Transfert de films de famille

Je livre quelques recettes aux lecteurs se posant des questions sur l’art et la manière de réaliser le transfert de films anciens avec un télécinéma rudimentaire. Après avoir tout essayé, elles me permettent d’obtenir un résultat comparable à un bon, voire un très bon VHS.

Transférer 8 et Super8 en S-VCDEn voici les grandes lignes. Pour réduire le scintillement, je remplace l’obturateur du projecteur par un obturateur à 3 pales d’ouverture 60° pour 18 i/s, à 2 pales de 90° pour 24 i/s, assurant ainsi une constance quasi absolue de la quantité de lumière reçue par le camescope réglé sur le 1/50. Pour optimiser la répartition et la valeur du flux lumineux et diminuer l’ouverture à la prise de vues, j’utilise un jeu de bonnettes d’approche et je projette à moins de 50 cm sur un écran blanc mat légèrement concave de 12,5 cm de diagonale, orienté de façon à diriger le maximum de lumière vers le camescope.

Je règle la mise au point en 2 temps, d’abord celle du camescope en manuel sur l’écran avant projection, puis celle du projecteur au vu de l’image donnée par le moniteur. Enfin j’optimise le résultat sur PC en utilisant la prise Firewire de ma carte son et le logiciel de montage Magix Video Deluxe. Ce dernier offre (pour moins de 50 euros !) un traitement image et son remarquables. Gravés en S-VCD, mes vieux films retrouvent ainsi une nouvelle jeunesse !

Détails

Le problème du transfert de films anciens est triple. Il faut : traiter un flux lumineux intense et le répartir aussi bien que possible pour limiter les effets de vignette ; parfaire la mise au point ; et éviter le scintillement lumineux résultant de la double inadéquation des vitesses d’obturation et des cadences d’images des deux systèmes. L’optimisation du transfert se fait à chacune des étapes du processus. J’en donne ici la liste, les indications chiffrées correspondant à mon matériel : projecteur Eumig Sonomatic biformat, camescope Panasonic MX7.

Projecteur

  • Système d’obturation : pour annuler l’effet de scintillement, remplacement de l’obturateur à 3 pales de 55° d’ouverture par un obturateur à 2 pales de 90° pour les films tournés à 24 i/s, ou par un obturateur à 3 pales de 60° pour 18 i/s .
  • Objectif : zoom sur focale maxi et adjonction d’une bonnette 2 dioptries pour augmenter la concentration du faisceau et la sensibilité de mise au point.

Ecran

  • Constitution : blanc mat diagonale 125 mm, monté de façon à orienter avec précision le flux lumineux réfléchi (vérifier avec un miroir plan disposé tout contre l’écran que la vidéo reçoit au centre du cadre l’image de la lampe de projection, tension réduite).
  • Distance de projection : 48 cm à partir de la lentille frontale du projecteur.
  • Mise au point camescope : utilisation d’un petit réticule amovible pour plaquer sur l’écran un croisillon de fils fins.

Caméscope

  • Fixation sur un dispositif à 2 axes de rotation pour régler finement le cadrage sur l’écran de projection.
  • Équipement de l’objectif avec une bonnette 1 dioptrie pour ajuster la distance mini de mise au point.
  • Mise en place de façon que les deux objectifs soient aussi près que possible l’un de l’autre (distance écran/lentille 37 cm).
  • Réglages manuels : distance sur Manuel, vitesse d’obturation sur 1/50, ouverture fonction de la luminosité du film d’origine : entre 2 et 3,4 dans mon cas (Automatique peut entraîner des sauts de luminosité gênants lors de certains changements de plan). En fonction du film, essayer la meilleure configuration pour les blancs (automatique, réglage manuel sur l’écran éclairé à vide, ou meilleur réglage éclairage jour ou artificiel).

Déroulement des opérations

  1. Brancher la sortie AV camescope sur l’entrée moniteur (TV par exemple) et l’entrée micro sur la sortie son de l’ampli lui-même relié à la sortie correspondante du projecteur (j’utilise comme ampli mon magnétophone, ce qui me permet si le film est muet soit d’injecter directement un fond sonore soit d’inhiber l’entrée micro du camescope).
  2. Mettre en place le camescope, cadrer sur l’écran, orienter ce dernier pour ajuster les axes optiques et faire la mise au point du camescope sur le réticule amovible. On ne touchera plus au camescope que pour le mettre en route ou éventuellement modifier le réglage de l’ouverture.
  3. Charger le film, mettre au point la netteté de l’image observée sur le moniteur en n’agissant que sur le réglage de mise au point du projecteur. Vérifier que la luminosité est satisfaisante et ajuster le zoom camescope si nécessaire.
  4. Rembobiner, lancer la projection et l’enregistrement… et laisser faire…

Conseil express

Si le transfert de films anciens par vos propres soins vous paralyse, ou si vous ne possédez plus le projecteur adéquat, sachez que des laboratoires effectuent cette opération moyennant un coût à la minute assez élevé. Mais le jeu en vaut peut-être la chandelle.

Améliorer la qualité du transferts de films anciens

Bobine Film Cassette DV et VHSPour le transfert de vieux films super 8, 8mm, 9.5 mm, 16 mm, etc., vous connaissez tous l’astuce qui consiste à projeter votre film sur un papier Canson blanc mat accroché au mur, et à refilmer cette image avec votre camescope. Inconvénient majeur de cette méthode, l’augmentation sensible du contraste, les noirs se bouchent et les blancs sont brûlés, nous perdons donc des détails et de la qualité.

Pour remédier à ce problème et tenter de baisser le contraste pour obtenir plus de nuances, mon astuce consiste à remplacer la feuille blanche par une feuille de Canson gris souris, gris moyen, ou un gris à 18 % de réflexion, identique à celui des chartes de gris Kodak. De cette manière les blancs seront moins brûlés, les gris plus nuancés, et les noirs toujours noirs. Par nature la pellicule cinématographique enregistre un écart de six à sept diaphragmes entre les hautes et les basses lumières.

Je rappelle que le contraste est l’écart entre le blanc le plus blanc de l’image et le noir le plus noir de cette même image, et cet écart se mesure en diaphragmes. Une image très contrastée ne comportera que du noir et du blanc. Une image normalement contrastée comportera des noirs, des blancs, et une grande gamme de gris. (…)

Quelques conseils complémentaires

  • Mettez le diaphragme du camescope en position manuelle, réglé sur une valeur moyenne. Cela, afin d’éviter le pompage pendant la prise de vues, d’utiliser au mieux les qualités optiques de l’objectif, et de conserver un minimum de profondeur de champ.
  • Pour réduire l’erreur de parallaxe, n’utilisez pas une focale trop courte (grand-angle).
  • Pour le transfert de films anciens, si l’objectif du projecteur est un zoom, réglez le sur une valeur moyenne, afin de conserver ses qualités. N’agrandissez pas trop l’image projetée, car, le projecteur émet toujours la même quantité de lumière, mais l’image, elle, sera plus ou moins lumineuse en fonction de son rapport d’agrandissement. Les meilleurs résultats sont obtenus avec une image de 40 à 50 cm de base.
  • Réglez la taille de l’image à projeter en fonction du diaphragme souhaité sur le camescope. En conséquence, si l’image projetée est petite, elle sera plus lumineuse et donc le diaphragme du camescope plus fermé, augmentant ainsi la profondeur de champ. Si l’image projetée est plus grande, l’image sera moins lumineuse, et le diaphragme du camescope plus ouvert, diminuant ainsi la profondeur de champ, et la qualité de l’image projetée.

CV 162