Sony CCD TR-55E

Le plus petit du monde. Et le plus léger. Cette prouesse technologique, rendue possible par l’adoption d’un mini-tambour d’enregistrement, permet à Sony de réinventer la vidéo passe-partout. C’est le camescope video 8 familial par excellence. Mais cet avantage est aussi un défaut : son zoom, limité en focales, n’est pas à la hauteur de nos espérances.

Christian Imbert – janvier 1990

L’histoire des camescopes est jalonnée de records. Le nouveau Sony TR-55E pulvérise ceux de légèreté et de miniaturisation. Jugez plutôt : moins de 800 g ! Aucun modèle jusqu’ici n’a fait aussi compact. Pour le coup sa qualité de « handycam » – camescope de poing – lui va comme un… gant. Aussi le petit appareil se tient-il avec aisance d’une seule main. Les commandes d’enregistrement et de zoom électrique tombent naturellement sous les doigts et l’ensemble présente un bon équilibre à la prise en main, une fois la poignée ajustée. Pour atteindre une telle compacité, il a fallu d’abord intégrer au boîtier l’objectif et le micro. Difficile de faire plus discret. Le viseur à oculaire télescopique, parfaitement amovible en hauteur (sur 90°), trouve sa place au-dessus de l’optique. L’appareil n’a pas de griffe porte-accessoires mais comporte un pas de vis (sous le boîtier) en prévision d’une stabilisation sur pied. Les bureaux d’études de Sony ont eu recours à de savants programmes de conception assistée par ordinateur pour optimiser les éléments mécaniques et électroniques sans sacrifier au design.

Fonctions automatiques et manuels

Mais qui dit gain de place et de poids dit aussi et surtout réduction du tambour de tête et c’est là l’innovation la plus spectaculaire puisque le diamètre de celui-ci a été ramené à 2,67 cm. Un exploit qui a permis de sortir un mécanisme de chargement de bande haut seulement de 5 mm : ultra-plat donc. Ce tambour miniaturisé n’en comporte pas moins quatre têtes vidéo plus une tête d’effacement rotative destinée au montage par insertion. Quant à l’enroulement de la bande, il a lieu non plus sur 190° mais sur 291 °, assurant de la sorte une plus grande surface de contact avec la tête, et par conséquent une meilleure stabilité d’image. Les circuits imprimés, eux aussi, se sont faits plus petits, Sony développant ici un système à quatre couches de composants haute densité, assemblés deux par deux de chaque côté de la carte électronique.

Commande caméra Sony CCD-TR55

Le Sony TR-55E peut recevoir plusieurs types d’alimentation. Le plus simple consistant à adapter des batteries plates rechargeables que l’on fixera sur la face arrière. Elles sont disponibles en versions miniaturisées NP-55 de 150 g (45 à 60 mn d’autonomie pour un temps de recharge sensiblement équivalent) ou NP-77 « longue durée » (environ 2 heures d’autonomie). Sinon employez des piles rechargeables R6 que vous placerez dans un boîtier spécifique, ou encore branchez le camescope sur une batterie auto 12 V (ou 24 V) par cordon à prise allume-cigare. Reste enfin la solution de l’alimenter sur le secteur.

L’introduction de la cassette vidéo s’effectue sur le côté droit de l’appareil. Une double protection du logement est assurée par un capot rabattable qu’il faut déverrouiller. Les touches de magnétoscope sont alignées judicieusement sur la partie supérieure du boîtier. La répartition des fonctions est parfaite et participe à la qualité du design.

Le plus petit des camescopes comporte un grand nombre de possibilités, contrairement à ce que laisserait supposer sa taille. Bien sûr, à l’enregistrement, la solution de facilité consiste à placer l’appareil sur « pilotage » automatique, en actionnant la touche AUTO LOCK. Cette position enclenchée, inutile de se préoccuper de la vitesse d’obturation, de la mise au point, de l’exposition.. Pensez seulement à cadrer et à déclencher, en verrouillant la commande d’enregistrement si vous souhaitez éviter toute fausse manœuvre.

Utilisé de cette manière, le camescope est un jeu d’enfant qui donnera satisfaction quant au résultat, à condition que l’éclairage ne pose aucune difficulté particulière. Exemple : ne pas compter sur l’automatisme pour compenser un contre-jour. Dans ce cas, il faut, c’est impératif, débrayer l’automatisme pour accéder à la correction BACK LIGHT.

De même, si le camescope et le sujet filmé évoluent dans des environnements lumineux trop dissemblables ; si l’on tourne avec, à proximité, la présence d’une lampe fluorescente ou à vapeur de sodium, il est fortement conseillé de recourir à l’un des deux réglages manuels de balance des blancs (lumière du jour/lumière artificielle).

Enfin, le réglage manuel de la distance s’impose dans les situations extrêmes, lorsque la lumière est soit trop intense, soit insuffisante, lorsque le sujet paraît trop peu contrasté ou lorsque de multiples sujets séparés par des distances trop importantes brouillent le jeu.

Compléments optiques

Dans tous les autres cas, la mise au point automatique travaille avec une grande précision sur la zone centrale de l’image en analysant le contraste.

Le capteur, un modèle CCD constitué de 320.000 points/image, autorise une sensibilité de 7 lux. Pas mal, reste qu’en deçà de 300 lux (ce qui correspond à l’ambiance lumineuse d’une station de métro), mieux vaut mettre une torche d’appoint en batterie.

Le temps où l’intégration de l’objectif au boîtier supposait une focale fixe est révolu. Le Sony TR-55E est équipé d’un zoom 6 fois, 11-66 mm à f/2. La variation de focale s’effectue ici par commande électrique, avec un choix de deux positions : « T » donnant accès aux longues focales et « W » aux courtes focales. Le zoom automatique reste lui aussi débrayable, et la position macro permet de filmer de petits objets jusqu’à 1,5 cm de la lentille frontale.

Rançon de cette miniaturisation, l’optique, de qualité standard et peu lumineuse, ne peut atteindre le vrai grand-angle. A titre de comparaison, le zoom équivaut, en format 24 × 36, à un 58,5-351 mm. C’est peu, notamment pour le reportage. Seul l’emploi du complément optique grand-angle (en option) permettra de surmonter ce handicap. A ce sujet, il convient de signaler que Sony a prévu également un complément télé et des filtres. L’obturateur digital de la caméra est doté de six vitesses, du 1/50 s au 1/4 000 s. Les 1/2.000 et 1/4.000 s de l’obturateur rapide suivront sans difficulté une balle de tennis ou de golf, un slalom géant ou une descente. Les 1/1.000 ou 1//250 s conviendront aux prises de vues réalisées à bord d’un véhicule en marche. Quant au 1/120 s, il sera la garantie, en intérieur, d’un bonne stabilité d’image, surtout avec les lampes à décharge.

Le Sony TR-55E a tout ce qu’il faut pour habiller vos enregistrements. Ainsi, en guise de « garde-robe » des fondus audio et vidéo, à l’ouverture et à la fermeture, aménageront des transitions entre deux séquences. Procédé classique dont on évitera d’abuser sous peine d’alourdir le propos. Autre forme d’habillage : le titrage numérique par incrustation… La méthode est des plus classiques : le texte (noir sur fond blanc de préférence, pour plus de lisibilité) est filmé en position macro puis mémorisé et digitalisé par la caméra, avec mise en couleur éventuelle. La techniques applique également à tout graphisme ou dessin qui pourront ainsi apparaître sur vos images, histoire de les « commenter » ou tout simplement de les présenter. Car le TR-55 permet de réaliser un véritable générique avec défilement de bas en haut et inversion de couleurs. Il suffit d’actionner successivement les touches MEMOIRE, COULEUR et SURIMPRESSION. Oui aurait pu croire que ce mini-camescope proposerait par dessus le marché l’insertion d’image ? C’est pourtant le rôle de la fonction EDIT SEARCH, qui sélectionne les points d’entrée et de sortie des séquences. Celles-ci sont introduites sans raccord visible, la tête flottante assurant comme sur les matériels professionnels un effacement parfait et une synchronisation irréprochable. La position EDIT limite en cas de montage la détérioration du signal à la copie. Le TR-55 comporte par ailleurs une prise REMOTE afin de brancher une télécommande de montage.

Le compteur du camescope affiche aussi bien en lecture qu’en enregistrement la durée de bande en heures, minutes et secondes dans le viseur ainsi qu’à l’intérieur d’une toute petite fenêtre à cristaux liquides (3 × 0,5 cm) située sur le dessus du boîtier. Cette fonction ACL est mise en œuvre même si l’alimentation de l’appareil est coupée, grâce à une pile indépendante. Sinon l’état des fonctions apparaît en clair dans le viseur. Des témoins lumineux signalent par exemple la fin de charge de la batterie, l’absence de cassette, le non fonctionnement de l’autofocus.

S’il permet de contrôler l’image en cours d’enregistrement, le viseur électronique sert aussi à visionner la séquence qui vient d’être filmée ou les dernières secondes enregistrées grâce à la touche EDIT SEARCH en mode « pause d’enregistrement ». Le magnétoscope revient en arrière, lit les dernières images avant de se mettre automatiquement en « standby ».

Sony CCD-TR55

Le mini-magnétoscope du Sony TR-55E offre une autonomie de lecture ou d’enregistrement de 90 minutes en vitesse de défilement standard ou de 3 heures en vitesse lente. La lecture des cassettes vidéo 8 mm s’effectue à vitesse normale ou accélérée avant/arrière, avec cependant quelques barres de bruit. L’arrêt sur image manque, lui aussi, de stabilité. La mémoire de compteur assure en recherche rapide un repositionnement précis au début d’une séquence repérée par la remise à zéro. Pour le montage, le raccordement avec un magnétoscope s’effectue par les entrées audio/vidéo grâce à un cordon spécial ou un sélecteur d’entrée sur position UNE. Le visionnement des cassettes enregistrées s’effectue en raccordant le camescope à un téléviseur Pal/Secam à partir du connecteur audio/vidéo ou, si l’appareil en est dépourvu, à l’aide de l’adaptateur RFU (fourni) et du sélecteur d’antenne.

Côté son, le micro omnidirectionnel restitue en enregistrement FM un son de qualité correcte. Le contrôle peut s’exercer à partir d’un casque ou à l’aide d’un petit écouteur. Le branchement d’un autre micro indépendant a été prévu de toutes façons.

Multifonctionnel, séduisant par sa légèreté, sa miniaturisation et ses possibilités variées, ce modèle réunit tous les ingrédients pour faire un best-seller. En tout cas 200.000 unités sortent désormais chaque mois des usines robotisées de Kohda, au sud de Tokyo. Déjà commercialisé par d’autres marques (Nikon et Fujix pour commencer), voilà un appareil qui fera parler de lui, ne serait-ce que par sa présence en masse sur le marché de la vidéo familiale.

Caractéristiques Sony CCD TR-55E

Section caméra

  • Capteur : CCD ½ pouce – 320.000 pixels
  • Objectif : f/2, 11-66 mm – Zoom 6 fois électrique ou manuel – Position macro
  • Mise au point : Automatique (TCL) débrayable
  • Sensibilité: 7 lux
  • Obturateur : Electronique-6 vitesses du 1/50 au 1/4000 s
  • Viseur : Electronique 2/3 de pouce – Orientable – A affichage

Section magnétoscope

  • Format : VIDEO-8
  • Standard : PAL
  • Vitesses de défilement : SP : 2 cm/s – LP: 1 cm/s
  • Réponse audio : 20-15.000 Hz (FM)
  • Sorties audio-vidéo : Connecteur de sortie A/V cinch
  • Dimensions: 10,6 × 10,7 × 17,6 cm
  • Poids : 0,790 kg
  • Autres fonctions : Mémoire digitale-Coloration – Inversion – Défilement e titre – Edit search – Fondu – Edit – Compteur en temps réel – Insertion date et heure – Mini-fenêtre d’affichage à cristaux liquides – Pilotage automatique débrayable.
  • Prix indicatif : 12.000 F (1.829 €)

Les plus

  • le design et la finition
  • La miniaturisation
  • L’équipement très complet
  • Le pilotage « tout automatique » ou manuel
  • Le nouveau système d’enroulement de la bande
  • La fonction d’insertion
  • La position Edit
  • La double vitesse d’enregistrement
  • L’extrême légèreté

Les moins

  • La qualité moyenne de l’optique
  • L’absence de position grand-angle
  • La nécessité de débrayer l’automatisme pour accéder à la touche Back Light