Panasonic WJ-MX12

Panasonic wj-mx 12Cette virtuose de la couleur se flatte de vous faire entrer de plain pied dans la vidéo de création. N’y peuvent cependant rêver que les possesseurs d’un matériel de post-production vidéo haut de gamme, qu’il fonctionne en S-VHS/Hi-8 ou en Pal.

Danièle Moison – septembre 1990

Présentation

Conçue pour le secteur institutionnel, la Panasonic WJ-MX 12 voit ses performances enchanter les « pros » et son prix flirter avec les étiquettes des matériels grand public. Ne chuchote-t-on pas l’avoir aperçue dans les cars régie d’ Antenne 2 ? Pas mal pour un matériel vendu 21 000 FHT ! Table de tous les exploits ou presque dans le domaine du mixage image/son, cette magicienne est présentée à la fois comme l’héritière de la WJ-MX10 et la version sophistiquée de la toute récente AVE 5. A l’instar de cette dernière, elle compte 2 doubles entrées vidéo commutables et 2 doubles sorties vidéo également commutables, puisqu’elle assimile les signaux en composantes séparées, S-VHS/Hi-8 (dont elle restitue les 400 lgnes), ou en composite Pal. Dans ce dernier cas, attention : en raison de l’importance de la bande passante (5 MHz), Panasonic ne garantit pas de résultats à partir de sources 8 mm. L’ayant testée, entre autres, avec des rushes tournés dans ce format et dans de bonnes conditions, nous avons pu constater son parfait fonctionnement.  Cependant une fois le signal dégradé, après deux générations de copies, des distorsions ont commencé à apparaître. Par conséquent, ceux qui souhaitent utiiser cette table avec du 8 mm doivent, d’une part, disposer d’appareils lecteurs de bonne qualité, et de l’autre travailler à partir d’un master, ou mieux, avec des rushes relativement récents.

Pupitre Panasonic wj-mx-12Sur le pupitre de mixage, les groupes de fonctions se répartissent à peu près de la même façon que sur l’AVE 5. Les différences tiennent essentiellement à la présence d’un correcteur de couleurs. Il agit sur le fond par l’intermédiaire de la section « Back Colour » et sur les images via les molettes du groupe « Colour Corrector ». La partie réservée aux volets se retrouve pour sa part sur une éminence qui surmonte la machine et accueille notamment des commandes de mémorisation d’effets. Car, autre nouveauté, numérisations, volets etc. deviennent programmables.

Comme l’AVE 5, la MX12 mélange allègrement deux sources différentes à l’aide du fameux synchronisateur, clef du succès de la gamme. Grâce à lui, elle superpose deux images vidéo ou les incruste l’une dans l’autre. Mais c’est à sa mémoire de trame codée sur 8 bits qu’elle doit de jongler avec les effets spéciaux : négatif, mosaïque (8 tailles de pixels), gel, stroboscopie (intervalles de 0,2 à 2 secondes), solarisation (jusqu’à 6 niveaux), dont l’intensité se règle à l’aide de molettes. Attention, certains effets ne se combinent pas entre eux. Ainsi le négatif reste-t-il réfractaire à toute stroboscopie et la colorisation se voit-elle interdite aux images déjà figées. Mais le principal inconvénient tient à ce que seule la voie n°1 accepte numérisation et colorisation. Voilà qui limite considérablement les possibilités de trucages. Avec une batterie de volets et fenêtres relativement restreinte, pas plus de 17 formats et combinaisons, et la disparition du P in P, la MX12 paraît désavantagée par rapport à sa cadette. C’est compter sans l’option de bordurage «Soft ». Extrêmement convaincante, elle produit un léger effet de brume transparente qui atténue la transition entre deux images de manière beaucoup plus subtile que sur l’AVE 5. Cependant, cet appareil se distigue surtout du modèle grand public par sa capacité à faire transiter 400 lignes au lieu de 330, et par la présence d’un correcteur de couleurs, apport inappréciable dès qu’il s’agit d’améliorer ses images ou de se lancer dans la vidéo créative. Pour en revenir à nos essais en 8 mm, des séquences tournées dans de parfaites conditions supportaient tout à fait une petite touche de rouge ici et un soupçon de vert là. Sans saturer (tout est dans le dosage), les couleurs « claquaient » davantage. Cette fonction s’avère en outre très précieuse dès que l’on se risque aux surimpressions d’images. La scène« dopée » se distingue mieux. Pour le reste, les amateurs d’atmosphères étranges savent déjà tout le parti que l’on peut tirer d’un correcteur de couleur : ambiances sépia, nuit américaine… Ils seront donc ravis d’apprendre qu’ils peuvent le combiner avec une fonction négatif, pour saturer l’une ou l’autre teinte.

En ce qui concerne le titrage, la table s’avère compatible avec les générateurs de caractères proposés en option, le WJ-KB12 et le W J-KB15 dont elle ombre et borde les lettres. Ombres et bordures profitent également aux textes et sujets que digitalise la fameuse caméra externe. Précisons ici que les entrées/sorties réservées à cette dernière sont exclusivement destinées à un appareil genlockable noir et blanc.

La MX12 est capable de mémoriser 4 groupes de 55 effets. Vous pouvez par exemple faire suivre une image gelée par une surimpression,  continuer avec un fondu enchaîné, coloriser ensuite toute une séquence, etc.

Les partisans des mouvements de volet réguliers apprécieront pour leur part la touche « Auto Take » qui automatise le processus. Ils sélectionneront eux-mêmes la vitesse d’apparition et de disparition. Et si l’effet intervient trop rapidement à leur goût, ils pourront toujours s’en remettre à la confortable manette réservée au mode manuel. Egalement automatiques ou débrayables, les fondus au noir, au blanc et à la couleur. Précisons ici qu’il devient possible de synchroniser ou de désynchroniser la disparition progressive de l’image, avec celles du titre et du son.

Panneau arrière Panasonic wj-mx12La partie audio de la MX12 se révèle encore plus élaborée que celle de l’AVE 5, puisque outre les 4 entrées/sorties destinées aux deux sources vidéo, à un auxiliaire et à un micro, s’ajoute une entrée pour le casque dont on peut régler le niveau sonore. Là encore tout peut être mixé et fonctionne en stéréo sauf le micro, toujours mono. Disparu en revanche sur le pupitre, le potentiomètre servant à atténuer le son mélangé. Muté dans la section réservée aux fondus, ils’ est métamorphosé en une touche « Audio Fade ». Il devient donc possible de faire en sorte que le son s’estompe seul, qu’il s’atténue avec le titre, avec l’image ou encore avec le titre et l’image.

Lorsque l’on manipule cette étonnante machine, elle paraît parfaite. Aussi, que lui reprocher ? D’abord son incapacité de produire des effets numériques et des corrections de couleurs simultanément sur les deux voies. Autre regret, l’absence du P in P et des 96 volets offerts par l’AVE 5. Plus ennuyeux, l’acceptation limitée du 8 mm. Cependant, la MX12 reste une option concevable pour les possesseurs d’équipements mixtes qui souhaitent par exemple évoluer vers une solution 100 % composantes.

Caractéristiques Panasonic WJ-MX12

  • ENTREES/SORTIES VIDEO : Signal composite Pal : 1 V c/c, 75 ohms. Signal Composantes : Y : 1 V c/c, C : 0,3 V c/c, 75 ohms.
  • ENTREES/SORTIES CAMERA EXTERNE : 1 V c/c, 75 ohms, entrée : CCIR ou composite Pal ; sortie : composite synchronisé
  • ENTREES AUDIO : Sources 1 , 2 et Aux: 8 dB V/1 Kohms, stéréo – Micro : 60 dB/600 ohms, mono.
  • SORTIES AUDIO : 8 dB V/1 Kohms
  • PRISES DE RACCORDEMENT : Vidéo : BNC, mini connecteur Din à 4 broches – Audio : cinch, jack – Titreur : multicontact 10 broches.
  • RAPPORT SIGNAL/BRUIT : Vidéo 1 : 46 dB (composite), 48 dB (S-Vidéo) – Vidéo 2 : 48 dB (composite), 55 dB (S-Vidéo).
  • RAPPORT SIGNAL/BRUIT AUDIO : 56 dB
  • FONCTIONS :
    • Mélange de deux sources vidéo.
    • Surimpression, fondus-enchaînés, incrustration.
    • Fondus au noir, au blanc, à la couleur.
    • Colorisation.
    • Effets numériques : gel d’image, stroboscopie, solarisation, mosaïqué, négatif.
    • Effets de volets.
    • 4 × 55 effets programmables.
    • Titrage par générateur en option ou digitalisation.
  • DIMENSION : 44,6 × 11 ,5 × 35,7 cm
  • PRIX : 21 000 F HT (3201 €)

Les plus

  • Le caractère très complet et tout à fait professionnel de cette table
  • Le correcteur de couleurs
  • La richesse en effets numériques
  • La fonction NEGA
  • Les effets automatiques ou débrayables
  • Les 4 × effets mémorisables
  • Les volets à bordure floue
  • Le confort d’utilisation
  • Les possibilités de digitalisation
  • Le nouveau générateur de caractères

Les moins

  • Les effets réservés à une seule voie
  • Le laconisme du mode d’emploi
  • La complexité du maniement de prime abord
  • L’absence du P in P et des 96 effets de volets

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