JVC GR-DVF1 & DVF10

Les JVC GR-DVF1 et GR-DVF10 résultent d’un compromis performances-prix intelligent. De fait, avec leurs étiquettes-chocs, 6.990 F et 7.990 F, ils démocratisent le caméscope numérique.

Danielle Molson – mars 1999

JVC GR-DVF10

Premier constructeur à avoir lancé un DV miniature sur le marché (GR-DV1), JVC était jusqu’ici resté fidèle aux camescopes lilliputiens à architecture verticale. Les GR-DVF1 et GRDVF10 rompent avec ce parti pris. Affichant un look classique, ils possèdent les dimensions d’un modèle de poing, un peu plus gros que la moyenne DV. Normal, pour serrer ses prix, le constructeur a doté ses petits derniers de la même carrosserie que celle de sa nouvelle gamme analogique. D’où des économies d’échelle. Quant au reste, on retrouve quasiment toutes les caractéristiques d’un DV bon teint, excepté la batterie Li-Ion (Nickel-Cadmium ici) et surtout la sortie DV, qui aurait permis la copie de DV à DV sans perte. Pour le reste, les deux appareils se ressemblent furieusement. Seule différence : le GR-DVF10 possède un écran, le GR-DVF1 non.

Connectique et montage

C’est bien sûr l’absence de sortie DV qui frappe d’abord, il faudra donc se contenter des prises Cinch et Y/C. Cela dit, le connecteur numérique sert uniquement à obtenir des copies sans perte sur enregistreur DV (encore rares) et certains systèmes de montage virtuels. De plus, rappelons qu’en passant par la prise Y/C, on peut parfaitement copier ses images sur un enregistreur DV, au prix, il est vrai d’un légère dégradation, négligeable pour des yeux non avertis. La prise JLIP assure la synchro édition avec les magnétoscopes de la marque et la compatibilité avec le logiciel de montage par pilotage informatique, optionnel. Celui-ci permet notamment de travailler avec beaucoup de précision, puisqu’il exploite le time code smpte enregistré sur les appareils. Mais les derniers JVC possèdent d’origine, comme le reste de la gamme, le montage mémorisable de 8 séquences via la télécommande, avec insertion possible d’effets numérique et de transition entre les scènes, fondu-enchainé et volets inclus. L’assemblage est moins précis, qu’avec le logiciel, mais reste très fonctionnel.

Connectique JVC-GR-DVF10

La télécommande, gérant de nombreuses marques de magnétoscopes, offre un bon choix coté enregistreur.

Le test

Ergonomie

Si les DVF1/DVF10 se laissent distancer par les minis pour la transportabilité, ils se rattrapent au tournage. Pratiques et agréables à utiliser, ils tiennent bien en main et se révèlent équilibrés. De plus, ils voient le monde en couleurs. Cela dit, la structure en nid-d’abeilles du viseur nous a paru assez perceptible. D’où une préférence pour le DVF10 et son écran.

Avec 6,35 cm de diagonale et 110.000 pixels, celui-ci paraît plus réduit que ne le laisse prévoir la taille du camescope. Mais, en dépit d’une tendance à afficher un peu trop d’indications à notre goût, il s’avère assez lumineux et surtout très fonctionnel sur le terrain.

Stabilisateur

Le stabilisateur numérique ne recadre pas puisqu’il exploite un capteur de 540 000 pixels. ll ne dégrade pas une image bien éclairée, mais l’obscurcit en basse lumière. D’une efficacité anti-bougeotte moyenne, il se révèle en revanche assez fluide lors de panoramiques. Très pratique, il se débraye via un bouton-poussoir. Un net progrès par rapport aux stabilisateurs  numériques des autres marques (Canon excepté) exigeant un fastidieux passage par le menu. Notez que ce débrayage reste opérationnel lorsque l’appareil fonctionne en tout auto, ce qui n’était pas le cas sur de précédents DV JVC.

Autonomie

Gros point noir de ce modèle, une autonomie plutôt courte : 20 à 30 minutes environ. Et ce, sans trop utiliser la torche ou l’écran. Une limite due à l’adoption de batteries Nickel Cadmium de capacité inférieure à celle des Lithium-Ion à volume égal. Cela dit, cet inconvénient se contourne par l’acquisition de la batterie optionnelle Nickel Metal Hydrure (NiMH), environ : 350 F. L’autonomie de cette dernière atteint les 2 h et elle possède les mêmes avantages que le Lithium-Ion : compacité et absence d’effet mémoire. Autre solution, le kit NiMH haute capacité (ceinture), tutoyant les 7 heures.

Télécommande

Télécommande JVC-GR-DVF10

Très complète, calquée sur celle des autres DV, la télécommande miniature s’avère indispensable aux opérations de montage et de doublage son. Elle offre par ailleurs les modes de lecture spéciaux nécessaires : pause, ralentis, accélérés, etc.

Objectif

Les GR-DVF1/10 intègrent un zoom optique ×16. Un bon ratio pour un DV de dernière génération. La focale la plus courte équivaut à peu près à un 37 mm photo, donc pas de semi-grand angle. Outils complémentaires, les zooms numériques : ×64, toujours activé en mode tout-auto, et ×160. Ils sont disponibles indépendamment dans le menu. En règle générale, il convient de se méfier des zooms numériques, qui dégradent l’image en grossissant chaque point. Ici, le lissage par interpolation de pixels atténue cet effet et conserve une image « regardable » si l’on se garde de trop l’amplifier. De toute façon, mieux vaut éviter l’option ×160, sauf à vouloir produire un effet spécial. Solution intéressante : rester en zoom optique et exploiter le zoom numérique ×10 en lecture, pour insister sur un détail. Signalons au passage, les vitesses variables du zoom et la rapidité maxi du zoom optique, qui correspond à un peu plus de deux secondes. A noter, la fonction Télémacro, servant à grossir un objet proche, dès 60 cm.

Automatismes Et réglages

Pour un usage courant, les GR-DVF1/10 se débrouillent très bien en mode «tout-auto». L’autofocus efficace, nous a paru supérieur à ceux des petits frères miniatures de la marque, malgré une petite tendance au pompage en longue focale et en basse lumière. La balance des blancs ne réserve pas de surprises désagréables. Elle réclame, naturellement un temps d’adaptation lorsque l’on change de conditions d’éclairage (intérieur-extérieur) : rien d’anormal à cela. Une riche palette de débrayages existe pour ceux qui souhaitent maîtriser leurs images : mise au point, exposition (+6/- 6), balance des blancs (3 préréglages, auto ou manuelle). Ajoutez un obturateur rapide (1/50, 1/100, 1/250, 1/500 s) et trois vitesses lentes. On accède aux différents réglages par deux menus principaux, l’un disponible par une molette (focus, bdb, etc.), l’autre par un bouton (modes d’enregistrement audio, etc.). Pas franchement pratique. Par ailleurs, comme la molette sert à valider dans tous les cas ; résultat on s’emmêle parfois les pinceaux en passant d’un menu à l’autre. Solliciter des menus pour activer mise au point ou exposition se concevait dans la logique d’hyper-miniaturisation des mini DV, mais on comprend moins la nécessité de ce choix sur un modèle classique.

Effets

Comme tous les DV de la marque, ces deux modèles font beaucoup d’effets. Aux filtres sépia et monotone, s’associent la stroboscopie et une allure saccadée de film ancien. Se greffent à tout cela 18 volets et fondus disponibles, avec certains filtres, en lecture. On retrouve un mode 16:9 (Squeeze) et un Cinémascope (bandes noires en haut et en bas). Côté photo, outre l’habituel gel de 7 secondes avec continuité sonore, on trouve diverses options avec cadre blanc, cadre blanc avec ombre et multi-image de 4 ou 9 vues successives. Le bruit du déclenchement et le volet de l’obturateur accompagnent le plus souvent ces vues fixes.

Image et son

Une belle qualité d’image offrant une définition autour de 450 points-ligne, un peu inférieure par conséquent aux maxima du DV. Avec un bon éclairage, les couleurs sont franchement superbes et le rapport signal/bruit excellent. Les rouges peuvent saturer légèrement sur les plans larges, mais non sur des cadres plus serrés.

La sensibilité n’est pas très fameuse, DV oblige. On apprécie donc l’option Gain AGC qui augmente le gain dès que les conditions le réclament. Avec un éclairage critique, pour éviter un résultat trop bruité, recourez à la vitesse d’obturation lente (1/25 s). Elle éclaire la scène, mais imprime une légère stroboscopie en cas de mouvement de caméra ou sur les actions très rapides du sujet. Meilleure solution pour les tournages dans un rayon limité : la torche, accessoire absent des autres DV et initiative intelligente de JVC. A noter : le double mode d’enregistrement SP et LP. Rappelons que ce dernier augmente la durée des cassettes de 50 % sans dégrader l’image. L’enregistrement audio en 16 ou 12 bits figure au programme, pour une qualité sonore plus ou moins haute. Comme sur la quasi totalité des DV, on distingue des bruits de fonctionnement, surtout dans les ambiances paisibles. Mais, ceux-ci ne nous ont pas semblé plus flagrants que sur les autres camescopes. Une entrée micro permet de s’en affranchir en connectant certains micros optionnels. A noter enfin, les possibilités de doublage son, via l’entrée micro et la télécommande.

Menus

Le menu donnant accès aux réglages, mise au point, exposition, balance des blancs, fondus, volets, effets, s’obtient en actionnant la molette (1). La touche Menu (2) affiche d’autres paramétrages : mode d’enregistrement, zoom ×16, ×64, ×160, gain, modes d’enregistrement audio 32 ou 48 kHz, etc.

Menus JVC GR DVF10

La vitesse d’obturation lente exploitable en tournage (1/25 s) s’active à partir de Gain Up (2), on accède aux deux autres, plus « éclaircissantes » mais aussi plus stroboscopiques, dans le sous-menu des effets (1).

Caractéristiques JVC GR-DVF1/GR-DVF10

  • Capteur : 1/4 de pouce 540.000 pixels.
  • Objectif : Zoom ×16, 3,9- 62,4 mm. Zooms num. ×64, ×160.
  • Mise au point : Auto et manuelle.
  • Exposition : Auto et manuelle.
  • Balance des blancs : Auto et manuelle.
  • Visée :
    • Viseur couleurs 0.55 pouces.
    • Écran couleur 6.35 cm de diagonale.
  • Standard : Pal.
  • Format : DV.
  • Audio : Stéréo numérique PCM bits 48 kHz ou 12 bits 32 kHz.
  • Autres fonctions : Stabilisateur numérique. Double vitesse d’enregistrement. Zoom num. ×10 en lecture. Doublage audio. Effets en lecture et enregistrement : sépia, noir et blanc, stroboscope, film classique. En enregistrement seulement : cinéma, obturateur lent. Transitions : fondu au noir, enchaîné, en noir et blanc, en mosaïque, en glissière, effacé en volet; volet à partir d’un coin, d’une fenêtre, en défilement, sélection aléatoire. Cache objectif incorporé. Torche automatique. Montage 8 séquences. Modes Photo. Prise JLIP, entrée micro. Filtre coupe-vent.
  • Prix indicatifs : 6.990 F (1.066 €) (GR-DVF1), 7.990 F (1.218 €) (GR-DVF10).

Verdict

Ces DV ne s’adressent pas aux experts soucieux de maîtriser facilement tous les réglages, mais à un public au budget limité, cherchant une qualité d’image élevée, les avantages du DV et de bonnes performances. En un mot, une alternative abordable aux S-VHS-C et Hi-8. La sortie prochaine de modèles au nouveau format numérique Digital 8 relativise partiellement l’impact de ces prix, exceptionnels pour du DV.

Les plus

  • Le prix sans équivalent.
  • La torche automatique intégrée.
  • Les nombreux réglages.
  • Le montage par mémorisation de séquences.
  • Les effets en lecture et le zoom numérique en lecture.

Les moins

  • Pas de prise DV.
  • La taille de l’écran par rapport à celle du camescope.
  • L’autonomie limitée et la batterie fournie Ni-Cd.
  • L’accès peu pratique aux réglages.

CV 125