Tamron Fotovix

Tamron, connu pour ses optiques photographiques adaptables sur la quasi-totalité des boîtiers 24 × 36, n’échappe pas à la tendance actuelle, à savoir l’orientation vers le marché de la vidéo.

Transférer négatifs et diapos

Jacques Danin – novembre 1987

Tamron Fotovix

Deux ans après la présentation, à la Photokina, d’un premier scanner photos et diapos, Tamron présente le Fotovix, appareil de conception plus compacte et plus attrayante que la première mouture.

Le principe en est simple : les documents photographiques, négatifs et diapositives noir et blanc ou couleurs d’un format 24×36 (exceptés les documents opaques), sont illuminés par une lampe blanche opale ventilée selon le principe de l’agrandisseur : la lumière passe dans un  condenseur puis traverse le document. Un miroir total renvoie l’image dans un système optique (zoom), derrière lequel un système de capteurs de charge (CCD = Charge Coupled Device) transforme les rayons lumineux en un signal vidéo (PAL) et les transcrit sur un écran de télévision.

Une analyse télé-objective

Une fois le branchement et la connexion au téléviseur ou au moniteur (standard PAL) effectués, mettre sous tension en appuyant sur l’interrupteur général POWER, puis introduire le film à l’intérieur du passe-vue. Le porte-film s’emploie avec les films négatifs ou positifs en bande, tandis que le passe-vues sert pour les diapositives montées sous caches. Dans le cas du film en bande, les perforations du film doivent être alignées sur les embossages correspondants du porte-film. Une fois chargé, le porte-film est introduit dans le couloir.

Les documents insérés seront noir et blanc ou couleurs, positifs ou négatifs, mais toujours sur film 35 mm pour des images 24×36. Suivant la nature du document, un inverseur permet le choix entre POSITIF ou NÉGATIF: le négatif sera transformé en positif sur l’écran.

Le positif peut également apparaître en négatif pour obtenir un effet : il est alors nécessaire d’effectuer la balance des blancs en positionnant le sélecteur d’inversion sur la position WHITE BALANCE et en pressant  simultanément le bouton lui faisant face. Deux commandes permettent le cadrage vertical et horizontal (symbolisé par les flèches correspondantes) de la vue en face de la fenêtre de lecture. Si l’image est verticale ou à l’envers, un inverseur à 3 positions permet une rotation de 90° et 180° de l’image par pivotement des capteurs CCD.

La commande de zoom s’effectue par double action du bouton inférieur gauche : la simple action permet un recadrage des images verticales pour une couverture totale de l’écran de télévision. Enfoncer ce même bouton et le régler vers la droite engrène la variation du zoom (Sonoptor 12-72 mm, f:1/1,4) dans un rapport ×6 (en surface ×36), ce qui vous permet de privilégier les détails que vous souhaitez.

La commande de contrôle de couleur est un joystick (palonnier), permettant de faire varier la dominante dans toute la gamme des couleurs admises, et ce dans la synthèse additive (respectivement dans la variation rouge, vert, bleu) et soustractive (respectivement cyan, magenta, jaune). La position centrale correspond au noir ou au blanc suivant le réglage de la luminosité.

Les trois potentiomètres placés en-dessous du tableau général de commandes permettent les réglages sur l’écran de télévision. De gauche à droite: la netteté (FOCUS), la luminosité (BRIGHTNESS) et le réglage des couleurs et de leur contraste (COLOR).

A l’aide des trois potentiomètres situés en haut à droite du tableau de commandes, vous pouvez, de haut en bas, programmer le temps d’enchaînement des images pour réaliser un visuel style diaporama, régler le temps de sortie de l’image, et programmer la durée de passage des vues les unes après les autres. Cette dernière possibilité est peu utile du fait que le passage des vues n’est pas automatique, et compte tenu des capacités
d’enregistrement des magnétoscopes de salon actuels et de leur imprécision de montage. En revanche, ce système permet à l’utilisateur un stockage d’images dans un volume et espace réduits, lui évitant de ressortir à chaque séance tout le «bazar» (écran, table de projection, projecteur, diapositives… ). Autre avantage : les clichés originaux échappent aux risques divers de rayures, empreintes de doigts, poussières, chaleur… La liste serait longue.

Sur le panneau arrière, les connexions sont des plus élémentaires. Deux types de sorties, l’une CINCH, l’autre DIN. La première est destinée aux téléviseurs équipés de prise vidéo BNC, la seconde aux téléviseurs dépourvus de prise d’entrée vidéo ou péritel. Dans ce cas, il sera utile de s’équiper d’un modulateur RF en option. La prise située tout en bas est celle du secteur.

L’électronic trimmer, en option, se présente sous forme de socle que l’on connecte en l’adaptant sous le Fotovix. Il permet de superposer dix flèches ou signes à l’image, fixes ou clignotants, positif ou négatif et en trois tailles. L’orientation et le déplacement s’effectue par palonnier. Les recadrages à l’horizontale ou à la verticale se font par masques commandés par manette ou par cinq pré-réglages. Le montage de deux vues côte-à-côte est possible, ainsi que l’une sur l’autre. La numérotation des vues peut aller de 1 à 99.

Les utilisateurs : public ou pro ?

Aux dires du constructeur, ce matériel vise plus particulièrement le grand public. Soit, acceptons-en l’augure… Mais le grand public n’est peut-être pas encore très au fait des techniques vidéographiques, ni tout à fait prêt à  investir environ 24000 FF (3659 €) pour regarder et stocker ses photos sur bande magnétique. Les possibilités de fondu et de temporisation de fondu ne sont pas encore réellement accessibles à un enregistrement de type « salon ». De plus, la standardisation des téléviseurs et magnétoscopes de salon n’est pas encore suffisamment généralisée (PAL/SECAM), quoiqu’en pleine croissance.

Ce matériel est donc essentiellement destiné à une utilisation institutionnelle. Il serait à sa place dans une régie vidéo de postproduction, relié à une table d’effets spéciaux ou connecté à un micro-ordinateur (avec
transcodeur et interface RVB), à condition d’être « genlockable » (synchronisable), ce qui sera le cas du modèle à l’étude.

Pour une utilisation directe, il est parfaitement adapté pour la communication sur les lieux de travail, dans la recherche, pour des démonstrations en petit comité, dans l’entreprise et le secteur de l’éducation.

Les plus

  • La possibilité de visualisation des positifs et négatifs
  • La facilité d’utilisation
  • La clarté des commandes
  • Les fonctions de recadrage et de grossissement

Les moins

  • Une avance automatique des vues en standard
  • La possibilité d’entrée vidéo pour la synchronisation avec une caméra par exemple
  • L’intervention sur les couleurs par réglages séparés et non par un palonnier
  • Un prix plus accessible

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