choix possibles : en mode automatique la correction de la température de couleur s’exerce entre 2 800 K et 8 000 K (de la lumière d’une lampe au tungstène à celle d’un ciel ouvert) ; en mode manuel l’appareil intègre deux valeurs de référence : 3 200 K (lumière artificielle) et 5 500 K (lumière du jour). La sélection s’effectue à l’aide d’un curseur linéaire se déplaçant devant des repères : une formule beaucoup plus satisfaisante que la classique touche à appel séquentiel qui ne peut, et pour cause, avertir l’utilisateur du mode choisi. Le viseur du NV-MC 30 affiche, en mode manuel, les indications IN et OUT selon que l’on opte pour la position « lumière artificielle » ou pour la position « lumière du jour ».

L’intervallomètre programme des séquences d’un seconde chacune

L’appareil comporte les commandes désormais classiques des camescopes haut de gamme. Je veux parler des vitesses rapides d’obturation (1/500 set 1/1000 s) pour saisir des mouvements même très fugitifs ; du débrayage de l’automatisme de la commande du diaphragme, fort utile pour compenser un contre-jour ou parer à la surbrillance de certains sujets. On retrouve aussi la touche de fondu automatique (au noir) à l’ouverture (FADE-IN) et la fermeture (FADE-OUT) ; enfin l’affichage de la date et de l’heure sur les images enregistrées dont aucun camescope ne saurait aujourd’hui se priver.

Panasonic NV-MC-30Dans un autre registre, on ne peut qu’apprécier la part accordée aux aides à la prise de vues. Avec le déclencheur à retardement, l’utilisateur peut activer l’enregistrement dix secondes après la mise en route de la prise de vues. Le temps d’enregistrement peut être fixé à vingt secondes ou sur une durée variable, au gré de l’utilisateur.

L’intervallomètre est programmé pour tourner automatiquement de très courtes séquences de une seconde chacune, répétées toutes les cinq secondes. Un moyen très pratique pour réaliser des enregistrements accélérés, ou encore pour effectuer des animations. Ces fonctions spéciales sont régies à partir d’une touche à appel séquentiel, située sur le dessus du camescope, à l’arrière du viseur électrique. Cette touche fonctionne de façon particulière : à la première pression, l’indication SELF-20 S apparaît sur l’écran du viseur ; à la deuxième pression c’est au tour de SELF-END, chassé à son tour après une troisième pression par la mention INTERVAL. On l’aura deviné, les deux premiers indicateurs concernent les deux options de déclenchement retardé, tandis que le dernier signale la mise en œuvre de l’intervallomètre : aucun risque d’erreur n’est donc à redouter.

350 points/ligne en sortie caméra et d’excellents contrastes

Trois autres commandes permettent respectivement : de choisir entre les différents modes de lecture du signal audio (hi-fi, mélangé ou normal) ; d’enregistrer sur la bande magnétique des signaux d’indexation pour le repérage ultérieur des séquences correspondantes ; de corriger les signaux vidéo. Curieusement cette dernière commande appelée DETAIL est assortie de deux repères : HO et O. Il s’agit en fait des repères de mise sous tension du correcteur vidéo, auquel on peut recourir en copie ou au montage (Editing) pour suramplifier légèrement les fréquences vidéo les plus élevées, celles qui sont porteuses des plus fins détails de l’image. Signalons enfin la présence, à l’arrière droit du camescope, d’une prise de télécommande autorisant la réalisation d’un montage synchronisé en liaison avec des magnétoscopes capables de déclencher automatiquement le démarrage et l’arrêt du NV-MC 30 commuté en mode lecture.

La qualité des images obtenues égale presque celle des capteurs à haute définition. Pour preuve : les 350 points/ ligne délivrés à la sortie de la section caméra, mais que la section magnétoscope réduit malheureusement – et c’est normal – à environ 250 points/ligne. L’image reste pourtant convaincante, supérieure même à bon nombre d’autres camescopes. L’excellence des contrastes, l’absence de moirage ou d’effet de structure y sont pour beaucoup. Ne pas passer sous silence la fidélité de restitution des couleurs, encore une fois, plus que satisfaisante. La commande de balance des blancs se montrant efficace en mode manuel comme en mode automatique, à condition toutefois de rester dans les limites d’une utilisation classique. L’excellente conception des circuits correcteurs de température de couleur – à double action – n’est pas étrangère aux très bons résultats obtenus. Mais la technique des filtres mosaïques (magenta, cyan, vert et jaune) appliquée au capteur s’avère ici particulièrement performante. C’est elle qui est à l’origine du très bon équilibre spectral.

Bilan très positif, donc, d’autant que le dispositif de mesure automatique de l’exposition ne présente pas de défaut majeur. Elle s’effectue sur deux zones, l’une portant sur 70 % de l’image en son centre inférieur; l’autre sur 30 % et à sa périphérie. On peut dans une certaine mesure compenser les contre-jours, de même que les sujets où prédomine le ciel.

La poignée-déclencheur : une option contre la fatigue

Si l’on considère la section audio, il est certain que la possibilité d’enregistrer en stéréophonie avec la qualité hi-fi – les signaux correspondants étant traités en FM – est un atout supplémentaire. Même le microphone stéréophonique a été équipé d’un réglage de sensibilité, bien commode dans certains cas.

Le maniement de l’appareil s’avère quant à lui agréable et pratique, grâce à la présence du volet coulissant situé à l’arrière du boîtier. Un volet qui masque tantôt les fonctions d’enregistrement tantôt les fonctions de lecture. Le compteur à mémoire s’avère également d’une grande commodité. Mais le plus intéressant, du point de vue agrément d’emploi, est sans aucun doute la poignée-déclencheur (proposée en option). On lui doit l’excellente maniabilité et, surtout, l’absence de fatigue en utilisation prolongée.

Caractéristiques Panasonic NV-MC30

Section caméra

  • CAPTEUR CCD : ½ pouce-310 000 pixels
  • OBJECTIF : Macro-zoom 9/54 mn – f/1 ,2
  • MISE AU POINT : Automatique (TCL-piézo) et manuelle
  • SENSIBILITE : 10 lux
  • OBTURATEUR : 1/50 s – 1/500 s – 1/ 1000 s
  • VISEUR : Electronique 0,7 pouce – Mobile et amovible

Section magnétoscope

  • FORMAT : VHS-C
  • STANDARD : PAL
  • VITESSE(S) DE DEFILEMENT : SP : 2,34 cm/s – LP : 1,17 cm/s
  • REPONSE AUDIO :
    • 40 – 20 000 Hz (hi-fi stéréo)
    • 80-8 000 Hz (mono)
  • SORTIE(S) AUDIO-VIDEO : Prise multicontact
  • DIMENSIONS L × H × P : 12,5 × 15,9 × 28,3cm
  • POIDS :
    • 1,4 kg (sans batterie)
    • 1,7 kg (avec batterie VBC 1 E)
  • AUTRES FONCTIONS : Fondu automatique au noir – Insertion de
    séquences – Postsonorisation – Indexation – Déclencheur retardé – lntervallomètre – Horodateur
  • PRIX INDICATIF : 12 900 F (1966 €)

Les plus

  • L’excellent comportement du capteur CCD
  • Le rendu des couleurs
  • L’obturateur à vitesses rapides
  • L’efficacité de l’autofocus
  • Les préréglages de la balance des blancs
  • Le réglage manuel du diaphragme
  • Le fondu automatique au noir
  • Le déclencheur à retardement
  • L’intervallomètre
  • Le dispositif d’indexation
  • L’insertion de séquences
  • L’enregistrement audio hi-fi stéréo
  • La possibilité de postsonorisation
  • Les nombreuses indications dans le viseur
  • Le contrôle permanent de la batterie
  • La poignée-déclencheur
  • La tension de commutation avec le cordon de liaison PERI

Les moins

  • La tendance à la saturation dans les zones très lumineuses
  • Les bandes parasites en arrêt sur image
  • L’absence d’entrée audio/vidéo
  • Le poids un peu élevé
  • L’incompatibilité d’emploi avec les matériels Secam

cv 22