Sony DCR VX700

Sony DCR VX 700

Tentant le VX1000 numérique, mais 28.000 F, c’est une jolie somme en dépit de 3 CCD. D’où la légitime interrogation : le caméscope numérique mono-ccd Sony DCR VX700 ferait-il l’affaire ? Avec une économie de 10.000 F à la clé, la question mérite examen.

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Le jeune premier

Le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein ? Comparé au Sony VX1000, le Sony VX700, second modèle de caméscope numérique à intervenir sur le marché, est certes moins bien loti : un seul et unique capteur d’un tiers de pouce au lieu de trois, une gamme de réglages manuels moins étendue… Mais l’énoncé objectif de ses points forts l’éclairent très vite différemment : redoutable stabilisateur optique, viseur couleur haut de gamme, nombreux débrayages, zoom numérique ×20, atouts auxquels s’ajoutent les avantages liés au format DV (Digital Video) dont la qualité d’image, le TBC et le timecode pour ne citer qu’eux. Toutes les séductions d’une petite star !

Cassettes Mini DV

Les cassettes mini DV que ce caméscope utilisent vieillissent et peuvent s’avérer illisibles. Le matériel permettant de les relire est aujourd’hui obsolète et seul du matériel d’occasion est disponible sur le marché. Vous pouvez confier vos mini DV à notre service de numérisation pour une copie sur disque dur ou clé USB.

Ergonomie

Sous son carénage de Handycam chic, le VX 700 affecte une allure plus classique que son concurrent tri-CCD. La disparition de la poignée de transport, du micro proéminent et du vaste pare-soleil n’y est pas étrangère. Pour le reste, les deux modèles présentent davantage de points communs que de différences, avec une même répartition harmonieuse des commandes : les fonctions indispensables sur le flanc et celles qui supposent une utilisation plus ponctuelle à l’arrière. Quant aux autres, le cadreur y accède à l’aide d’un menu. Fort de 180.000 pixels, l’excellence du viseur couleurs reste incontestable, mais les indications s’affichent dans l’image, comme sur n’importe quel camescope et non à l’intérieur d’un liséré bleu indépendant.

Zoom

Toujours pas de grand angulaire. Le Sony VX700 présente, grosso modo, les mêmes focales que son aîné (40-400 contre 39- 390 mm en équivalent photo). A cela vient s’ajouter le zoom numérique 20 x. S’il est conseillé d’inhiber ce dernier en cas de faible luminosité, on l’utilisera sans noter de pixelisation avec un bel éclairage. La raison ? Un système d’interpolation efficace. Point faible partagé avec le grand frère, l’absence de levier manuel de zooming. C’est d’autant plus gênant, que le laps de temps nécessaire pour effectuer, via la commande électrique, le trajet d’une focale extrême à l’autre avoisine 5 à 6 secondes minimum. Tant pis pour les amateurs d’effet « coup de poing ». Mais, ceux qui apprécient les mouvements lents et coulés (la vitesse de zooming est variable) se régaleront.

Réglages

La mise au point manuelle par bague bénéficie de deux assistances semi-automatiques, le classique Push Auto mais aussi un très pratique mode Infinity. Celui-ci verrouille le point sur l’infini ce qui permet d’obtenir la netteté immédiate sur un sujet lointain situé à l’arrière plan. Un regret, envolée l’ingénieuse petite papillote, signalant dans le viseur du VX1000 l’obtention de la netteté. De plus, l’autofocus du VX700, bien qu’efficace dans la plupart des situations, nous a paru un peu plus lent et davantage sujet au pompage que celui du VX1000. En revanche, la balance des blancs, mémorisable, pour faire face aux fonds uniformément colorés, offre aussi des positions préréglées (intérieur/extérieur). Enfin, un très bon point pour l’exposition débrayable, ajustable sur 20 paliers. Petite prime, quatre modes d’exposition automatique (Portrait, Sport, Obturation à grande vitesse, jusqu’au 1/4.000s et Crépuscule). Cela aux dépens des priorités diaphragme ou vitesse, qui conduisaient le VX 1000 à régler automatiquement l’ouverture sur la vitesse choisie ou inversement, la vitesse en fonction de la valeur d’exposition sélectionnée. Cette substitution découle naturellement du fait que la vitesse d’obturation soit ici du seul ressort de l’automatisme. Notez que les réglages de balance des blancs et d’exposition peuvent être stockées dans une mémoire (Hold) .

Effets

Outre le fondu-enchaîné entre une image gelée et une scène en mouvement, le Sony VX700 autorise les volets latéraux et horizontaux, mais surtout stroboscopies, Flash Motion et traînage grâce aux vitesses d’obturation lentes. Le modèle supérieur se limite, pour sa part, aux fondus-enchaînés.

Qualité d’image

L’écart se joue surtout en termes de colorimétrie. Les teintes restituées par le VX1000 sont plus chatoyantes, plus dynamiques que celles du petit frère, d’où à notre sens un meilleur contraste avec une plus vaste gamme de nuances et un relief plus sensible. C’est ici que le capteur tri-CCD du VX1000 fait la différence. Joue aussi, dans une moindre mesure, le vaste pare-soleil. Cet accessoire minimise le phénomène diffraction, améliorant ainsi la qualité d’image. Précisons cependant que les teintes du VX1000 peuvent paraître trop vives. D’où une opinion partagée, certains n’hésitant pas à clamer leur préférence, pour la « douceur » du Sony VX700. Cela dit, une chose est sûre, rien n’interdit d’adoucir la colorimétrie du VX1000, via les menus personnalisés. En revanche, raviver les teintes du VX700, qui a perdu lesdits menus, s’avère définitivement impossible. Pour le reste, dans les deux cas, les couleurs restent stables, fidèles et ne « fuient » pas leurs contours ce qui renforce l’impression de précision.

Enfin, la définition est assez voisine avec un piqué remarquable, supérieur à ce qu’on peut observer en S-Vidéo. En effet, grâce à l’enregistrement numérique, le résultat tutoie les 500 lignes horizontales.

A noter : l’absence de jitter (torsion des verticales) à laquelle la présence du TBC, commun à tous les caméscopes DV, n’est pas étrangère, et naturellement la miraculeuse disparition des Drops Out. De même, l’effet de Flare (trait traversant l’image lorsque le camescope rencontre une source lumineuse) est aussi bien maîtrisé que sur le VX1000. Enfin, en basse lumière l’appareil nécessite toujours l’emploi d’une torche. Mais l’image reste supportable en l’absence du fourmillement de grain coloré, auquel nous avaient habitués nombre de modèles analogiques placés dans ces conditions.

Le son

Malgré l’intégration du micro au châssis, le son PCM reste excellent. C’est un peu normal, dans la mesure où il bénéficie des mêmes spécifications (12 bits/ 32 kHz). Seul regret, si le volume sonore peut être augmenté lors de l’écoute au casque, il n’en va pas de même pour les niveaux d’enregistrement qui eux ne sont pas débrayables.

Photos

Nous tenons ici à rectifier une erreur présente dans les spécifications du constructeur. Contrairement à ce qui est écrit, les « photos » s’inscrivent sur les mêmes pistes que la vidéo et non sur une piste différente. La particularité de ces images ? Elles sont surtout enregistrées à une vitesse d’obturation plus importante que les autres pour parvenir à une meilleure netteté en cas de mouvement. Elles possèdent une définition similaire à la vidéo. En revanche, leur usage est déconseillé en basse lumière (contexte peu favorable aux vitesses d’obturation rapide). L’immense intérêt des photos tient d’une part au rôle de transition qu’elles peuvent jouer dans le cadre d’un montage, et de l’autre à leur accessibilité immédiate. Une simple pression sur la télécommande (Search Mode) et apparaît la liste des photos enregistrées. Il suffit de sélectionner la vue de son choix pour que l’appareil la recherche et l’affiche. La procédure est identique pour les séquences vidéo, classées par dates de tournage.

Conclusion

Que déduire de tout cela ? La VX700 s’impose sans conteste comme une excellente acquisition pour les amateurs exigeants, peu enthousiastes à l’idée de consacrer près de 30.000 F à un outil de prise de vues, mais souhaitant investir dans le format de demain. En revanche, dans le cadre d’une utilisation institutionnelle, voire semi-pro, le VX1000 apparaît sans hésitation comme le choix le plus sûr. Doit-on pour autant enterrer l’analogique et les systèmes S-Vidéo ? Certes non, ne serait-ce qu’en raison de la compétitivité de produits complètement matures et qui présentent désormais un rapport qualité/prix très favorable.

En bref

Une qualité d’image exceptionnelle, même si le VX1000 conserve une supériorité dans ce domaine. Pour le reste, le Sony VX700 cumule tous les avantages du format DV, auxquels s’ajoutent de nombreux débrayages, un stabilisateur optique et un viseur couleur de haut vol. Les délices du numérique deviennent plus accessibles.

Caractéristiques Sony DCR VX700

 

Caméra

Format
  • DV
Standard
  • Pal
Capteur
  • 1/3″ 470 000 pixels
Zoom
  • Optique 10×
  • 6, 1-61 mm
  • Numérique x20
Mise au point
  • Auto et manuelle + modes Push Auto et Infinity
Bal. des blancs
  • Auto et mémorisable + 2 Position préréglées
Obturateur
  • Auto jusqu’au 1/4000 sec
 

Magnétoscope

Audio
  • Enregistrement numérique PCM. 12 bits/32 kHz/stéréo(doublage son). 16 bits/44 kHz stéréo. 16 bits/48 kHz/stéréo
Connectique
  • Sorties numérique
  • Y/C, vidéo composite et audio stéréo (Cinch)
  • Prises casque, micro, Lanc
Fonction
  • Stabilisateur optique, timecode, insertion, mode 16/9, effets spéciaux, mode Photo, enregistrement par intervalle, affichage sur écran
Prix Indicatif (Janvier 1996)
  • 18.000 FF TTC (environ 2.740 €)

CV 90

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