Dazzle DCS 200

Destiné, entre autres, aux vidéastes réticents à ouvrir leur PC, cet ensemble boîtier de numérisation avec logiciel de capture le MPEG-1 et 2 à partir des sorties analogiques de tout matériel vidéo. Il offre aussi l’échange de données diverses (photos, sons…) en accueillant les cartes mémoire.

Dazzle DCS 200

Le boîtier universel

Le DCS-200 (DVD Creation Station) se présente sous la forme d’un boîtier externe adapté à la capture de vidéos en MPEG et réservé aux seuls PC. Il sait aussi accueillir les différents types de cartes mémoire. Trois logiciels accompagnent ce système: MovieStar 5.0 pour la capture et le montage vidéo, DVD Complete pour l’authoring, OnDVD pour la création d’albums photo sur CD ou Internet. Le test ayant eu lieu sur une version beta du produit, des fonctions manquent à l’appel, mais devraient être intégrées à la version finale.

Le test

Numérisation

Au démarrage, le logiciel propose 5 profils de travail. Cliquez sur la bonne case selon que vous désirez produire une cassette DV en Master final, un Vidéo CD, un S-VCD, un DVD, etc. Vous pouvez revenir sur ce choix de départ en cours de projet mais les formats ne sont pas paramétrables. Normal quand il s’agit du DV puisqu’il est compressé d’une manière inamovible dans un rapport 5:1, toutefois les formats MPEG-1 et 2 offrent une latitude dans le débit de compression et autres choix comme le filtrage ou le désentrelacement. Pour cette version 5.0 de MovieStar, Dazzle, dans une visée grand public, simplifie l’approche des utilisateurs. L’interface est claire et dépouillée sans manquer d’élégance. On peut d’ailleurs changer la texture de l’habillage. Trois onglets vous guident très simplement vers les 3 fonctions clés : Capture, Montage et Export.

DVD Complete

Le mode Capture permet d’accéder aux cartes ou matériels d’acquisition disponibles, MJPEG compris. La machine de test étant dotée d’une carte FireWire OHCI, je pouvais capturer en DV natif avec cette dernière, ou en MPEG via le boîtier DCS-200. Dans les deux cas, la capture fonctionne parfaitement. A l’instar des autres constructeurs, Dazzle ne sait pas profiter du voisinage d’une carte FireWire pour permettre un pilotage du camescope quel que soit le mode d’acquisition. Même le Lanc est oublié. En MPEG, il faut donc manipuler le périphérique vidéo manuellement ou via sa télécommande. Il n’y a pas de Batch Capture pour capturer des séquences vidéo à partir d’une liste de points In et Out. Le dérushage automatique des cassettes est par ailleurs absent de cette mouture. Bien que le logiciel offre de créer des sous-répertoires, la numérisation ne s’exécute que dans la racine du dossier principal. Il faut donc trier avant le montage.

Pour les signaux analogiques rentrant dans le DCS-200, l’utilisateur peut calibrer le contraste, la luminosité, la colorimétrie, et la saturation. La lecture des images saisies semble très correcte avec peu d’artefacts en MPEG-2 et sans pertes d’images. Il n’y a pas d’outil fourni pour analyser le débit retenu mais l’adoption optionnelle d’une carte avec ports USB-2 ouvre la voie à des transferts théoriques maximums voisins du FireWire. Voilà qui garantira un transit optimisé des données.

Montage

Le chutier (Media) est le premier onglet d’un espace où sont regroupés le titreur, les transitions et les filtres. Les icones qui frangent cette zone par le bas proposent d’ajouter des médias, la création de répertoires, et les fonctions Copier, Coller, Effacer. Monter un plan suppose d’abord d’aller le placer sur les pistes de montage. Celles-ci adoptent les modes Story board (imagettes espacées et en rang d’oignons matérialisant l’ordre des plans) ou TimeLine (ruban proportionnel à la longueur du plan monté). Tout nouveau plan additionné se cale simultanément dans la fenêtre de visionnage flanquée de deux mini-écrans supplémentaires pour matérialiser le point In et le point Out. Chacune dispose d’une targette pour le modifier à volonté et de touches image/image pour parfaire la sélection. Dès que le curseur de scan est promené sur le montage, tout plan rencontré propose ce triple affichage. Deux autres vignettes permettent en sus d’identifier le point In du plan monté précédent et suivant. Original et très pratique pour se repérer dans son montage. On peut aussi saisir la barre jaune qui borde chaque plan en In et Out pour raboter les séquences. Mais pas pour les rallonger. Le curseur ne défile pas à même les pistes au  gré du montage en cours, mais se repositionne en bonne place dès qu’on agit sur Stop. Il lui manque aussi de savoir explorer les images à la souris au-delà de la portion de montage affichée. Quant à l’échelle de lecture, elle se modifie en saisissant la loupe. Ensuite, avec le bouton gauche de la souris je zoome, avec le bouton droit je dézoome. Pour tronçonner, la fonction Cutter est assez précise. La sélection de cet outil provoque un scan automatique du montage simplement en pointant l’objet, en cliquant sur la souris le tronçonnage est rendu effectif.

Le son profite de 3 pistes dont celle incluse avec la vidéo mais très provisoirement inamovible. Les icones Haut-parleur permettent de désactiver ou réactiver les pistes audio. Un curseur permet de régler le niveau global de la piste mais pas par fichier audio. Il n’y a pas de Voice Over. Ces lacunes devraient, au moins partiellement, être comblées dans la version finale. Basique, sans bordurage ou ombres portées, le titreur se borne aux compositions monochromes, en fixe ou déroulant, avec une option de fondu en entrée et sortie.

Effet et Rendu

Le calcul des effets en tâche de fond se lance par le menu Options ou le raccourci clavier Ctrl+R. Ainsi, le monteur peut continuer à œuvrer et retrouver un peu plus tard ses transitions et filtres calculés. Une procédure qui se retrouve sur le logiciel entrée de gamme iMovie 2.0 d’Apple. Il ne proposait pas de preview en temps réel des effets sur notre PC de test. Mais grâce au calcul en tâche de fond, nous avons pu, pendant le traitement, lire la portion déjà calculée. Pratique pour éjecter plus vite un filtre ou une transition qui ne tient pas ses promesses. Attention, déplacer les médias calculés engendre leur destruction systématique et le redémarrage du calcul. Effets et transitions ne sont pas paramétrables dans cette version Beta. Même la fonction Annuler (Undo) fait momentanément défaut. Pratique également exclue : la surimpression puisqu’il n’existe aucune piste vidéo supplémentaire.

Export

La fenêtre d’Export traite le projet en entier ou une portion délimitée dans le montage. Cinq grands choix s’offrent alors : compression variée vers un disque dur, report sur bande vidéo, compression en vidéo très allégée pour le Web, gravure directe d’un Vidéo CD ou d’un S-VCD (avec détection des périphériques disponibles), ou l’ouverture de DVD Complete pour l’authoring.

DAZZLE DCS 200

L’export Web se propose d’adresser une compilation du film en Real Video ou Windows Media et de l’incorporer gracieusement sur un site dédié chez Dazzle. A la condition, bien sûr, d’en être devenu membre – gratuit pour les clients – et de décliner son mot de passe. Si le bouton d’export vers le logiciel d’authoring DVD Complete existe bien, il se contente de lancer l’application sans lui adresser directement une compilation du montage. Cette fonctionnalité serait souhaitable dans la version finale du logiciel. En attendant, il suffit de demander séparément l’export au format DVD vers le disque dur.

DVD Complete

Pour l’authoring, DVD Complete est décliné en version Standard – celle fournie – et en version Deluxe avec des fonctions évoluées dont l’export vidéo depuis un projet, la création de menus animés ou de diaporamas… Ce logiciel aborde l’authoring DVD sur le principe d’une circulation par arborescence (s’apparentant à la gestion informatique des fichiers en répertoires et sous-répertoires).

DVD Complete

Son interface ne fait donc pas appel au glissé-déposé (Drag & Drop) et propose d’amener les éléments de la composition par le bouton droit souris, via le menu (Projet) ou encore par l’icone Bobine de cinéma. Des assistants savent vous guider dans une prise en main aisée en choisissant d’emblée le type de DVD souhaité : création rapide sans menu interactif, ou DVD personnel créatif. Les autres choix : modules adaptés à l’entreprise ou carrément hollywoodiens, supposent de passer à la version Deluxe. Si le logiciel sait récupérer les fichiers générés en MPEG par le Dazzle DCS-200, il sait aussi piloter un périphérique DV via une carte OHCI puis mouliner les fichiers AVI en MPEG (temps de compression dans un rapport de 2:1 sur un PC bi-processeur 800 MHz avec 800 Mo de RAM). Une recompression ici paramétrable à différents niveaux.

Pour la mise en page, une série de thèmes sont fournis à titre d’exemples incluant fonds graphiques, boutons, icônes divers, et musiquettes pour les temps morts des menus. Le chapitrage des séquences est facile, sur le mode Time-Line. Bouton avec croix verte : un chapitre est créé à la position courante du curseur, bouton 2 croix vertes : un chapitrage automatique s’agence au prorata du nombre de coupures demandées. Recaler un chapitre suppose seulement d’agir sur l’icône avec la souris avec prévisualisation de l’image de référence (clic gauche + touche Ctrl). Effacer ces marqueurs passe par des icônes à croix rouges. Vingt films sont au maximum intégrables dans une même création (quarante pour la version Deluxe) et chaque menu supporte jusqu’à 36 boutons. Par soucis du détail, on notera la mise en place possible d’un contrôle parental ou la définition des zones de diffusion comme pour les DVD de cinéma. Le logiciel assure aussi la confection de Vidéo CD, mais fait l’impasse sur le S-VCD. Un tableau indique en permanence le taux de remplissage du disque dur qui accueille le projet mais aussi celui des différents types de disques à graver. Le simulateur intégré joue le futur DVD et permet donc de valider sa réalisation avant la création d’une image regroupant tous les éléments du projet ou l’impression directe.

Un logiciel de création moins intuitif qu’un Sonic DVDit mais rapidement assimilable. La navigation dans son principe d’arborescence exclut le glissé-déposé. On peut y amener les films en MPEG-2 ou les y convertir. Le chapitrage manuel ou automatique est un modèle de simplicité. L’habillage par jaquette et autocollant est incluse dans l’interface.

ONDVD : L’album photo

Il sert à gérer les images d’un appareil photo numérique pour composer des albums sur CD, ou les mettre en ligne sur le Web. Simple d’emploi, cette application supporte 500 clichés sur une même galette. Le diaporama à la portée de tous.

Conclusion

En pariant sur l’USB, Dazzle s’adapte immédiatement à un parc de PC très large. L’avènement de l’USB-2 dont se dotent toutes les nouvelles cartes-mères offrira des possibilités supérieures pour le traitement des signaux vidéo en MPEG-2. Il ne manque que l’intégration originelle du DV pour combler tous les besoins de montage courants. Mais ce DCS-200 est appelé à faire des petits. Et en attendant rajouter une carte FireWire (IEEE1394) à son PC coûte dans les 76 euros en moyenne.

Caractéristiques DAZZLE DCS 200

  • Produit : Dazzle DCS-200. Boîtier sur port USB.
  • Connectique : Audio stéréo (RCA), vidéo composite (RCA), Y/C (Ushiden).
  • Encoches sur le boîtier : Cartes mémoire (Memory Stick, Compact Flash, Micro Drive…).
  • Montage : MovieStar 5.0.
  • Formats vidéo traités : MPEG-1 et 2 (DCS-200 ou DVD Master), DV et MJPEG avec des produits tiers.
  • Formats audio traités : Wav et MP3.
  • Nombre de transitions : 70.
  • Nombre de filtres : 38.
  • Export : AVI, DV, Windows Media, Real, MPEG-1 et 2 (pour VCD, et DVD). Impression directe de Vidéo CD.
  • Authoring DVD: DVD Complete Standard.
  • Import séquences vidéo : 20 (40 dans la version Deluxe optionnelle).
  • Gravure directe : Vidéo CD, mini-DVD (sur CD-R ou CD-RVV) et DVD.

Notre verdict

Le rapport qualité-prix est très avantageux pour une solution externe qui réunit bien des possibilités (vidéo, photo, DVD…) et convient à l’exploitation de sources analogiques, ou numériques via les sorties analogiques. La suite logicielle est commune à d’autres produits de la gamme Dazzle. Le DCS-200 peut compléter une carte DV achetée séparément. Son support universel des cartes mémoire est un atout très original.

Les plus

  • Une solution externe sans soucis d’installation.
  • L’acquisition temps réel au format DVD en capture sur port USB.
  • La gestion des raccords vidéo très facile (Trim dans MovieStar 5.0).
  • Le rendu des effets en tâche de fond.
  • L’exploitation des différents formats de cartes mémoire du marché

Les moins

  • Pas de sortie vidéo vers un écran externe pendant les opérations de montage (même en DV).
  • Pas de dérushage automatique.
  • Manque une e piste pour les mixages.
  • Pas de gestion du S-VCD dans le logiciel d’authoring.
  • Pas de paramétrage de l’encodage en MPEG-2 par le boîtier.

CV 162