Sony DCR-TRV7E

Modèles de poing peu compacts ou véritables miniatures, les camescopes numériques ne connaissaient pas de taille intermédiaire. La nouveauté, c’est l’adaptation au DV du concept TRV de Sony. Traduisez : appareil de paume avec écran couleurs et viseur. Belle image et grand confort pour 17 000 F.

Sony DCR TRV7

Stamina, Info-Lithium, grand écran, viseur couleurs, interface DV, super stabilisateur… Diable que de promesses sur les stickers qui constellent le flanc de ce petit Sony DCR-TRV7E. D’autant qu’on aurait pu ajouter laserlink (1), double vitesse d’enregistrement, débrayages, et j’en passe. Mais examinons l’engin de plus près.

Danielle Molson – juillet 1997

Zoom classique

Pas de surprise côté puissance de zoom, elle se révèle très proche de celle des autres modèles DV : ×10 (×20 numérique). La plus courte focale  correspond à 37 mm en équivalent photo. Un petit progrès par rapport aux frères DV qui plafonnent le plus souvent autour de 39/40 mm. Côté capteur enfin, le niveau de Smear reste très raisonnable, et la sensibilité plutôt bonne malgré une ouverture maximale à f/1 ,8.

Pas trembler !

Le stabilisateur est numérique, mais de dernière génération. C’est à son fonctionnement que se destine le surcroît de pixels du capteur. Quant à l’image, elle se forme toujours sur environ 440 000 pixels utiles comme sur tous les CCD  S-Vidéo et DV Résultat, aucun recadrage n’intervient lorsqu’on l’exploite et on n’observe aucune altération de l’image avec un bon éclairage.

En revanche, la perte de piqué et de luminosité deviennent sensibles en basse lumière. Il faut donc veiller à le désactiver dans ces conditions. Dommage, car voilà un stabilisateur efficace qui atténue visiblement les tressaillements musculaires. On aurait préféré un système de compensation optique qui n’entraîne jamais de dégradation et que l’on peut laisser constamment fonctionner. Signalons à ce propos, que sur le TRV7 il faut passer par le menu pour activer ou désactiver le stabilisateur. Fastidieux. Pourquoi pas un simple sélecteur sur le flanc de l’appareil, comme c’est le cas sur tous les TRV analogiques ?

Vaste écran

Ecran couleurs s’il vous plaît, et pour parfaire le confort : viseur couleurs. Le premier pivote sur 210° et mesure 10 cm de diagonale, soie la taille maximale. Traité antireflet et anti-traces de pneus et de doigts, il reste relativement lisible en extérieur en l’inclinant vers le bas, si l’on prend soin d’opter pour Bright dans le menu qui intensifie le rétroéclairage.

Retourné à 180°, l’écran permet naturellement de contrôler le cadrage quand on se filme soi-même. Ces éléments alliés à une bonne compacité et une prise en main équilibrée (notamment avec l’écran rabattu) offrent une ergonomie très satisfaisante.

Bémol : un seul sélecteur, situé sous le bouton Enregistrement/Stop, dessert les fonctions Arrêt/Camescope/Magnétoscope et mode Photo. Voilà qui peur prêter à confusion. Il faut vérifier à deux fois avant d’être tout à faire sûr d’avoir désactivé le camescope. Un risque d’erreur accru par le système d’économie d’énergie Power Save qui éteint automatiquement le viseur quand l’œil s’en éloigne et le rallume dès qu’il s’en rapproche.

Très pratique en revanche, l’Anti Ground Shooting : l’appareil filme uniquement quand le doigt reste appuyé sur le bouton Enregistrement/Stop.

Débrayages

Touche focus Sony DCR-TRV7EIls concernent la mise au point et l’exposition, fonctions gérées par deux molettes distinctes et surtout intelligemment disposées à chaque extrémité du camescope pour éviter toute confusion. Mais, la balance des blancs reste automatique. Regrettable. De même, pas de réglage possible de l’obturation, et surtout pas de vitesses d’obturation lentes que l’on trouve sur des modèles analogiques, moins onéreux, de la marque.

A noter les modes d’exposition programmés ; la fonction Infinity pour obtenir instantanément la netteté sur l’infini ; enfin la touche de compensation du contre-jour, un peu petite mais efficace.

Le comportement des automatismes nous a pleinement satisfaits ; l’autofocus se débrouille très bien, malgré d’excusables faiblesses en basse lumière. De même l’automatisme de balance des blancs a restitué des températures de couleurs correctes, et assuré des passages de l’intérieur à l’extérieur sans produire de dominante indésirable.

Et l’image ?

Excellente, surcout quand le soleil est de la partie, avec une délicate restitution des teintes chair, et des couleurs bien circonscrites, rouges compris. Et ce, même en plans larges. La définition avoisine pour sa part les 420 points/ligne (440 d’après les mesures Sony), en deçà des 500 points/ligne permis par le DV, mais au-delà des performances S-Vidéo (entre 350 et 400 points/ligne). Enfin, aucune anomalie de type pompage du diaphragme ou tirage optique n’a été constatée.

La durée des la durée des minicassettes DV n’excédant pas 60 minutes pour des raisons techniques, certains camescopes, dont le TRV7, contournent la difficulté en offrant une vitesse l’enregistrement lente. Celle-ci ne double pas la durée de la bande, comme c’est le cas en analogique, mais l’augmente de 50 %. Ainsi, une cassette de 60 minutes ira jusqu’à 90 minutes, et une petite 30 minutes atteindra les 45 minutes. La bonne surprise c’est que la qualité d’image ne pâtit pas de cette modification. Quelques inconvénients cependant, d’abord seuls les camescopes dotés du mode LP (Long Play) lisent les cassettes enregistrées en vitesse lente. Autrement dit, les modèles les plus récents. L’unique magnétoscope numérique actuellement commercialisé, le Sony DHR-1000 en est pour sa part incapable.

Autre petit hic : le doublage audio devient impossible. Au montage enfin, le constructeur met en garde contre des anomalies de time code si on panache sur une même cassette enregistrements LP et SP (Long Play et Standard Play).

Près de ses watts

Batterie Sony DCR-TRV7Le TRV7 est le premier camescope DV à bénéficier du Stamina. La durée de l’accu en situation réelle de tournage est donnée pour 35/40 mn en utilisant l’écran et 80 à 70 mn avec le seul viseur. Difficile pour le testeur de donner une estimation précise, mais celle de Sony nous semble ici en deçà de la réalité et tout à l’avantage du consommateur.

Dans les pires conditions d’utilisation (avec l’écran la plupart du temps, en activant parfois la fonction Bright, en zoomant, en testant diverses fonctions, en relisant, etc.), la batterie standard a duré dans notre cas entre 60 et 80 mn. Bref, le luxe !

Il est d’autant plus agréable de ne pas se restreindre que l’attrait de l’écran est irrésistible. Quitte à exploiter ledit écran, autant le faire confortablement en augmentant sa luminosité. Or, le fait que la fonction Bright activée accroisse la consommation entre 10 et 20 % n’entraîne pas de gros cas de conscience. Enfin, on peut s’offrir sans arrière pensée un visionnage des rushes et son cortège d’avances et retours rapides. Bonne surprise, après avoir chargé pendant moins d’une heure un accu vide, le système Info-Lithium (qui affiche dans le viseur la durée et le niveau de charge en minutes), annonçait d’ores et déjà 47 mn d’autonomie. Enfin, avec la batterie la plus puissante proposée en option (NPF-930, environ 1 400 F), la durée d’utilisation (non testée ici) est donnée pour 6 h 30.

Prise DV

Rien ne manque, à commencer par la fameuse prise DV au protocole IEEE1394 servant à effectuer des copies du camescope vers un magnétoscope DV ou certains périphériques informatiques sans perte de qualité. Pour le reste, on retrouve en lieu et place des habituelles prises Cinch, un multiconnecteur audio/vidéo composite. Un type de câblage de plus en plus fréquent. Figurent naturellement au programme les prises micro et casque. S’y ajoute une griffe porte-accessoires à huit contacts. Sa spécificité : connectée à un micro ou une torche « intelligents » Sony, elle communique avec la batterie. Résultat, celle-ci tient compte de l’utilisation de ces accessoires pour calculer son autonomie résiduelle et l’afficher.

Montage

Touches fonctions Sony DCR-TRV7EPrise Lanc, time code, avance et retour image par image, ralenti 1/3, pause parfaite… tout est prévu, même la possibilité de doublage son sur le camescope, via la prise micro externe. La procédure est extrêmement simple et ne nécessite pas même l’emploi de la télécommande. Un impératif cependant : avoir opté pour l’enregistrement audio 12 bits et non 16 bits, lors des prises de vues. Ensuite, on peut choisir d’écouter le seul son des rushes, uniquement le commentaire ajouté ou le mélange des deux. Naturellement, l’insertion audio/vidéo (remplacement d’une séquence par une autre) n’entraîne aucune perturbation de time code ni de décrochage image. En revanche, l’insertion d’image seule n’est possible qu’avec un magnétoscope de montage DV, ce qui est tout à fait normal. Parmi les facilités d’exploitation afférentes au montage : la recherche par date et par photo, voire le balayage des seules photos. Ce dispositif, déjà présent sur les modèles analogiques Sony TR3100 et TR555 (du moins pour la recherche par date), permet entre autres au camescope de se repositionner au début d’une journée de tournage. Si une cassette a été enregistrée au cours de cinq journées distinctes et qu’on souhaite retrouver les rushes de la troisième journée, trois pressions sur la touche appropriée de la télécommande, caleront automatiquement la bande au bon endroit. Idéal pour se repérer dans les reportages et les fictions pour lesquels les dates correspondent à des séquences précises, ou simplement pour revoir facilement les points forts de ses vacances… Ultime raffinement avec les cassettes à puce, le TRV7 autorise le repérage par titres. Ceux-ci jouant un rôle d’index.

Enfin, système imparable contre les sautes de time code, la fonction End Search offre la relecture des ultimes secondes du dernier enregistrement et cale exactement la bande à la fin de celui-ci.

Caractéristiques Sony DCR-TRV7E

Caméra

  • Capteur : 1/3 de pouce (1/3″ utile).
  • Objectif : 4-40mm, f1/8. Zoom ×10 optique, ×20 numérique.
  • Mise au point : Auto, manuelle. Infinity.
  • Balance des blancs : Auto.
  • Viseur : Couleurs (113 000 pixels) et écran couleurs 10 cm de diagonale (112086 pixels).
  • Exposition : Auto, manuelle. Mode AE (Spot, Portait, Sports, Plage-Ski, Crépuscule, Paysage). Touche contre-jour.

Magnétoscope

  • Standard : Pal.
  • Format : DV.
  • Audio :  Stéréo 12 bits/32 kHz et 16 bits/48 kHz. Prises micro et casque. Mini haut-parleur.
  • Connectique : Sorties DV, Ushiden, mini prise audio-vidéo.
  • Autres fonctions : Stabilisateur numérique, double vitesse d’enregistrement, time code, Data Code. Prise Lanc de montage, Laser-link, fondu noir et mosaïque, modes Photo et 16:9. Générateur de caractères et 8 tittres préprogrammés avec cassettes à mémoire.
  • Poids/dim. : 840 g (nu). 9,6 × 10,9 × 18,3 cm.
  • Prix indicatif : 17 000 F (2591 €)

Les plus

  • Prise DV : Pour la copie de DV à DV sans aucune dégradation de l’image.
  • Vitesse lente d’enregistrement : Elle augmente de 50 % la durée des cassettes utilisées. Et ce, sans perte de qualité.
  • Ergonomie : Ecran et viseur couleurs, prise en main agréable, nombreuses fonctions de confort : le plaisir de filmer sans «couacs ».
  • Doublage audio : Il est possible directement sur l’appareil et s’effectue très simplement.
  • Forte autonomie : Elle permet de filmer et de visionner ses rushes dans le plus grand confort, sans se restreindre pour économiser de l’énergie.

Les moins

  • Ergonomie : Un seul sélecteur gère la mise hors tension, et les modes Caméra, Magnétoscope et Photo. Cela peut parfois entraîner des confusions.
  • Le stabilisateur : Très efficace mais numérique plutôt qu’optique. De plus, il s’active et se désactive à partir du menu, ce qui est peu pratique.

Rivaux

Pas vraiment de rivaux DV en terme de concept. Se rapprochent le plus et affichent le même prix : le Sony DCRPC7 et le JVC GRDVM1. Deux miniatures possédant, pour le premier viseur et écran couleurs, et pour le second un écran couleurs seulement. Tous deux comportent une double vitesse d ‘enregistrement et un stabilisateur numérique d’une qualité proche de celui du TRV7. Pour les différences, se reporter au comparatif sur les camescopes DV avec écran. Enfin, le modèle le plus proche du TRV7 en Hi-8, le Sony TRV94, coûte environ 10 000 F.

En bref

Pas donné ! Mais 17.000 F reste jusqu’à nouvel ordre le prix moyen des appareils DV. Pour le reste, le TRV7 est bourré d’avantages : forte autonomie, écran confortable, prise DV, enregistrement longue durée, facilités de montage. Les automatismes performants participent à une belle qualité de l’image. Regrets : pas de balance des blancs débrayable, ni de vitesses d’obturation lentes, et un stabilisateur numérique plutôt qu’optique.

CV 107

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