Sony VX1 Hi8

Caméscope très attendu en 1993, le Sony VX1 fut le premier tri-CCD analogique grand-public à reprendre les caractéristiques techniques et ergonomiques des appareils institutionnels et professionnels. Il fut longtemps considéré comme la référence, jusqu’à l’apparition des Canon EX1 et EX2. Son successeur, le Sony VX 1000, en version numérique, s’est largement inspiré de son design et de ses fonctionnalités.

Gérard Kremer – Avril 2000

Tournage

Sony VX1Caméscope Video 8 de poing gris argenté, le VX1 bénéficie d’une poignée de transport excessivement rare et un confortable viseur noir et blanc, de type « sportif », permet de cadrer à quelques centimètres de l’oculaire. Il intègre trois capteurs 1/3 de pouce de 470000 pixels chacun, qui traitent indépendamment le rouge, le vert et le bleu pour une meilleure reproduction des couleurs. Son zoom optique ×12 – 5,5- 66 mm, f/1,6, à vitesse variable et position Macro – couvre les focales photo de 37 à 444mm. Il se commande manuellement grâce à une bague dotée d’un petit levier, pour recadrer rapidement ou effectuer une mise au point Il dispose de plusieurs modes programme : Portrait, Sport, Priorité ouverture et vitesse. Tous les automatismes sont débrayables : mise au point, balance des blancs (préréglée intérieur/extérieur et mémorisée), diaphragme sur 13 valeurs, contrôle du gain jusqu’à +18 dB (8 paliers), obturateur électronique (16 vitesses jusqu’au 1/10000 s). A la prise de vues, la fonction Zébra génère des lignes obliques sur les parties surexposées de l’image ; et un filtre gris neutre numérique (ND Shutter) entre automatiquement en action en cas de forte luminosité. Une fonction de correction de couleur, active à l’enregistrement, agit sur leur intensité (Color) et la teinte (Hue). Quant à sa sensibilité de 4 lux, elle reste comparable à celle des camescopes numériques actuels. Il offre le fondu (noir et mosaïque), l’insertion, un micro-zoom avec filtre coupe-vent, les prises micro et casque, mais pas de réglage du niveau audio à la prise de vues. Nos essais ont montré un faible bruit de chrominance. Le VX1 reproduit des images bien définies (environ 420 points-ligne – en sortie Y/C – après enregistrement et lecture) qui accusent une très légère dominante rose pâle. Son poids, avec batterie et cassette E5-90, est d’environ 2 kg. La batterie fournie (77H, 6 V – 2 400 mAh) procure environ 70 minutes d’autonomie. Il exploite deux vitesses de défilement (SP et LP).

Montage

Le VX1 enregistre un time code RC réinscriptible et offre une grande précision au montage (à l’image) avec une table ou un magnétoscope compatible, via le Lanc. Il est aussi muni d’un titreur numérique (2 pages, 8 couleurs), avec différents modes d’affichage (défilement vertical dans les deux sens, inversion, entrée/sortie en fondu…), apte à fonctionner indifféremment à la prise de vues comme au montage.

En lecture, un réducteur de bruit de chrominance améliore la qualité des images reproduites ; un réglage d’alignement permet de parfaire le ralenti (Slow) et la pause (Still) en éliminant toute barre de bruit. Sa mécanique de recherche avant/arrière facilite la localisation d’une image (1/25 de seconde). Pour les passionnés d’animation, il dispose d’un intervallomètre (5, 12, 25, 50 images prises toutes les 30, 60, 300 et 600 secondes) et une télécommande IR dont le récepteur escamotable capte le faisceau sur 360 degrés.

Conclusion

Très novateur pour l’époque, ce camescope présente de grandes qualités de tournage et montage. Il ne lui manque qu’un stabilisateur et un réglage du niveau audio. Côté image, ses trois capteurs offrent le meilleur du format Hi-8. A noter : d’après quelques témoignages d’utilisateurs, certains VX1 « fatigués » auraient une tendance à la surexposition. Celle-ci peut s’expliquer par un iris bloqué – due à la projection de graisses de la nappe du CCD – phénomène connu sur d’autres références Sony de l’époque. Bien sûr, un SAV débloquera la situation moyennant finances.

CV 137