Fast AV MASTER

L’accord Parfait

Fast Av MasterImages et son ! Compression jusqu’4:1 et son synchrone à 44 kHz 16 bits à moins de 10000 F… L’AV Master vient secouer le monde de la vidéo numérique. Elle a tout d’une grande carte de numérisation !

Courte mais riche, l’histoire de la vidéo numérique accessible ne cesse de rebondir. Jamais technologies n’avaient galopé à un rythme aussi effréné que dans l’informatique. Les agitateurs de ce marché sont Allemands : Miro et Fast. Et les Américains pourtant précurseurs dans ce domaine sont loin des cibles grand-public et du professionnel abordable.

Il était une fois… la vidéo numérique

Le plus étonnant, c’est l’adaptation à la fois progressive et fulgurante du PC aux exigences de la vidéo numérique. Le poussif engin à vocation bureautique s’est musclé au gré de la course à la puissance. L’Amiga était un précurseur dans son genre et le Mac se gaussait d’IBM et de ses clones. Mais le PC, ouvert aux industriels du monde entier, a joué un rôle de creuset créatif de premier ordre. Les logiciels ont suivi et la panoplie d’outils pour monter ses vidéos, dessiner, retoucher les images ou les créer de toutes pièces, est d’une richesse en perpétuelle évolution. Dans le domaine des cartes vidéo accessibles pour Windows, Miro a donc tiré le premier au printemps 1994 avec une carte à près de 8 000 F. Ses performances sur un 486 DX : du VHS en monotrame (384 x 288). Cette DC1, relookée, mais aux performances voisines, ne vaut plus aujourd’hui que 2 500 F. La pilule peut sembler amère aux pionniers du multimédia qui ont vu le top de la même époque, un PC 486 DX2 66 (MHz), laminé en puissance par un Pentium 166 (MHz) pour un prix équivalent.

A l’été 95, c’est la Fast FSP 60 qui marque un progrès en gérant deux trames et en incrustant la vidéo à son débit réel sur les moniteurs informatiques. La qualité de l’image s’accroît mais cette carte oublie encore la moitié des pixels dans le sens de la longueur (384 x 576).

Miro prépare déjà la contre-offensive avec la DC20 pour l’automne de cette même année. Grâce à l’adoption du Bus PCI, 758 x 576, voilà l’objectif atteint pour satisfaire aux exigences en acquisition comme en restitution. Cette qualité-là pour 6500 F, qui dit mieux ? C’est oublier que les problèmes ne sont pas totalement résolus dans le domaine du montage virtuel. Video For Windows, une extension de Windows qui a permis l’avènement de la vidéo dans cet environnement graphique, peut mieux faire. La gestion des flux vidéo à haut débit comme la synchronisation du son et de l’image gérés par deux éléments matériels distincts ne sont pas son fort. Et c’est l’entrée en lice de l’AV Master qui vient contourner les pièges du PC marié à Windows. Sa capacité de gestion des débits plus élevés d’images avec un son synchrone à 44 kHz 16 bits stéréo (qualité DAT) lui ouvre les portes des amateurs très exigeants et des pros à la recherche d’une solution abordable. Pour avoir fait de la Vidéo Machine un produit d’excellence, Fast entend faire de l’AV Master une référence. Et des produits plus coûteux comme le Perception Video Recorder, les Targa 1000 et 2000 ou bien la Média 100qx voient leurs parts de marché menacées par la petite nouvelle. De 9990 F pour l’AV Master à plus de 60000 F pour la plus onéreuse des cartes citées, il y a une marge d’écart plus que technologique. Les professionnels de la vidéo regrettent l’absence d’entrées sorties en composantes pour travailler avec le Bétacam (Sony) ou le MII (Panasonic).

Compression 5:1… toutes les trames !

Fast-Av-Master-1Plug and Play, la carte AV Master s’installe sans problèmes (test réalisé sur deux PC différents) en quelques minutes, logiciels mis en place, elle est prête. Celle-ci requiert pour le moins un 486 DX2 66 sous Windows 95 avec une carte mère PCI (spécification 2.0), 16 Mo de Ram, une carte VGA affichant 256 couleurs minimum, et un moniteur ou TV Pour exploiter à fond les performances de la carte, il faut recommander un Pentium et un disque dur audio-vidéo en Fast SCSI2 (en attendant les modèles Ultra Wide abordables et performants). La machine de test est en l’occurrence un Pentium 133 avec 32 Mo de Ram, un disque Canner AV 4 Go et une carte contrôleur Buslogic (PCI). Premiers test réalisés avec le camescope numérique Sony raccordé en Y/C. L’utilitaire de compression utilisé est le Vidcap 32 livré avec la carte. Compression 5:1 (actuellement la moins dégradante pour l’image dans cette gamme de prix), son stéréo à 44 kHz 16 bits stéréo… D’emblée, l’AV Master va-t-elle justifier ses prétentions ? Zéro image de perdue pour cette première capture. Pari tenu ! En ouvrant le Média Player de Windows, la séquence appelée rechigne pourtant a être lue dans une fluidité totale. Or, une fois le Média Cache ouvert, logiciel conçu par Fast, les saccades disparaissent totalement. Quant au son, il est parfaitement synchrone dans cette qualité CD de numérisation. Les essais de capture, relecture et montage à suivre vont confirmer l’excellence du traitement images et son. Mais cette qualité a un prix : il faut compter 200 Mo de disque dur pour une minute de vidéo.

PCI Bus Master

Pour bien expliquer l’un des atouts majeurs de l’AV Master, il faut revenir sur la structure d’un PC. Le bus classique, c’est le bus ISA dont les slots permettent d’associer des cartes graphiques, son ou des cartes de communication à la carte mère. C’est en quelque sorte le canal de circulation des données entre les divers composants de l’ordinateur. En 16 bits, alors que les nouveaux processeurs tournent en 32, il est en deçà des performances de la nouvelle génération d’ordinateurs. En 1993, le marché commence à lui préférer le Vesa Local Bus (VLB) pour des taux de transferts en 32 bits plus adaptés à la nouvelle puissance des processeurs. Puis, l’industrie de la micro somnolant peu, le bus PCI qui offre des débits théoriques de 132 Mo/s vient s’imposer comme le standard des cartes de dernière génération pour une rapidité d’exécution et des volumes de données à la hausse.

La majorité des cartes qui fonctionnent en PCI travaillent en mode esclave. Elles attendent les ordres du processeur. De nouveaux composants auxquels l’AV Master fait appel permettent à celle-ci d’être maîtresse en communication active avec les autres composants… Si le Bus PCI prétend transmettre de la vidéo non compressée à environ 22 Mo/s, le goulot d’étranglement restant c’est le disque dur lui-même. En Fast SCSI2 avec un disque audio/vidéo performant doté d’un bonne carte contrôleur, on descend jusqu’au taux de compression de 4:1. Autant dire une qualité adaptée aux applications professionnelles. Outre la priorité exercée par la carte en Bus mastering sur le PCI, Fast associe le transfert des données en mode Burst pour favoriser les grands flux de données. Et l’AV Master gère la mémoire (RAM) comme zone tampon pour agir plus vite. La gestion de la mémoire tampon s’effectue en collectant les information jusqu’à saturation puis par l’envoi de ces mêmes données vers leur destination à la première occasion. A l’arrivée, ce mode soulage le processeur puisque les données vidéo circulent par le bus de carte en carte, ou vers la mémoire centrale, de manière quasi-indépendante. Le CPU (processeur) doit seulement contrôler le transfert des données. A l’inverse, les cartes PCI esclaves exploitent davantage les ressources du processeur pour faire transiter la vidéo. Sur un PC bien configuré, la charge du Bus PCI avoisine les 3,5 % pour la vidéo quand l’AV Master est en service.

Son synchrone à 44 kHz, 16 bits stéréo

En ayant implanté le traitement du son sur sa carte, Fast garantit un son synchrone en qualité CD d’un bout à l’autre de la chaîne de production. Aucune carte dans cette gamme de prix n’avait jusqu’à maintenant proposé cette performance. En somme, le vidéaste devait se contenter d’une numérisation à 22 kHz, 16 bits mono plutôt que stéréo, s’il voulait compresser la vidéo à haut débit et y associer un son restant synchrone. Ce qui n’exclut pas pour autant des dysfonctionnements en lecture sur des films compilés plus ou moins longs. Le problème vient des cartes son séparées implantées sur le Bus ISA qui réclament une bonne partie des ressources du système pour fonctionner. Le traitement de l’audio profite aussi de la technologie Bus Master. Fini les désynchronisations aléatoires dues à cette gestion séparée de l’audio et la vidéo.

Média Cache : un booster pour la vidéo

Pour soutenir la lecture des fichiers vidéo à hauts débits, la carte pouvant gérer un taux de compression à 4:1 sur une machine dotée des meilleurs composants et bien réglée, Fast a développé le Média Cache. La version  2.00d du Média Cache autorise la lecture sans heurts de fichiers qui dépassent le débit des 4 Mo/s supprimant ainsi les blocages intempestifs de la vidéo en lecture qui se traduisent par des sautes d’images.

L’offre logicielle

Pour compléter le système, Fast a aussi conçu un soft baptisé AV Warp pour réparer des fichiers endommagés de vidéo numérisée. Pour ne pas avoir rencontré de problèmes spécifiques durant les tests, le produit n’a pas eu à prouver son efficacité. Pour le montage, l’offre logicielle inclut une version limitée de Vidéo Editor, de la version Media Studio 2.5 de U-Lead. Montage et trucages de séquences marchent sans problèmes mais réclament quand même un temps de compilation conséquent sur les effets. Les prochaines versions du driver de la carte devront s’attacher à réduire ces temps de calculs pour optimiser le rendement de l’AV Master et la productivité des utilisateurs. On aimerait aussi comme sait le faire la Miro DC20 pouvoir balayer les pistes à la souris en disposant d’une sortie vers le moniteur pour plus de rapidité dans ce mode de Preview. Notez qu’un logiciel de création de titres en 3D Crystal Flying Font est inclus dans l’offre AV Master.

Essais en Béta

Tests réalisés en Béta SP avec le concours du producteur d’un magazine TV. Le résultat démontre une qualité étonnante exempte des fourmillements caractéristiques d’une compression insuffisante.

Les images traitées avec l’AV Master ont servi pour un générique qui accompagne désormais l’émission Tempo Star de Gilles Aumaître sur CFI (Canal France International). Bref, même en l’absence de traitement des signaux YUV, l’AV Master semble répondre à des exigences Broadcast en terme de qualité finale.

Pour être totalement heureux en montage vidéo sous Windows pour les solutions mono cartes abordables, on a encore besoin de plusieurs choses : la lecture directe à partir des pistes de montage réduisant la compilation aux seuls effets spéciaux et transitions (économies de temps et d’espace disque dur !), la gestion de plusieurs Giga de disques durs pour la production de films plus longs qu’un simple vidéoclip, des prises de pilotage intégrées aux cartes vidéo (RS-422, Lanc et autres…), voire une extension optionnelle pour le traitement des signaux YUV… Les drivers pour Windows NT sont en préparation chez Fast, ceux-ci amélioreront entre autres la gestion de la vidéo sur plusieurs Go de disques durs.

En Bref

Avec l’AV Master – premier produit de la gamme Master Line – les vidéastes exigeants peuvent atteindre une qualité d’image pour un prix grand-public. Prochain épisode : les cartes à entrée numérique… Concours d’automne pour plusieurs fabricants !

Caractéristiques Fast AV Master

Carte
  • Fast AV Master sur Bus PCI, transfert de données audio/vidéo en mode Bus Master et synchronisation par DSP (Digital Signal Processor).
Compresseur
  • Zoran/Fast.
Compression/Décompression
  • MJPEG au format YUV 4:2:2. 16,7 millions de couleurs.
Débit
  • Taux de compression jusqu’4:1 (5,5 Mo/s) pour un Bus PCI 33 MHz (processeur Intel 100 et 133).
Enregistrement/lecture
  • 768 x 576 (50 trames en Pal/Secam), Buffer de 512 k DRAM.
Standards vidéo
  • Pal/Secam/NTSC en entrée, Pal/NTSC en sortie.
Entrées/sorties vidéo
  • Composite Cinch et Y/C
Entrée/sortie audio
  • Jack 3,5 mm.
Logiciels
  • Drivers AV Master, Vidéo Editor (Media Studio 2.5 U-Lead version allégée), générateur de titres 3D Crystal Fonts LE.
Prix (Juillet 1996)9900 F (1509 €)

Les Plus

  • La synchro audio/vidéo parfaite.
  • Le taux de compression réduit.
  • Le Media Cache pour optimiser la lecture.
  • La qualité pro à un prix abordable

Les Moins

  • 200 Mo la minute de vidéo en compression 5:1.
  • Des temps de compilation à améliorer.
  • L’absence de sortie vidéo en mode Scan à la souris (Driver 1.00.15).
  • Pas d’entrées/sorties YUV pour le Béta SP

Cartes de numérisation concurrentes

CV96