Plum Board

Offrant un gain de temps et d’espace disque au montage, la carte de numérisation Plum permet de monter des films de plus de 10 minutes. Hors titrages et effets spéciaux, les résultats sont fluides même en Preview.

Sylvain Pallix – mars 1997

Carte Plum BoardMême avec un PC équipé de cartes grand-public haut de gamme comme la miro DC30 ou la Fast AV Master, deux problèmes contrarient le monteur :

  1. Previews non fluides avec Premiere 4.2 ou Video Studio 2.5 ;
  2. Impossibilité de monter des films de plus de 2 Go, en raison des limitations de la gestion vidéo dans Windows 95.

Or, aujourd’hui des fichiers de 200 Mo à plus de 300 Mo la minute en compression inférieure à 5: 1 contraignent à produire des films limités à une durée maximale de 7 à 10 mn. En développant des drivers pour ActiveMovie, le nouveau noyau audio-vidéo pour Windows 95 et NT, les fabricants de cartes de vidéo s’affranchiraient de la limite actuelle des 2 Go maxi en capture et restitution vidéo. En exploitant cette voie, la Plum Board contourne les limitations de Windows. Non seulement la prévisualisation affiche des images fluides, mais la carte va piocher les séquences de disque en disque sans micro-interruptions, se jouant ainsi des limites imposées à la taille des fichiers.

La solution mise au point par Interactive Images, le fabricant de la Plum, consiste en un Plug In* pour Premiere collaborant avec la Plum pour fluidifier la lecture sur les pistes de montage. Ce logiciel – le Plum Play – offre à l’utilisateur le visionnage ou l’enregistrement des films sur magnétoscope sans exiger de compilation. Les fichiers vidéos posés sur les pistes de montage sont immédiatement enregistrables en lecture Preview ! Le système enchaîne sans accrocs les portions de vidéo où qu’elles soient sur les disques de montage.

Résultat pratique : moins d’espace disque utilisé, de temps perdu à recompiler tout ou partie des films avant exploitation. Retoucher un film devient un véritable jeu d’enfant. La carte vaut certes 22 500 F, mais les économies en disque dur comme en temps de travail séduiront les utilisateurs qui montent au quotidien. Sans oublier la création de films longs puisque Premiere sait théoriquement aller jusqu’à quatre heures de montage.

Carte + boitier

Connecteur Plum boardLa Plum est une carte PCI Bus Master pour PC avec un boîtier externe pour les connexions. Au standard MJPEG, elle encaisse des taux de compression qui varient de 3:1 à 50:1. Une connectique séparée facilite les opérations de câblage lors des changements de configuration. Et si les prises sont défectueuses, inutile de démonter son PC. Ce boîtier dispose d’entrées/sorties vidéo composites (BNC), Y/C, et Cinch audio. L’absence de connecteurs YUV pour travailler en Béta et de prises XLR pour l’audio handicape momentanément les pros ; néanmoins un autre module est à l’étude. En revanche, la présence d’une prise RS-422 permet à Premiere de piloter directement les magnétoscopes professionnels. Des câbles optionnels servent à relier des camescopes à prises  Lanc type Sony ou mini-Din 5 pins Panasonic, ou d’autres périphériques dialoguant via RS-232.

Version intégrale

Le soft livré d’origine n’est autre qu’Adobe Premiere version 4.2 – complet – mais hélas en anglais. Inutile d’espérer obtenir un échange gratuit auprès d’Adobe France, mais plutôt envisager une mise à jour à moins de 1 500 F. Interactive Images prévoit une version allemande de Premiere pour nos cousins Germains, on espère la réciproque pour le marché français. Tout dépendra  probablement du succès rencontré par la Plum. Lot de consolation : 3D Vortex, une magnifique bibliothèque de transitions 3D à additionner à Premiere.

Pilotage

Nous avons effectué les tests sur un magnétoscope Béta de la gamme Sony UVW raccordé à la prise RS-422 de la Plum. En activant le menu Fichiers (Files), Préférences, Pilotage de machines  (Device Control), on choisit le type d’engin à piloter. Parmi la gamme d’appareils proposés, les matériels grand-public ne sont pas oubliés moyennant la connectique optionnelle.

Confort pour le monteur : celui-ci pilote le magnétoscope depuis la fenêtre de capture, à la souris ou par les raccourcis clavier. L’acquisition des time code pour la constitution d’une liste des points de montage, ou EDL (Edit Decision List) permet de maquetter un film avec des séquences vidéo en basse qualité donc plus légères en octets. Quand le prémontage est effectué, Premiere peut automatiquement recapturer les séquences utilisées dans la meilleure qualité requise. Il faut rappeler que l’EDL offre aux professionnels d’élaborer leurs vidéos en virtuel pour ensuite les remonter sur de puissantes régies classiques ou virtuelles.

Le + de la Plum

Le son traité directement par le module audio intégré à la Plum est parfaitement synchrone à 44 kHz, 16 bits.

Le taux de compression maximal reste relatif à la puissance globale du PC. Sur le Pentium 133, avec un disque dur Seagate Barracuda (AV) pas de problème pour encaisser une compression de 100 % à plus de 5 Mo/s. Soit un taux inférieur à 5:1 sans perte d’images. Comme toutes les cartes d’acquisition, la Plum affiche les réglages de la vidéo en entrée, mais en plus elle dispose d’un panneau de contrôle pour calibrer le signal vidéo en sortie. Réglages inconnus sur les cartes vidéo plus abordables.

Montage

Adobe Premiere Plum BoardLes procédures restent propres à Premiere. Prenons l’exemple simple de trois rushes posés en Cut sur une piste de montage. Avec la fonction Preview usuelle, les cartes courantes restituent une vidéo qui hoquette, surtout avec des taux de compression très bas. Seule solution : compiler tout ou partie du film en montage pour un visionnage parfait. C’est ici que les Plug In Premiere de la Plum font merveille. Pour visualiser ses films à vitesse normale, il suffit d’ activer Fichiers, Export, Plum Play ou Plum Preview.

Plum Preview enchaîne les éléments en Cut en omettant les titres, les zones de transition et les filtres. Bref, tout ce qui réclame du temps de calcul. Quant au Plum Play, il permet au montage d’afficher une totale fluidité sur l’écran avec toutes les zones comportant des effets spéciaux qui ont été précalculées en mode Preview avec effets enregistrés sur disques.

Plum Preview et Plum Play s’appliquent à la totalité du montage en cours ou à la seule zone délimitée par la barre jaune qui coiffe les pistes. On peut enlever un plan, en remettre un autre puis relancer la lecture du film ou d’une portion délimitée du montage en conservant toujours la qualité finale de diffusion. Avantage de l’absence de compilation pour le visionnage, le gain sur disques durs peut atteindre les 40 % d’espace.

Configuration recommandée

Au prix des configurations PC d’aujourd’hui, on peut considérer qu’un Pentium 133 tient du ticket d’entrée. Le fabricant de la Plum recommande un minimum de 32 Mo de RAM (1 000 F). Compte tenu d’une compression qui peut friser les 3:1 (environ 6 Mo/s), les bons disques durs seront au minimum des Fast SCSI2 ou mieux des Ultra Wide SCSI* qui acceptent de très gros débits en lecture-écriture.

Distributeur du produit en France, Loca Images propose la configuration suivante clé en main à partir de 45 850 F TTC. :

  • PC Pentium 133, 32 Mo de RAM,
  • écran 17″,
  • carte graphique avec 2 Mo de VRAM,
  • CD-Rom x8, carte son complémentaire,
  • carte contrôleur SCSI Adaptec 2940 UW,
  • disque dur 4 Go AV Seagate Barracuda.

Avenir

Les drivers Windows NT et le boîtier avec les connexions YUV iront dans le sens d’une professionnalisation du système. L’adjonction de composants à même de traiter les signaux DV tient du flou pour l’instant. Il pourrait bien s’agir d’une nouvelle carte comme c’est le cas pour d’autres constructeurs comme miro ou Fast.

Sans doute, quelques vidéastes passionnés et fortunés seront tentés. D’autant qu’il suffit de compter pour s’apercevoir que l’on s’y retrouve en économisant en disques durs. Entre les cartes très chères et les cartes abordables, la Plum propose une souplesse de création bien séduisante .

Caractéristiques Plum Board

  • Carte : Plum (Interactive Images) sur Bus PCI (Bus Master)
  • Vidéo : CCIR 601 : 701 × 576 (Pal), 720 ×4 80 (NTSC).
  • Formats : AVI (Vidéo) et Wav (audio).
  • Compression : MJPEG 3:1 à 50:1.
  • Audio : 11 à 48 kHz, 16 bits stéréo.
  • Entrée :
    • 1 vidéo composite (BNC).
    • 1 vidéo Y/C (mini Din).
    • 1 son (RCA).
  • Sorties :
    • 1 vidéo composite (BNC).
    • 1 vidéo Y/C (mini Din).
    • 1 son (RCA).
  • Pilotage périphériques :
    • RS-422 (prise intégrée DB9),
    • RS-232, Lanc et Panasonic 5 contacts par câbles optionnels.
  • Prix indicatif : 22 500 F (3430 €)

Les plus

  • Gain de temps : Lecture des films au montage sans compilation de tout ou partie du film.
  • Accessoires : Câbles de pilotage disponibles en option pour le matériel grand-public.
  • Branchements : Boîtier externe pour les connexions. Plus besoin d’ouvrir sa machine pour modifier quoi que ce soit.
  • RS-422 : Cette prise intégrée permet à Premiere de piloter les magnétoscopes professionnels.

Les moins

  • Et la France ? Pas de Secam en entrée et sortie.
  • Côté pros : Pas de connecteurs YUV et audio XLA sur la version essayée.
  • Visualisation : Pas de gestion Overlay de la vidéo sur le moniteur informatique.
  • Langage : Version d’Adobe Premiere 4.2 complète, mais en anglais.

Rivaux

En tenant compte d’une solution complète, les rivaux capables d’exploiter les montages en lecture directe à même les pistes de montage sont les stations PC équipées d’une carte PVR (Digital Processing System) et les stations Draco à technologie Amiga (présentée dans ce même numéro). Des solutions proches des 100 000 F et plus, existent aussi pour le même service avec la Vidéo Machine de chez Fast (version double DPR) ou pour le Mac avec des cartes Media 100. La possibilité d’éditer ses films sans une compilation totale sera aussi disponible pour les petits budgets. Matrox lance sa carte vidéo Rainbow Runner qui mettra « le montage vidéo MJPEG en hautes résolutions » à la portée des amateurs pour moins de 2000 F. La Rainbow Runner s’adresse aux possesseurs d’une carte d’affichage Matrox Mystique puisqu’elle se branche dessus.

Verdict

A défaut des effets spéciaux en temps réel, la Plum, avec sa souplesse d’exploitation des films au montage, aura les faveurs de réalisateurs et producteurs indépendants, mais laissera rêveurs beaucoup d ‘amateurs au budget serré.

CV 103