Numériser des films soi-même

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Comment numériser un film argentique ? Numériser des films soi-même permet de réaliser des économies substantielles. Si une opération aussi minutieuse ne vous effraie pas, voici les recettes pour réaliser vos transferts de films. Les plus exigeants pourront recourir aux services d’un labo avec un scanner de films.

Numériser des films soi-même l’enfer ?

Toujours d’actualité, la question du transfert de films super 8 constitue un sujet important dans les forums spécialisés en vidéo. Les plus exigeants auront tout intérêt à confier l’opération à un professionnel du transfert.

Devant la masse d’archives à numériser, nombreux sont les amateurs à préférer numériser les films par eux-mêmes. Les amateurs à s’y être risqués parviennent à des conclusions très contraires. Certains se montrent plutôt satisfaits, tandis que d’autres ne trouvent pas de mots assez forts pour crier leur frustration. De fait la perte est inévitable : image moins piquée, couleurs pâlottes. Cela dit, la déception sera plus ou moins vive, suivant les précautions déployées et le type de système retenu.

Le scintillement

Premier ennemi, le scintillement, autrement dit une espèce de vibration éblouissante affectant l’image enregistrée. Ce défaut découle d’un phénomène simple : un film cinéma est projeté à 24 images/seconde, voire 18 pour du 8mm ou du Super 8, alors qu’un caméscope numérique enregistre 25 images (50 trames) seconde. Par conséquent, le caméscope filmera les images projetées, mais aussi les noirs correspondant aux intervalles pendant lesquels l’obturateur masque la vue.

Pour limiter, voire éliminer ce phénomène,  il faut disposer d’un projecteur capable de faire varier les vitesses de  défilement du film à plus ou moins 2 images. En clair, de passer 25 au lieu de 24 images par seconde ou 16,66 au lieu de 18.

Dans le premier cas, le mouvement s’accélère de façon imperceptible, dans le second, il est très légèrement ralenti, mais cela reste moins pénalisant que les différences de phase. Notez que ces modifications de vitesse se répercutent sur le son. Si l’accélération n’est pas sensible, le ralenti se percevra davantage. Cela dit, le phénomène s’avère, par chance, plus perceptible pour les musiques que pour les voix, autrement capitales dans le cadre de films familiaux.

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Certains projecteurs Beaulieu peuvent subir des modifications afin d’être en mesure de limiter, voire ‘éliminer le scintillement.

On trouve un tel obturateur variable sur les Transvidéo Elmo mais aussi sur le projecteur Beaulieu 708 EL-Capstan Drive (à deux et trois pales). Ce dernier modèle peut même être optimisé à la demande pour incorporer un réglage électronique par quartz. Destiné aux opérations de transfert film-vidéo, le Beaulieu ainsi modifié fait preuve d’une précision plus absolue (puisqu’il est parfaitement en phase) et rend inutile tout réglage manuel, l’opération s’effectuant automatiquement.

Cette information concerne surtout les clubs ou les professionnels vu le prix de l’appareil (autour de 25.000 F, le modèle standard). En revanche, les amateurs disposant de projecteurs Super 8 708 mono (modèles noirs) apprendront avec plaisir qu’il est possible d’adapter à leur matériel un obturateur bipale/tripale à vitesse variable.

Pour tenter de résorber le scintillement, on peut aussi recourir à un caméscope disposant d’un obturateur à vitesse variable. Attention, avant de vous lancer aveuglément dans une longue opération de transfert, prenez la peine de relire quelques images enregistrées. En effet, le scintillement est moins sensible sur le moniteur de contrôle qu’en lecture.

Réglages manuels

Mais ce n’est pas tout. Prévoyez des recadrages dus aux problèmes de mise en place. M. Lepetit évalue cette perte à environ 10 %. A cela vient s’ajouter l’amplification des défauts déjà présents sur l’image cinéma. Mais encore faut-il compter avec les faiblesses inhérentes à l’équipement vidéo utilisé et la propension des mono CCD à faire « baver » certaines couleurs, notamment les rouges. En effet, loin de filmer fidèlement l’écran, le caméscope réagit en fonction de ses propres réglages. C’est ici que les possesseurs de modèles entièrement débrayables disposent d’avantages cruciaux. Ils ne parviendront pas à gommer toutes les  imperfections, mais du moins limiteront-ils sensiblement les dégâts.

Première précaution, effectuer une mise au point manuelle. Un autofocus en liberté ne tarde pas à « pomper ». Indispensable également, le réglage de la balance des blancs. Nos essais en automatique se sont soldés par des images rougeâtres. Si votre caméscope dispose de positions prédéfinies, il faut généralement opter pour Lumière artificielle, mais le résultat sera meilleur avec un appareil doté d’une balance des blancs mémorisable.

Difficile de donner un avis tranché quant à l’ouverture de l’iris. Tout dépend du film. Dans notre cas, un automatisme livré à lui-même a d’abord procuré des images sous-exposées. La solution ? Surexposer direz-vous ? Mauvaise surprise, l’exposition varie d’un plan à l’autre. Résultat, sur certaines séquences, les traits des visages en gros plan devenaient méconnaissables parce que «  cramés ». Peut-être devrait-on s’en remettre à nouveau à l’automatisme ? C’est compter sans la lenteur de ses réflexes. Le fourbe peut en effet s’octroyer un temps de réaction pénalisant lors du passage d’un éclairage à l’autre.

Méthode

Mieux vaut d’abord visionner soigneusement le film à blanc, puis effectuer les réglages paraissant opportuns (en prenant bien soin de les noter) avant d’enregistrer la bobine en totalité. Relire alors ses images en repérant les séquences malmenées par les réglages choisis. Enfin lancer l’enregistrement définitif, interrompu autant de fois que nécessaire pour modifier les réglages sur les séquences préalablement localisées.

On le voit, l’opération exige du temps et de la minutie. Cela dit, elle permet d’effectuer un « nettoyage » de ses rushes (montage serait un bien grand mot dans la mesure où les raccords ne sont pas toujours évidents). Notez que l’élimination de plans ratés évite souvent bien des corrections de réglages. En outre, elle s’avère peu douloureuse dans la mesure où l’on conserve intacts les originaux. En effet, qui a taillé sans hésiter la pellicule d’un film familial face à des plans jugés trop fugitifs, voire inesthétiques ? Enfin, dans un tel contexte, rien n’interdit de recourir à un correcteur pour sauver certaines séquences.

Derniers conseils, nettoyez soigneusement la pellicule pour éviter les apparitions intempestives de poussières qui multiplieront les nécessités d’interruptions. Enfin, méfiez-vous des atermoiements et autres fignolages excessifs : n’oubliez pas que les projections répétées dégradent la pellicule. Dans le cas de films sonores, ne confiez surtout pas la prise de son au micro du caméscope. Les bruits parasites ne manquent pas, à commencer par le moteur du projecteur. Afin de conserver intact votre son synchrone, utilisez un cordon reliant la sortie Ligne du projecteur à l’entrée Micro du caméscope ou à l’entrée Audio du magnétoscope (voir encadré installation).

Solutions pour réaliser soi-même un transfert de film

Numérisation de film avec un boitier de transfert

Le boitier de transfert de film est un dispositif qui consiste à placer un projecteur de film d’un coté et un camescope numérique de l’autre coté. Le matériel ne se fabrique plus, mais de nombreuses modèles sont disponibles sur les sites de vente de matériel d’occasion.

Transfert de film en filmant un écran

Filmer un écran est la méthode la plus basique pour numériser des films soi-même. Elle consiste à réaliser une projection de film normale en filmant l’écran avec une caméra vidéo. Nous avons expérimenté plusieurs configuration et nous vous livrons les résultats ici.

Transfert de film par condenseur

Le transfert de film par condenseur est l’un procédé a porté du particulier qui donne les meilleures résultats à condition d’être très méticuleux. Il consiste à projeter le film dans l’objectif d’une caméra vidéo grâce à une lentille optique. Une alternative est le transfert OdO, ou objectif dans objectif.

Télécinéma et scanner de film grand public

Dernière option, les appareils de transfert disponibles à ce jour qui permettent de numériser des films soi-même. A l’achat ou en location auprès d’un professionnel, ils peuvent donner des résultats honorables avec quelques limitations malgré tout.

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