Miro DC 20

Miro DC20Une carte de numérisation pro à prix peu élevé pour le montage virtuel sur PC ? Les uns salivent, les autres restent dubitatifs. Taux de compression maxi de 5:1 et image double trame plein écran.

Le premier essai de la Miro DC20 confirme les qualités globales du produit. Ceux, qui regardaient le montage numérique comme un gadget restituant une image approximative ou un luxe exorbitant pour professionnels fortunés, devront réviser leur jugement.

Par Sylvain Pallix – Octobre 1995

L’électronique vaut tout et rien selon la vieille loi de l’offre et de la demande. Si certains progrès coûtent les yeux de la tête, d’autres s’appuient sur le développement massif d’une technologie. L’ordinateur puissant cesse donc d’être un objet de pur luxe pour séduire une génération d’utilisateurs titillés par les promesses d’un multimédia salvateur pour tous. Le vidéaste y trouve désormais un compagnon pour la création audiovisuelle. Et si les pros bénéficient aussi de progrès à la hausse, l’équipement informatique grand public sort de son statut d’outil aux résultats approximatifs pour offrir du montage fiable à l’image près. Le tout associé à un traitement des effets spéciaux et du son d’une richesse élevée. Pentium aux prix compressés, disques durs abordables, logiciels pointus… La chaîne de l’image a encore son prix mais le rêve n’est plus inaccessible. La Miro DC20 entend donc s’adresser aux amateurs exigeants, structures de production ayant des besoins institutionnels ou œuvrant dans le multimédia, enfin, réalisateurs indépendants.

Installation

La carte surprend par sa compacité comparativement à la DC1. Elle s’installe sur un Bus PCI. Disponible sur Pentium et quelques 486, le PCI est un Bus véloce pour le traitement des informations à hauts débits. Sur le principe Plug and Play (je branche et ça marche), l’installation de la DC20 ne devrait pas poser de problèmes majeurs aux futurs utilisateurs. L’essai ayant été réalisé dans des conditions précipitées peu avant le bouclage de ce numéro et avec une carte de présérie, il restera un certain nombre de questions sur lesquelles nous reviendrons dans un proche avenir.

Numérisation

Une fois l’interruption calée, proposée par l’ordinateur ou définie par l’utilisateur, on peut contrôler les performances du bus PCI. Ensuite, sur le panneau suivant, tester le taux de transfert de ses disques durs pour choisir le plus rapide. La machine de test possédait un 4 Go Micropolis AV en Fast SCSI 2. Le ratio des résultats en lecture-écriture combiné aux performances globales de la machine (processeur + carte mère) donnera le taux de transfert idéal au moment de la numérisation. Le magnétoscope ou camescope se connecte en S-Vidéo ou en composite sur l’arrière. Idem pour le moniteur ou téléviseur de contrôle et le magnétoscope en retour. Caméra en transmission directe ou magnétoscope, les choix de standard et de format (Pal, Secam, VHS, S-VHS) accompagnent les réglages traditionnels de l’image (contraste, luminosité, couleur). Avec le package d’origine, deux softs pour attaquer la numérisation : le système d’acquisition intégré à  Premiere 4.0 LE ou le module VidCap 32 (livré d’origine) pour tirer pleinement parti de Windows 95. La numérisation peut se faire en mono ou double trame dans la résolution de son choix. A noter l’option 16/9 pour ceux qui souhaiteraient capturer des images dans ce format. Premiere sait s’adapter à ce type d’image qui ne respecte pas le traditionnel rapport 4/3.

Montage

Miro DC20 MontageMonter des séquences vidéo sur Adobe Premiere reste un jeu d’enfant et la DC20 a été optimisée pour travailler avec ce logiciel. Malgré le volume de données largement supérieur à la DC1, les rushes se manipulent avec la même aisance. Ceux qui utiliseront le mode 768 x 576 double trame devront songer à reporter ces informations lors de la compilation des films. Adobe propose toujours de finaliser sur l’une des deux trames ou sur les deux. Toute modification dans la taille de l’image en sortie aurait pour effet de ralentir la compilation, chaque image devant être alors  recalculée. Habitué à l’affichage saccadé de la vidéo sous Windows à partir d’une vidéo en MPEG, le résultat est ici surprenant. Comme prévu lors des premières annonces : la carte accélère le transit de la vidéo pour porter un débit normal de l’image vers Windows. Inutile alors de se ruer vers une carte VGA assurant l’incrustation pour contrôler sa production sur l’écran de travail. Il faut toutefois préciser que pour accéder à cet affichage, il faut annuler le choix de l’option de sortie vidéo vers le moniteur de contrôle final ou téléviseur.

Résultat

Instant crucial : la qualité des images montées sous Premiere est-elle au-rendez vous ? La déperdition est-elle minime ? Le test effectué avec du Hi-8 (magnétoscope Sony EVC 400) est étonnant et les plus allergiques au montage numérique demanderont à voir. Lecture en direct d’un rush sur moniteur confronté aux images montées : l’œil retrouve la qualité globale des images filmées. La numérisation initiale en double trame plein écran fournit donc des images riches et détaillées exemptes des saccades dans les panoramiques et images contenant des objets en mouvement rapide inhérentes à la numérisation monotrame. Il faut noter que le mariage d’une DC20 avec un Pentium 90 et un disque SCSI 2 Micropolis AV ne permet pas d’utiliser la compression au maximum de sa qualité dans cet essai effectué sous Windows 3.11.

D’autres tests resteront à effectuer puisque nous n’avons pu utiliser le driver sous Windows 95. Test d’autant plus important que les accès disques sont nettement plus performants avec la nouvelle interface de Microsoft. Les tests complémentaires autour d’une station, d’une DC20 de série et ses drivers finalisés apporteront les éléments de réponses manquants. On pourra alors aussi savoir si cette qualité optimisée peut flirter avec des normes Broadcast. Miro ne place d’ailleurs la barre qu’au niveau d’exigences professionnelles autour du S-Vidéo (Hi-8 et S-VHS). Un niveau de performances déjà idéal pour une majorité de vidéastes et de professionnels confrontés à de la production institutionnelle et multimédia.

Les cartes abordables dédiées au traitement de la vidéo faisaient sourire les exigeants possesseurs d’une mini régie en S-VHS, U-Matic ou BVU… voire Béta. La Miro DC20 débarque à peine plus  d’un an après l’arrivée de la DC1 sur le marché. Une qualité très en hausse pour un prix largement inférieur à celui affiché par la DC1 lors de ses premiers mois de commercialisation. Du double  trame plein écran (758 x 576) pour 7490 F TTC (1142 €) avec un package logiciel de premier ordre dont Premiere 4.0 LE, le rapport qualité-prix est indéniable.

Version PC pour commencer, version Mac grâce au bus PCI adopté par l’univers Apple, la Miro DC20 entend relever le défi de la DC1 : être un bestseller sur le marché. Il sont plus de cinq mille à l’avoir adoptée en France. Trop cher ? La DC1 version Plus, aux caractéristiques techniques identiques à la précédente version, entend rallier les suffrages des petits budgets. Avec Adobe Premiere  4.0, elle est proposée à 2990 F TTC (456 €) .

En bref

Inclure en résidents Premiere 4.0 LE et Photoshop 2.5 LE est une idée géniale qui fait économiser quelques espèces sonnantes et trébuchantes. Mais, ce qui importe le plus : elle est rapide en affichage et aime bien le 16/9. En revanche, elle est boulimique côté disque dur.

Les Plus

  • Qualité : Elle fera succomber les vidéastes soucieux de retrouver en sortie une spécificité S-VHS de haut niveau.
  • Rapidité : La vélocité de la DC20 à l’affichage est surprenante. On peut jouer du 25 i/s sur la couche VGA sans disposer d’une carte
    spécifique gérant l’incrustation (Overlay).
  • Logiciels : Adobe Premiere 4.0 LE livré en standard avec Photoshop  2.5 LE permettant la retouche image par image. Le Secam utilisable en capture.

Les Moins

  • Gourmandise : 16 Mo de RAM mini pour le fonctionnement avec Adobe Premiere. Le volume de stockage inhérent à la qualité qui exigera de gros disques durs de 4 Go et plus. La déconnexion  obligatoire de la sortie vidéo vers le moniteur de contrôle pour disposer de la vidéo sur le moniteur informatique en l’absence de carte d’affichage gérant l’Overlay. L’absence de Secam en sortie

Caractéristiques Miro DC20

  • Carte de compression/décompression : MPEG Bus PCI
  • Processeur : Zoran ZR36050.
  • Encodeur-décodeur : Philips SAA 7110 et SAA 7187.
  • Entrées/Sortie : S-Vidéo et composite (Sortie simultanée sur les deux).
  • Standards : Pal, Secam, NTSC en entrée. Pas de Secam en sortie.
  • Couleurs : 16 bits RVB et 24 bits RVB.
  • Format d’acquisition : Maxi 758 x 576 double trame.
  • Taux de compression : de 100:1 à 5:1.
  • Réglages : Couleurs, contraste, luminosité, dimension de l’image, taux de compression et nombre d’images secondes…
  • Logiciels fournis : Adobe Premiere 4.0 LE, Photoshop 2.5 LE, 3D-FX.
  • Prix Indicatif : 7490 FF TTC (1142 €)

Rivaux

Pour environ 2 000 F de moins, la FSP 60 de Fast a ouvert le bal des cartes double trame abordables. La qualité des images est très séduisante mais la double trame de cette dernière ne joue pas sur la totalité des informations du signal vidéo. Excellent produit pour toutes sortes d’usages mais en deçà des désirs des vidéastes maniaques et de ceux qui veulent jouer dans la cour des pros sans y laisser leur chemise. Au-dessus, les premiers produits disponibles sur le marché pour accéder au plein écran double trame (acquisition/restitution) attaquent aux alentours de 30 000 F H.T. Dans cette gamme de prix, on notera la VidéoVision pour Mac (Radius), le Perception Vidéo Recorder pour PC ou la Targa 2000 pour Mac et PC (Truevision). Ces deux dernières sont Broadcast et proposent les connecteurs appropriés.

Quelle machine pour la Miro DC20 ?

Certains 486 DX disposent d’une carte mère à Bus PCI. On peut également changer celle de sa machine pour un investissement entre 1 500 et 2 500 F selon modèle. Mais même avec des disques durs véloces, il paraît difficile de se rapprocher des performances d’un Pentium haut de gamme. Il faudra attendre quelques semaines pour que Miro France puisse apporter des informations complémentaires. Si la carte des tests en version Alpha demandait une configuration particulière sur un Pentium 90 doté d’une carte mère Triton, Miro confirme que la DC20 disponible à la publication de cet article conviendra à la majorité des machines du marché. Aux 100 Mo la minute stockée,  donnée variable selon le taux de compression, de gros disques durs sont nécessaires. 16 Mo de RAM seront le minimum pour faire tourner Adobe Premiere dans de bonnes conditions et le disque  de stockage vidéo Fast-IDE ou Fast SCSI ne saurait faire moins de 1 Go.

CV 87