JVC GR-DVL9000

JVC a décidé d’attendre le printemps 98 pour lancer une offensive d’envergure. On trouve ainsi un modèle DV qui rompt avec le concept de camescope numérique précédents tout en offrant, enfin, une prise IEEE 1394 pour la sortie d’un signal DV.

Jean-Pierre Challot – mai 1998

JVC GR-DVL9000

Si les camescopes DV de la marque arboraient tous un design vertical, le JVC GR-DVL9000 abandonne cette forme pour retrouver un look plus classique. Conjointement à un viseur couleurs, ce mono-CCD incorpore un vaste écran LCD de 10 cm. Résultat, un léger embonpoint par rapport au DV1. Une prise FireWire IEEE 1394 apparaît enfin sur un camescope DV JVC, permettant ainsi les copies sur magnétoscope DV (ou via une carte d’acquisition DV) sans perte de qualité ! Deux autres points sont à noter : l’utilisation d’un CCD de type Progressive Scan ainsi qu’un interfaçage direct avec tout ordinateur de type PC.

Ergonomie

La simplicité d’emploi du JVC est au rendez-vous, puisque le mode A (tout automatique) ne suscite aucune intervention de l’utilisateur. Aucun problème également concernant la transportabilité : sa compacité et ses 670 g permettent de l’emporter partout. Côté cadrage, le seul souci sera de choisir entre viseur et écran LCD. Le premier, doté de 113 000 pixels, délivre une belle image aux couleurs plutôt douces, qui permet le contrôle du bon équilibre chromatique ainsi que le réglage de la mise au point. Si le viseur se révèle pratique à l’usage, il ne se démarque guère de ceux des autres camescopes haut de gamme.

Viseur JVC GR-DVL9000

En revanche, une mention spéciale à décerner à l’excellente qualité de l’écran LCD ; non seulement l’image est de grande taille, mais contraste, couleurs et netteté sont au top de ce qu’il est actuellement possible de réaliser en matière d’écran LCD. Ses 112.000 pixels assurent un affichage parfait de l’image, même en haute lumière ambiante. Son orientation multidirectionnelle permet des autoportraits saisissants, voire des angles insolites, à la manière des premiers reflex 6 × 6 (plongée, contre-plongée, viseur de poitrine).

Comme les camescopes haut de gamme, le JVC GR-DVL9000 utilise des batteries Lithium-Ion. En enregistrement continu, JVC assure près de 100 mn avec le viseur et 80 mn avec l’écran LCD. Dans la réalité, on peut tabler sur environ 60 % de ces valeurs. A noter que pour les gros utilisateurs, JVC permet de fixer sous le GR-DVL9000 un pack batterie supplémentaire, doublant quasiment l’autonomie.

Tête de caméra

JVC a intégré un CCD ¼ de pouce de 450.000 pixels à son modèle DV. Mais ce n’est pas tout, ce capteur est de technologie Progressive Scan. Au lieu que chaque image soit composée d’une trame paire et impaire (chacune étant différente de la précédente d’ 1/50 s), le GR-DVL9000 divise la première trame en deux images complémentaires. Quelle influence sur les images ? Enregistrées dans ce mode, celles-ci bénéficient d’une plus grande netteté. Idéal pour les arrêts sur image ou le mode Photo. Dans ce cas, on obtient une définition supérieure.

En revanche, lorsqu’on filme des sujets en déplacements rapides, on constate une légère décomposition ou effet stroboscopique à la lecture. Rassurez-vous, le Progressive Scan n’est pas validé par défaut, mais via un déclencheur spécifique. Autre point, le zoom de ce camescope correspond environ à un 43-430 mm photo ; on est loin d’une véritable position grand angle. Le zoom optique ×10 est complété par des ×40 et ×100 numériques. Si JVC utilise ici un procédé de lissage par interpolation, il est préférable de ne jamais recourir aux grandissements extrêmes. En outre, le zoom dispose de différentes vitesses très pratiques à utiliser.

Réglages et automatismes

JVC destine principalement ce modèle DV aux utilisateurs sans-souci. Cependant, ce camescope ne manque pas de réglages manuels. Mais on doit recourir aux différents menus. Principal inconvénient, si l’on peut désactiver l’ensemble des automatismes, le passage de l’un à l’autre oblige un retour aux menus, l’unique molette ne paramétrant que la dernière fonction utilisée. Dans ces conditions, difficile de régler simultanément exposition, netteté et balance des blancs ! Quant à l’obturateur, il se cache parmi les différents effets spéciaux que l’on peut affecter à une prise de vues.

JVC GR-DVL9000

L’autofocus est précis, même en basse lumière, et suffisamment rapide pour ne pas pomper à outrance. La mise au point minimum étant variable suivant la focale, elle affecte même le zoom en revenant à une focale plus large, si l’on se trouve en dehors de la plage de netteté. Quant à l’exposition, bonne dans la plupart des situations, avec une légère tendance à la sous-exposition, notamment lorsqu’une lumière vive occupe une petite partie du cadre. Et comme la touche Contrejour brille par son absence, il faut recourir à la correction d’exposition, à moins de modifier légèrement son cadre ! Sinon, la balance des blancs automatique donne entière satisfaction même en éclairage mixte. En revanche, lors d’un passage intérieur/extérieur, un temps de latence provoque quelques surprises. Quant à la sensibilité, l’ouverture à f/1,2 de l’objectif permet de filmer en basse lumière sans jouer sur la vitesse d’obturation lente (1/25 s), que l’on réserve aux scènes très peu éclairées. Le contrôle automatique du gain, débrayable, réagit très bien et la granulation se fait discrète.

Stabilisateur

Miniaturisation oblige, la stabilité des prises de vues en longue focale reste très aléatoire. Pour y remédier, JVC a doté son petit dernier d’un stabilisateur numérique (la taille de l’objectif interdisant le stabilisateur optique), il remplit son rôle avec succès. Deux bémols : il recadre l’image et son efficacité en très longue focale est loin d’être parfaite. Mieux vaut alors se contenter du zoom ×20 (un 860 mm tout de même !).

Image

En mode tout auto ou après réglage manuel de différents paramètres, le JVC GR-DVL9000 fournit une belle image, nette et bien définie. La colorimétrie est bien respectée, les couleurs sont fidèles, notamment les teintes chair. En balance des blancs auto, on constate sur certaines scènes une dominante froide, qui donne un côté blafard aux visages. A choisir une dominante, mieux vaut qu’elle soit légèrement chaude. A l’instar des camescopes mono CCD, le Smear est présent, si ce n’est excessif. Attention à toute source lumineuse dans le cadre, on aperçoit alors de grandes raies vertes barrer l’image verticalement. Pour les vidéastes qui ont besoin d’une très longue durée d’enregistrement, il est possible de passer en mode LP, allongeant ainsi de 50 % la durée des cassettes (90 mn pour une DV60).

Son

Le JVC dispose bien sûr du son stéréo. On peut choisir entre deux qualités : 48 kHz/ 16 bits ou 32 kHz/12 bits. Si la première solution donne les meilleurs résultats, certains préféreront le deuxième réglage. C’est ce dernier mode qui permet le doublage son, puisque l’on dispose de 4 canaux mono indépendants. Si l’extrême miniaturisation du micro laisse perplexe les audiophiles, on doit reconnaître que les fabricants ont réalisé de nets progrès dans ce domaine.

Non seulement le son est de bonne qualité, avec un relief correct, il est en plus dépourvu de tout bruit interne, moteur d’autofocus, de zooming ou d’entraînement de la bande. Bref, un bon son. Pour ceux qui souhaitent néanmoins utiliser d’autres types de micro (zoom, cravate, HF), il existe un mini Jack prévu à cet effet. En revanche, aucun moyen de régler manuellement les niveaux d’enregistrement audio. Un casque remplace avantageusement le haut-parleur intégré pour avoir une idée précise du message sonore enregistré.

Connectique

Connectique JVC GR-DVL9000

Pour la première fois on trouve une sortie DV IEEE 1394 sur un camescope JVC. De plus, pour relier une télévision ou un magnétoscope analogique, un connecteur mini Jack 3 contacts laisse transiter les signaux vidéo et audio stéréo et fait également office de prise casque.

Montage

Depuis longtemps JVC dote ses camescopes de fonctions de montage particulièrement évoluées et le DVL9000 ne déroge pas à la règle. On trouve deux connecteurs de montage : JLIP et Synchro JVC.

Prise montage JLIP JVC GR-DVL9000

Le premier se destine au raccordement d’un magnétoscope équipé de cette même prise ou d’un ordinateur (via sa prise RS-232) pour du montage assisté. Dans ce cas, la seconde prise (Synchro JVC) servira au raccordement d’un magnétoscope JVC pour du montage synchronisé. Une alternative toutefois pour les possesseurs d’un magnétoscope d’une autre marque : il suffit de raccorder la prise Synchro JVC du camescope à la prise Synchro de la télécommande du JVC GR-DVL9000. Celle-ci commande alors le magnétoscope enregistreur, par faisceau infrarouge. Dans le cas de montage synchronisé, il est possible de mémoriser jusqu’à 8 séquences tout en affectant des effets spéciaux ces dernières : volets, fondus … Bien entendu, la précision du montage est assurée par la gestion du time code spécifique au format DV (SMPTE). Comme tout appareil de ce format, le GR-DVL9000 procure de parfaits arrêts sur image. Mais ce camescope se différencie des autres appareils DV par un kit logiciel très complet: JLIP Video Capture et JLIP Video Producer. Il est ainsi possible, par connexion à la prise RS-232, de transférer des images fixes dans un ordinateur ou effectuer des opérations de montage variées. Nous reviendrons sur ces différentes fonctions.

Effets spéciaux

Comme sur la plupart des camescopes récents, le JVC GR-DVL9000 possède différents effets spéciaux. Un intervallomètre assure des prises de vues de durée constante : on a le choix entre 5 s et 1/8 s, pratique pour les films d’animation. Ensuite, on dispose de toute une palette de fondus et volets, dans différents sens et couleurs, tant à l’ouverture qu’à la fermeture. Les modes Twilight (coucher de soleil), sépia, noir et blanc, cinéma, stroboscope ou écho vidéo permettront aux vidéastes de développer leur créativité. Le GR-DVL9000 propose bien sûr un mode Photo. JVC a peaufiné cette possibilité en offrant 6 modes différents : photo avec ou sans marge blanche, avec ombre, album 4 ou 9 images et négatif. Les prises de vues fixes peuvent être prises en rafales, à un intervalle de 0,7 s environ. Bien sûr, ces photos profitent de la technologie Progressive Scan (sauf modes albums) : qualité et netteté supérieures sont au rendez-vous.

Verdict

Destiné aux amateurs d’images de qualité sans être experts en technique, le DVL9000 possède de nombreux atouts. Dans une utilisation familiale, il donnera entière satisfaction. La liaison avec un ordinateur rendra service à  tous ceux qui souhaitent se servir du mode Photo ou de ses fonctions de montage évoluées. Un concurrent sérieux au Panasonic NV-DS5.

Caractéristiques JVC GR-DVL9000

Camera

  • Capteur : mono-CCD, ¼ de pouce, 450.000 pixels de type Progressive scan.
  • Objectif : f/1,2 5-50mm,  numérique ×40 et ×100.
  • Mise au point : Autofocus débrayable.
  • Obturateur :  Automatique, débrayable (1/25 à 1/500), gain automatique (AGC).

Magnétoscope

  • Standard : Pal.
  • Format : DV.
  • Vitesses : SP/LP.
  • Audio : 48 ou 32 kHz, 12 ou 16 bits.
  • Connectique A/V : Entrée micro stéréo, sortie DV (IEEE 1394), Y/C (Ushiden) et A/V par mini Jack, prise casque.
  • Autres fonctions : Stabilisateur numérique, doublage audio, mode 16/9, mode Photo, effets numériques, mode montage informatisé, liaison ordinateur par RS-232, prises de montage JLIP et Synchro JVC, retardateur.

Les plus

  • Image : Netteté, couleurs et contraste sont au rendez-vous. Du très bon DV mono-CCD.
  • Ecran : Grand (10 cm) et orientable, restitue une image fine et bien détaillée tout en autorisant des angles de prise de vues insolites.
  • Montage : Différentes fonctions de montage évoluées, notamment via un ordinateur.
  • Sortie DV IEEE1394 : Enfin disponible sur un camescope JVC au format DV !

Les moins

  • Débrayages : Le réglage manuel des différents paramètres de prise de vues n’est guère pratique.
  • Stabilisateur : De type numérique, il dégrade légèrement l’image, et son efficacité reste discutable sur les longues focales.
  • Audio : Aucune possibilité de réglage manuel des niveaux sonores.

Rivaux

Panasonic NV-DS5EG

Dans une gamme de prix identiques, on trouve des camescopes DV à écran couleur dans différentes marques. Sharp et son VLDC3S offre un confort d’utilisation équivalent, sans posséder cependant de connecteur de montage (13.000 F). Chez Sony, le DCR TRV-7 reprend les avantages du JVC en dehors du réglage manuel de la balance des blancs et de l’obturateur (15.000 F). Chez Canon, le MV1 offre l’avantage d’un stabilisateur optique et d’un concept novateur, avec toutefois un écran plus petit et moins mobile (15.000 F). Enfin, le Panasonic NV-D55 se rapproche le plus du JVC avec sa connexion directe à un ordinateur (16.000 F).

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