Panasonic AG DVX100A

Panasonic AG DVX 100A

Grosse offensive de Panasonic. La nouvelle caméra numérique AG-DVX100A améliore encore ses facultés uniques en terme de travail sur l’image, mais elle devient aussi plus productive. Elle menace donc directement Sony et sa PD170. Quand on lui demande d’être efficace, la Pana répond désormais présent tant en matière d’ergonomie que de fonctionnalité. Et quand on veut personnaliser son image, on accède à peu près à tout ce qui peut exister.

Plus fonctionnelle

Quand la DVX100 a débarqué sur le marché l’année dernière, on l’a immédiatement comparée à la mythique PD150. Et pour cause. Dans cette gamme de prix, un constructeur venait enfin chasser sur les terres de Sony en proposant une alternative intéressante au modèle roi de la catégorie entrée de gamme professionnelle. A cela deux raisons fortes : la DVX100 se voulait aussi sensible en basse lumière que sa concurrente réputée imbattable, mais en plus, elle offrait des fonctionnalités uniques à ce niveau de prix.

Au programme un mode 25p (vrai mode Progressif, images désentrelacées) et des réglages Cine-Like qui permettent, entre autres, de modifier à loisir les valeurs de Gamma et de Saturation pour obtenir un rendu proche du film asymétrique. Après l’enthousiasme de départ corroboré par les tests de qualité d’image, on a regretté la relative complexité d’emploi de la machine et certaines limitations des modes spécifiques.

En conclusion, l’impression du match PD150/AG-DVX100 ressemblait un peu à cela : la PD150 pour le reportage grâce à son efficacité, la DVX100 pour le court métrage avec ses réglages avancés. L’évolution proposée par Panasonic avec ce modèle «A» change quelque peu la donne. Le constructeur, a semble-t-il, voulu corriger les défauts de jeunesse de son modèle prosumer et développe une machine aussi à l’aise en reportage qu’en tournage créatif, à quelques bémols près.

Le Test

Avant de s’aventurer dans le test, il convient de rappeler le modus operandi particulier de cet appareil. Comme il propose de nombreux modes de traitement de l’image, il est d’abord nécessaire de choisir son programme (50i, Vidéo traditionnelle, Spark, 25p, Ciné Like…). Cette sélection pourrait ressembler à ce que l’on trouve sur les caméscopes grand public, à une nuance près. Les programmes ne sont pas figés, ils sont «reprogrammables» et stockés dans ce que Panasonic appelle des fichiers Scène. Concrètement, si vous désirez que le mode 50i (mode « normal») présente par défaut tel ou tel paramètre pour répondre à votre manière de travailler, il suffit de le mémoriser une fois pour toutes. C’est un peu comme si vous aviez accès au réglage d’usine du camescope. D’où un gain de productivité certain et une personnalisation de l’image non contraignante.

Des réglages d’image uniques

Nous ne nous attacherons pas, dans ce test, à mesurer l’intérêt des modes 25p et Cine (24p). Certains contestent leur utilisation sans chaîne de postproduction compatible alors que d’autres en font le principal argument de ce produit.

Toutefois, une chose est sûre : leur exploitation sur le modèle précédent était assez contraignante : autofocus et vitesses d’obturation inférieures à 1/25 inutilisables, gain bloqué à 0 dB… La DVX100A corrige ces défauts et débride ces limitations. En outre, Panasonic a ajouté plusieurs réglages : Cine-Like_D (Dynamic Range qui se rapproche de l’enregistrement film) et Cine_Like_V (Vidéo qui « booste » les tons moyens). On trouve aussi V Detail Freq (trois positions), Matrix, EVF_DTL (accentuation des contours…). Cela permet d’imprimer une marque de fabrique encore plus personnelle à vos images, sans forcément utiliser le mode Cine.

Plus important, l’AG-DVX100A propose un mode 16/9 supérieur à celui de son aînée. Plutôt que d’imprimer un simple «cache 16/9» au capteur 4/3, le constructeur a choisi de traiter l’image en conversion numérique de pixels pour gagner en résolution. Le résultat nous a cependant moins convaincu que le traitement offert par la PD170. En conclusion de cette partie concernant le travail de l’image, disons que Panasonic a assoupli et développé les facultés et le fonctionnement de l’AG-DVX100 pour rendre celui-ci plus utilisable, mais qu’il ne s’agit surtout pas du seul argument de l’appareil.

Efficacité au tournage ?

L’accès aux réglages décrits n’est pas obligatoire, mais simplement possible. En reportage vidéo, on bascule en mode Scene via une molette unique (les six programmes sont baptisés Scene X pour indiquer qu’ils sont modifiables, le mode Scene n°1 est celui dédié à la vidéo «classique »).

Ensuite, on effectue traditionnellement ses réglages via les touches disposées sur le flanc. A ce titre, la DVX100A ne propose pas de changements radicaux par rapport à son aînée : on y retrouve, par exemple, l’excellente commande de balance des blancs à trois positions mémorisables. Panasonic a cependant rajouté trois touches utilisateur programmables et très pratiques. On apprécie aussi l’ajout d’une vis sur la commande manuelle de zoom à butée (90° d’angle, unique à ce niveau de prix) afin de réaliser des mouvements fluides et très rapides. Mais on regrette le jeu observé entre la bague manuelle et l’entraînement du moteur électrique qui rend l’appareil sensible à l’effleurement. La DVX100 est aussi dotée d’une touche Auto qui permet au cadreur de sortir d’une situation délicate par simple pression naturelle. Ajoutons à cela le nombre exhaustif d’indications à l’écran, dont une est particulièrement utile. Comme tous les caméscopes de cette gamme, la bague de mise au point tourne sans fin et ne dispose donc pas de repères. Qu’à cela ne tienne, ces derniers apparaissent à l’écran. Il devient donc possible de retrouver une mise au point en se fiant DVX100A PD170 à l’indicateur numérique (gradué de 0 à 100). Bref, le LCD est une vraie mine d’informations. Mais il est malheureusement de piètre qualité. Impossible de se fier à lui en intérieur comme en extérieur. C’est d’autant plus dommageable que ce camescope offre des réglages avancés qu’on aimerait pouvoir juger sur le terrain. Seul le viseur, de meilleure qualité, pallie cette lacune. Autre limite, la commande d’iris, trop légère et qui manque de pas de réglage. Enfin, nous regrettons que les touches d’obturation se situent toujours… derrière le panneau LCD. N’espérez donc pas régler la vitesse si ce dernier n’est pas déplié. Globalement, donc, et malgré cet écran médiocre, la DVX100A s’en sort fort bien et présente même certains points d’ergonomie supérieurs à la PD170. En outre, elle conserve son gros atout : un grand-angle  de 32,5 mm en équivalent photo.

Qualité d’image

La durée de notre test ne nous a pas permis d’éprouver l’appareil dans toutes les conditions. Cependant, plusieurs impressions se dégagent : en condition d’éclairage normal, l’image est sans reproche et atteint une résolution qui flirte avec les 540 points-ligne. La balance des couleurs est d’autant plus équilibrée que l’on peut également effectuer une balance des noirs. L’AGDVX100A est tout aussi irréprochable que la PD170, même si le rendu nous semble présenter une légère faiblesse dans les très hautes lumières. En revanche, la résolution nous paraît supérieure chez Panasonic.

En basses lumières, les résultats sont un peu différents : à 0 dB, l’AG-DVX100A est à son avantage et produit une image légèrement plus lumineuse, selon nous, que la Sony. En revanche, dès que l’on pousse le gain, la PD170 prend le dessus en offrant une image plus propre (à 6 et 12 dB). Chez Panasonic, ça fourmille un peu trop et on perd en détail. Mais quoi qu’il en soit, ce n’est pas sur ce terrain que l’on pourra prendre à défaut ce camescope qui offre des résultats de haute tenue.

Caractéristiques Panasonic AG DVX100A

  • Capteur  : 1/3 de pouce, 3 x 470000 pixels (440 000 effectifs).
  • Zoom : x10. 4,5-45 mm. Diamètre filtre : 72 mm.
  • Mise au point : Auto. Manuelle.
  • Bal. des blancs : Auto. Manuelle. Préréglée, mémorisable 3 positions.
  • Obturateur : Du 1/25’au 1/1000′ (25p) ou du 1/50′ au 1/2000′ (50i).
  • Gain : +3, +6, +9, +12 dB.
  • Visée : Ecran couleur 8,9 cm. Viseur N&B/couleur.
  • Format/standard : Mini-DV, Pal.
  • Sensibilité : 3 lux à f/1,6.
  • Audio Micro stéréo, réglage manuel du son, Ch1 et 2, doublage, entrée Mic ou Line commutable. 12 bits 32 kHz, 16 bits 48 kHz.
  • Connectique 1 DV, 1 Cinch vidéo, 2 Cinch audio, 1 Ushiden, 2 prises XLR, casque, cam Remote.
  • Dim./poids 13,9 × 16 × 36,4 cm, 1,9 kg.
  • Prix indicatif 3 500 €.

Les plus

  • Très bonne qualité d’image (540 points-ligne).
  • Commande de zoom manuelle avec vis pour plus de fluidité.
  • Ergonomie des commandes manuelles (sauf Shutter Speed).
  • 32,5 mm de grand-angle en équivalent photo.
  • Très bonne sensibilité (environ 2 lux), traitement amélioré de l’image.
  • Capacité de réglage d’image, même en modes traditionnels.
  • Système de mémorisation des réglages par défaut via six fichiers » différents.
  • Trois touches « utilisateur » sur le flanc.
  • Indications à l’écran exhaustives (MaP, Zebra réglable, Zoom…).
  • Chargeur séparé et batterie forte capacité en standard.
  • Modes 25p et Cine-Like entièrement paramétrables et plus exploitables.
  • Système de navigation par joystick efficace.
  • Réglage de la balance des noirs.
  • Touche Check-Rec pour vérifier le dernier enregistrement à la volée.

Les moins

  • Mauvaise qualité du LCD.
  • Trop de commandes situées derrière l’écran (partie audio + Shutter Speed).
  • Réglage des canaux audio peu pratique.
  • Gain perfectible.
  • Légèreté de construction de certaines parties
  • Indication d’autonomie de batterie imprécise.
  • Bruit des commandes électriques audible sur la bande.
  • Imprécisions de la commande de zoom dans certaines conditions.
  • Manque de paliers d’iris.
  • Zoom optique de x10.

Verdict

Les modes manuels traditionnels, la qualité des automatismes et la possibilité de personnaliser les fonctions rendent enfin ce camescope productif pour le reportage. Ce modèle est donc le plus polyvalent de l’offre actuelle grâce aux nombreux réglages accessibles sur demande. A ces points forts, ajoutons une qualité d’image très satisfaisante. Nous regrettons quelques erreurs ergonomiques et une qualité de construction un peu légère. Alors, Sony ou Panasonic ? Difficile de trancher : ces deux appareils ont des qualités différentes et un point fort commun dans l’excellence du rapport qualité/prix/image. Sony séduit par le DVCam et une grande rationalité alors que Panasonic offre un programme opérationnel plus large. Mais une chose est sûre, la PD170 n’est plus seule sur le marché.