Sony PC350

Le Sony PC350 marque l’aboutissement de la lignée des modèles hybrides de Sony qui revendique une belle compétence vidéo et photo. Le bilan très convaincant de ce camescope numérique n’est cependant pas exempt de petites faiblesses.

Docteur ès polyvalence

Sony PC350

Sony fut en son temps le premier constructeur à croire aux caméscopes mixtes vidéo-photo. Aussi avait-il lancé en février 2000 le PC100 riche d’un capteur de plus d’un million de pixels. Cette polyvalence s’accompagnait toutefois d’un tarif très supérieur à celui de la gamme courante, d’un encombrement conséquent pour un modèle vertical et d’une sensibilité en basse lumière fort médiocre. Les générations se succédant, nous avons assisté à de nombreuses innovations qui ont, chacune à sa manière, amené la gamme à maturité. Au-delà de l’augmentation du nombre de pixels disponibles en mode Photo, nous apprécions donc les performances du dernier né dans les autres domaines. Mais, halte au dithyrambe puisque quelques détails peuvent encore être largement améliorés. Des points d’autant plus agaçants que l’appareil coûte quand même 30 % plus cher qu’un PC109 doté d’un « simple » capteur mégapixel, mais disposant presque des mêmes fonctionnalités.

Pas bien gros, mais pas cheap

Nous connaissons bien la fabrication des diverses générations d’appareils Sony : de la coque magnésium robuste au boîtier en plastique plus léger avec une « patte » dépliante fragile, en passant par des compromis pas toujours judicieux. Ce critère de solidité est déterminant pour ces appareils verticaux qui ont vocation à s’utiliser en toutes circonstances et se ranger dans une poche de blouson ou un sac à main.

Bonne surprise lors du déballage du PC350 : la tendance au « tout plastique » a épargné ce modèle. Il pèse le bon poids (535 grammes tout habillé) et les matériaux de construction ont été savamment étudiés. Beaucoup de « métal » difficile à rayer sur la partie supérieure. La prise en main est tout aussi idéale d’autant que le constructeur a conçu un système qui permet de dessangler le camescope : la dragonne est amovible à souhait via un bouton poussoir. Côté stabilité, on apprécie le juste poids qui assure une excellente préhension sans fatigue excessive du bras. Mais la surprise vient d’ailleurs. Nous étions familiers de l’embonpoint des appareils hybrides de la marque. Le design était semblable au reste de la gamme mais l’encombrement bien supérieur. Eh bien, le PC350 est désormais aussi compact que les autres modèles verticaux. Et ce, malgré les 3 millions de pixels du capteur. Aux dires de Sony, le gain de place est de l’ordre de 20 % par rapport aux aînés. Une donnée vérifiée qui constitue l’un des points forts du camescope.

Les Chiffres du Labo

Nous avons tout d’abord mesuré l’autonomie de la batterie fournie. Elle s’établit à environ 65 minutes en conditions d’utilisation normales (tournage, prise de photo, pause et reprise d’enregistrement). Nous avons ensuite évalué la réactivité de l’appareil depuis sa mise sous tension jusqu’à l’enregistrement ou la prise d’un cliché : il faut patienter 4,5 secondes avant de pouvoir enregistrer sur bande et 4 secondes pour accéder au mode Photo. Il faut aussi attendre environ 3 secondes entre deux clichés pris en qualité maximale. Le temps de recharge du flash est de moins de 2 secondes entre deux déclenchements. Aucun temps de latence ne vient entraver la prise de photo entre la pression sur le bouton et la prise de vue. En mode Vidéo, on constate un délai inférieur à 1 seconde entre une pause prolongée et un enregistrement.

Peu de touches

Toutefois, miniaturisation est en général synonyme de perte de boutons extérieurs. C’est le cas ici et c’est bien dommage. Sony conserve le même système : tous les contrôles d’image passent par l’écran tactile. Certes, ces menus sont irréprochables en terme d’ergonomie et font même figure de modèles du genre.

Sacrés menus !

Ecran Sony PC350Si l’interface est très adaptée à un fonctionnement automatique, ce n’est pas forcément la vocation première du PC350 qui fourmille de ressources côté contrôle d’image justement. On peut, par exemple, afficher le Zebra (signaler les zones surexposées), effectuer un Spotmeter (mesure de l’exposition sur une zone précise) par une simple pression du doigt sur une partie de l’image ou encore un Spotfocus (mise au point en indiquant la cible de l’index à l’écran). On trouve aussi le mode prise de vues 25p pour bénéficier d’une image « progressive ». Génial, si l’accès à ces fonctions est immédiat, mais moins pratique s’il faut parcourir un menu pour les déclencher. Ce qui est le cas ici.

Même critique pour la balance des blancs qui peut être manuelle et non pas « mémorisée » comme pour les anciens modèles. Pour atteindre ce réglage, il faut descendre dans le quatrième sous-menu. Pourquoi ne pas avoir simplement ajouté trois petits boutons offrant un accès direct aux fonctions essentielles, quitte à se servir de l’écran pour paramétrer l’automatisme ? Cependant, ce défaut d’ergonomie n’est pas un frein réel. En effet, l’appareil se veut avant tout opérationnel rapidement et facile d’utilisation. Les fonctions avancées sont plus des bonus que des éléments prioritaires. En témoigne la présence d’une touche Easy qui permet au néophyte de filmer en bridant volontairement les fonctions complexes.

Des automatismes précis et efficaces

A la mise en service en mode Auto, le PC350 est quasiment irréprochable. La mesure de l’exposition est excellente. Difficile de berner l’appareil à moins de changer très vite de conditions d’éclairage (du tungstène au plein jour par exemple). Dans ce cas, il suffit de cacher l’objectif de la main un court instant pour remettre l’automatisme « à l’heure ». Celui-ci s’avère d’une très grande précision à défaut d’être un monstre de vélocité. Même constat pour l’autofocus plutôt agile et qui est même capable de faire un bon choix arbitraire en cas de scènes difficiles avec des sujets en mouvement. L’appareil est donc très précis. De plus, sa réactivité correcte le rend opérationnel dans tous les types de situations courantes. La qualité des automatismes nous conduit à aborder la question de l’image. Les 3 millions de pixels et le gros capteur tiers de pouce servent-ils correctement la vidéo ?

Une image qui tue…

Le dispositif de captation est hérité de l’aîné, le PC330, qui avait déjà donné de très bons résultats. En revanche, le traitement de l’image est nouveau. De fait, mes résultats sont très satisfaisants. La résolution s’établit autour de 530/540 points-ligne. Le rendu vidéo s’avère précis et fidèle à la réalité. Une donnée vérifiée par les prises de vues hivernales de notre test. Malgré une lumière blanche qui tendait à mettre en avant les défauts du format DV, nous avons retrouvé un contraste adéquat. Adéquat, mais pas totalement irréprochable en zone de fort contraste entre l’ombre et la lumière. C’est surtout en mode Photo que l’on retrouve les nombreux pixels abrités par le capteur. Difficile, même pour un expert, de discerner l’image provenant du PC350 d’une autre délivrée par un boîtier numérique trimegapixel. En effet, on retrouve sur les caméscopes hybrides des petits défauts de traitement (très léger crénelage des contours ou distorsion des zones du cadre…) invisibles ici.

…sauf en basse lumière

La seule limite de ce camescope provient de son objectif qui doit jongler entre les deux modes. Le bilan photo est excellent et c’est pourquoi nous insistons sur le fait que ce modèle est un des rares à s’avérer réellement hybride dans le cadre d’une utilisation familiale. Seuls bémols au bilan image, un zoom ×10, un peu léger selon nous, dans cette catégorie de prix et une sensibilité en basse lumière toujours perfectible. Peut-être trouve-t-on ici les limites de la polyvalence de l’objectif et du capteur. En effet, si la plage de focales proposée, qui descend à un très correct 45 mm en équivalent photo 24 × 36, n’est pas gênante, la sensibilité n’est guère reluisante. Nous estimons cette dernière entre 5 et 6 lux. En dessous, on se trouve confronté aux limites du processeur de traitement qui tente d’éliminer le bruit, mais produit des vidéos sans éclat. A noter cependant le bon stabilisateur numérique qui ne sacrifie pas trop à la résolution et permet d’utiliser la focale au maximum sans l’aide d’un pied.

Gare à la station d’accueil

Sony PC 350 dans sa station d'accueilLe reste des fonctionnalités est plus classique à ce niveau de prix. Ce PC350 dispose de toute la connectique classique en entrée comme en sortie. Seul point critique : l’obligation de passer par la fameuse station d’accueil. Cette dernière permet au camescope de se recharger mais aussi de disposer de toutes les prises. Sans elle, point de salut.

L’avantage réside dans la possibilité de laisser cette base à demeure près du téléviseur ou de l’ordinateur. Reste un inconvénient : l’obligation de trimballer cette station si on n’utilise pas toujours le même téléviseur pour visionner ou le même ordinateur pour monter. Curieusement, on retrouve un connecteur S-vidéo sur l’appareil et heureusement une prise micro, mais pas de prise casque. Nous aurions préféré plus de classicisme côté connectique.

Pour conclure

Sony a conçu ici un très bon appareil pour toutes les situations et tous les usages. Un camescope entre tous les mondes : celui de la vidéo et de la photo, mais aussi celui des appareils grand public et des modèles plus avancés. Ce grand écart permet au PC350 de gagner le trophée de la polyvalence. Mais au prix de petits sacrifices qui pourraient être facturés un tout petit peu moins cher.

Caractéristiques Sony PC350

  • Capteur : 1/3″, 3,31 millions de pixels, 3,05 utiles (photo), 2,05 utiles (vidéo).
  • Zoom : ×10 (optique), 45 mm × 450 mm équivalent 24 × 36 (estimation), zoom numérique x120.
  • Obturateur/programmes : Automatique, Manuel (1/3 – 1/5000 s), Spot Meter + 6 programmes (Sport, Proj, Portrait, plage et Ski, Crépuscule, Paysage).
  • Balance des blancs : Auto, Manuelle, Intérieur, Extérieur.
  • Iris : F11.8-2.9.
  • Mise au point : Auto, Manuelle (bague), Spot Focus.
  • Sensibilité (estimée) : hors mode spécial (Super Nightshot), 5 lux.
  • LCD : Amovible, 2,5″ (62 mm), 123 kpixels.
  • Stabilisateur d’image : Numérique.
  • Cartes mémoire : Memory Stick Duo 16 Mo.
  • Entrées/sorties : USB , S-vidéo (In/out), Composite (In/Out), Micro, DV ln/Out.
  • Autres : Mode 25p, accessoires fournis (Adaptateur secteur, batterie, télécommande, câble audio/vidéo, station d’accueil, câble USB, cache d’objectif, Memory Stick Duo 16 Mo.
  • Logiciels : Picture Package, Image Mixer 1.5, Flash.
  • Dimensions/poids : 57,3 × 100, 3 × 106,7 mm, 535 grammes en ordre de marche.

Le verdict

Les plus

  • Appareil réellement homogène en photo et vidéo.
  • Mode Photo particulièrement attractif : les clichés sont excellents.
  • Très bonne qualité de fabrication qui allie robustesse et design.
  • Encombrement très réduit par rapport aux modèles antérieurs.
  • Touche Easy pour les débutants.
  • Dragonne amovible à souhait.
  • Bon stabilisateur numérique.

Les moins

  • Camescope-chargeur via la station d’accueil.
  • Accès aux réglages manuels uniquement via le panneau LCD tactile.
  • Connectique déportée sur la station d’accueil.
  • Sensibilité encore perfectible.
  • Positionnement tarifaire un peu élevé.

Les rivaux

Les autres caméscopes monoCCD sont au mieux bimégapixels.

Panasonic GS400 et GS120

Pour obtenir une qualité photo et vidéo comparable, il faut piocher parmi les triCCD comme ce Panasonic GS400 (2.000 euros) ou, moins performant, le GS120 (1.000 euros).

Samsung VP-6040i et 6050i

Ces modèles, à 1000 et 1200 euros, possèdent deux capteurs et deux objectifs : un pour la photo et un pour la vidéo. Leur capteur photo monte à 4 et 5 millions de pixels mais la vidéo est moins convaincante que celle des mégapixels.

Conclusion

Cet appareil est suffisamment convaincant pour se substituer à un couple appareil photo numérique familial/camescope. Les résultats ne souffrent aucune critique, si ce n’est une sensibilité qui mérite de progresser. Nous regrettons le regroupement de toutes les fonctions dans les menus de l’écran tactile et de presque toute la connectique sur la station d’accueil. Voilà les seules ombres qui viennent mitiger cet excellent bilan. Une valeur sûre.