Hama Easycut

Hama EasycutFacile ou pas, le montage ? Hama répond par l’affirmative avec cette table fournie avec casque et micro. Un outil de post-production vidéo dont le look contraste singulièrement avec le style germanique habituel.[no_toc]

Par Jean-Pierre Challot – février 1996

Le déballage de l’Easycut est un vrai plaisir. Tous les câbles nécessaires aux liaisons lecteur/enregistreur sont fournis. Outre deux câbles de montage (prise Lanc ou New Edit à une extrémité, prise Edit Hama à l’autre extrémité), le constructeur fournit un micro monophonique et un casque stéréo, deux accessoires de base pour « travailler » sa bande-son.

Côté connecteurs de montage, le câble Lanc commande un camescope Sony ou dérivés. Il fait transiter les signaux de temps codé RC dont la faculté est d’augmenter sensiblement la précision aux points de montage (entrée/sortie). A condition bien sûr que le camescope 8 mm ou Hi-8 soit lui-même équipé d’un générateur/lecteur de time code RC (exemple : Sony TR3000). Une telle précision n’est pas possible en S-VHS(-C) via l’autre prise nommée New Edit, l’Easycut ne reconnaissant pas le VITC propre aux camescopes du groupe Matsushita. Dommage. Moins de problème en revanche pour indiquer au pupitre le code de télécommande infrarouge du magnétoscope. Démarche un peu fastidieuse compensée par le fait que ce code reste en mémoire. Il suffit d’insérer sous l’Easycut deux piles LR6 dans le compartiment prévu à cet effet. Fin prêt pour vous lancer dans le montage proprement dit !

Fromage ou dessert

Il existe deux types de monteurs. Ceux qui souhaitent rapidement éliminer les prises de vues indésirables. Et ceux qui préfèrent disposer harmonieusement différentes séquences. Les premiers se contenteront à coup sûr du montage à la volée, en sollicitant la touche Edit de l’Easycut qui commute l’enregistreur en mode Pause/Enregistrement puis lançant la lecture des images. Touche In pour débuter l’enregistrement d’une scène. Touche Out pour achever ce mode Record.

Placer un effet de fondu à l’ouverture ? A la fermeture ? En début et fin de chaque plan ? Rien de plus simple, il suffit de solliciter la touche Fade et de choisir la couleur de fond (noir ou blanc). Des témoins lumineux confirment les choix. Un effet de fondu au noir en début de séquence ? Une transition franche avec le plan suivant ? Appuyer de nouveau sur la touche Fade avant de stopper l’enregistrement. Manipulation qui relève d’une certaine gymnastique… Il  est donc préférable de choisir un plan suffisamment long (plus de 5 secondes). Ne pas perdre de vue que ces effets induisent un temps mort avant l’apparition ou la disparition de la première image enregistrée : près de 4 secondes en début de plan, 2 secondes en fin de plan.

Les seconds, monteurs plus prudents (et exigeants !), utiliseront le mode Programme de montage automatique. Par exemple, pour exécuter des fondus, il suffit de mémoriser un certain nombre de plans (jusqu’à 192), en indiquant pour chacun d’eux un point d’entrée et de sortie, ainsi que les effets éventuellement associés. Pleine de malice, l’Easycut vous demande au préalable si la cassette insérée dans le lecteur est rebobinée et si le compteur est remis à zéro. Dans la négative, elle peut effectuer ces opérations automatiquement.

Les scènes étant mémorisées dans un ordre qui n’est pas fatalement celui du montage définitif, on peut modifier cet ordre initial, voire insérer une même séquence plusieurs fois, à des places différentes ou non. La fonction Preview (prévisualisation) permet de vérifier le bon agencement des scènes. Elle se matérialise par la disparition de l’affichage sur écran. Dommage que l’utilisation de l’Easycut ne soit pas plus intuitive : certaines touches ont une double fonction, ce qui risque de perturber un peu l’utilisateur.

La précision reste honnête avec un lecteur bénéficiant d’un time code RC : comptez un écart de trois à quatre images. Bizarrement, même si ce time code est lu par la table de montage, celle-ci n’affiche pas les numéros d’images. Bon point en revanche pour l’inscription des références compteur (time code compris) sur un petit bandeau noir dans le coin supérieur droit du téléviseur. Enfin, on ne peut qu’apprécier le réglage des temps de Préroll et Postroll de l’enregistreur, dispositif destiné à compenser les temps d’inertie propres à tout magnétoscope de salon.

Fin dosage

Sa table de mixage intégrée offre un mélange de trois sources différentes :  le son d’ambiance, une musique et un commentaire (via la prise micro). Un dosage fin s’obtient grâce aux potentiomètres précis et souples d’utilisation (gradués de 0 à 10) et par un contrôle casque à volume réglable.

Enfin, exclusivité Hama : pouvoir amplifier manuellement le signal vidéo pour limiter les déperditions au montage et obtenir une deuxième génération de qualité supérieure. Du bruit apparaissant sur l’image à partir de la position 4, il ne faut pas abuser de cette fonction.

En bref

L’Easycut rendra service aux amateurs qui disposent d’un petit budget. A  noter, sa compatibilité avec les camescopes Sony et Panasonic, la mémorisation de 192 séquences, la table de mixage audio et l’amplificateur  de signal vidéo. Sans compter les deux accessoires fournis : casque et micro.

Les Plus

  • Compatibilité : Possibilité de commander un camescope ou un magnétoscope équipés des connecteurs de montage Lanc, Control L, ou New Edit.
  • Pratique : La table de mixage audio incorporée (source auxiliaire, micro) et surtout les accessoires fournis (casque et micro).
  • Précision :  La lecture du time code RCTC (pour le Hi-8) garantit une précision de calage sur les points de début et de fin de plan.
  • Gonflé : Possibilité d’amplifier le signal vidéo pour réduire les pertes à la copie.

Les Moins

  • Lacunes : Ni fonction titrage ni identification du time code VITC. Gère bien le time code RCTC mais n’affiche les numéros d’images (Frames) que sur l’écran du téléviseur.
  • Complexe : La manipulation de la table n’est pas aussi « easy » que son nom l’indique.
  • Dommage : Fondu simultané de l’image et du son.

Caractéristiques Hama Easycut

  • Standard : Pal, Y/C.
  • Pilotage lecteur : Lanc (Sony), Control L (Sony), New Edit (Panasonic).
  • Pilotage enregistreur : Infrarouge.
  • Time Code : RCTC.
  • Précision : environ 4 images avec un lecteur muni du time code RCTC, et 8 images dans le cas contraire.
  • Connec. vidéo : Cinch, Y/C (entrée et sortie).
  • Connec. audio : Cinch stéréo (entrée et sortie) + entrées Cinch stéréo pour auxiliaire.
  • Micro : mini-jack mono avec réglage du volume.
  • Casque : mini-jack stéréo avec réglage du volume.
  • Fonctions : Montage à la volée ou programmé de 192 séquences en mode assemble, lecteur avec ou sans time code RCTC, fondu au noir ou au blanc en entrée/sortie, mixage son, amplificateur de signal vidéo, micro et casque fournis.
  • Prix indicatif : Environ 2 000 F (305 €)

Rivaux

Aux environs de 2000 F, il existe aussi 5 autres modèles. L’Expelec AC-250S mémorise 190 plans, dispose d’un fondu audio/vidéo au noir ou  au blanc. Elle est compatible avec les connecteurs de montage Lanc et New Edit. Ce double langage se retrouve chez Hama VCT 202 et Videonics TU-1. Le premier est doté d’une table de mixage incorporée. Le second mémorise 62 séquences, gère les time code RCTC et VITC, dispose d’une prise GPI pour déclencher une régie d’effets et accepte aussi bien le Pal que le Secam. Ce dernier point caractérise aussi le Vivanco VCR 5022, qui a la particularité de piloter le lecteur par système infrarouge. Enfin, la table de montage Panasonic VW-EC1 mémorise 4 plans et n’est compatible qu’avec les connecteurs de montage de la marque, les fameuses prises New Edit 5 broches.

CV91