Sony DCR-TRV340

Compatible avec votre ancien stock de cassettes 8mm et Hi-8, ce caméscope numérique Digital8 garde un pied dans l’analogique. Mais il est aussi furieusement tendance : webcam à ses heures, le Digital8 Sony DCR-TRV340 innove en offrant le montage virtuel en MPEG-1 sur PC via sa prise USB.

Par Danielle Molson – avril 2002

Sony DCR-TRV340

Premier modèle disponible à savoir jouer les webcam, ce Digital8 est une vraie mine de fonctions. On n’en finit pas d’inventorier les trésors cachés sous la robe anthracite, noire et argentée du Sony DCR-TRV340. A commencer par le transfert direct et le montage de ses vidéos sur PC en MPEG-1, via la seule connexion USB. Ajoutez la carte Memory Stick capable de stocker des photos et de courtes séquences en basse résolution. Autres séductions: l’enregistrement image par image pour l’animation , le titrage, la kyrielle d’effets et fondus, le Super NightShot pour filmer dans le noir, la mémorisation de séquences… Et, bien sûr, la capacité de relire les vieux rushes 8mm/Hi-8 ou d’enregistrer sur les économiques cassettes Hi-8. Le tout pour moins de 6.300 F, soit 950 euros ! Pas de doute, Sony en donne pour son argent !

Test du Sony DCR-TRV340

Ergonomie

Malgré un boîtier plus compact que ceux de la précédente gamme, le Sony DCR-TRV340 conserve une allure de modèle analogique. Normal, une cassette Hi-8 est bien plus volumineuse qu’une miniDV. Mais la prise en main est confortable, grâce à un centre de gravité bien placé. L’écran LCD de 6,35 cm de diagonale, offre une définition moyenne de 123.200 pixels, et s’associe à un viseur noir et blanc comme toujours en D8.

Le sélecteur principal permet de choisir entre la mise hors-tension, et les modes Magnétoscope, Caméra ou Memory Stick. Ici, impossible de s’emmêler les pinceaux, puisqu’un ergot peut interdire l’accès au Memory Stick. Ce détail, qui n’a l’air de rien, évite les fausses « manips » et simplifie les opérations courantes. Bonne surprise, la durée de la batterie lnfo-Lithium standard : 110 minutes en continu, soit une bonne grosse heure en réel. Comme tous les constructeurs, Sony propose des batteries longue durée en option. La généreuse NP-QM91 (ou FM91) porte ainsi l’autonomie maximale à 605 minutes en continu. Côté réactivité, en position StandBy l’enregistrement effectif sur la bande s’effectue en moins de 0,5 seconde une fois pressée la touche marche-arrêt. Le meilleur délai du marché. En revanche, lorsque l’appareil est hors-tension, il faut compter 5 à 6 secondes. Bien vu, la griffe porte-accessoires intelligente pour installer torche ou micro sur sa machine.

Capteur et optique

Le Sony DCR-TRV340 conserve le capteur 1/6 de pouce à 800.000 pixels, de la précédente fournée de 0,8 non Mégapixel. Son zoom optique x25, qui correspond à un 46-1 150 mm en équivalant photo, est puissant mais reste lo in du grand-angle. Quant au zoom numérique qui pousse jusqu’à ×50 ou ×700, il offre des performances sans surprise : ×50 ça va, ×700 bonjour les dégâts, autrement dit gros pixels en perspective… L’appareil exige environ 2,5 secondes minimum pour couvrir la plage des focales optiques. Pas mal, vu l’importance de celle-ci. Bien sûr, la vitesse varie selon la pression, et rien n’empêche de ralentir le mouvement.

Automatismes et réglages

L’autofocus pompe davantage en basse lumière que celui de son collègue DV Panasonic GS1. En revanche, l’accès aux réglages est plus pratique. On active la mise au point manuelle par bouton et on retouche la netteté à l’aide d’une confortable bague cerclant l’objectif. Même procédure pour l’exposition, l’ajustement s’opérant ici grâce à une molette. Enfin, un bouton chargé de la compensation du contre-jour permet les réactions rapides et on compte 6 programmes d’exposition automatique. 4 vitesses d’obturation lentes, de 1/3 à 1/25s , se valident dans le menu des effets spéciaux. La balance des blancs reste automatique, comme sur les précédents Digital8. Le pouvoir compensateur du stabilisateur numérique nous a paru plus important que celui du Panasonic GS1 , mais la différence de qualité d’image avec ou sans, apparaît aussi plus nettement et se traduit par une légère dessaturation des couleurs. Ce stabilisateur ne se désactive pas en basse lumière.

Effets trucages

Un vrai festival ! Négatif, sépia, noir et blanc, solarisation, image allongée, élargie, pastel, mosaïque, gel, stroboscopie, incrustation d’une vidéo dans les zones lumineuses d’une vue fixe (Luminance Key), traînage, vieux film. Beaucoup de ces trucages et filtres s’exploitent aussi en lecture sur les séquences D8, mais non 8mm/Hi-8 (négatif, sépia, noir et blanc, solarisation, gel, stroboscopie, Luminance Key et traînage) . Ils se copient, à condition de passer par les sorties analogiques. 7 fondus complètent la panoplie: au noir, mosaïque, par rebond , enchaîné, volet, pointilliste et passage de la couleur au noir et blanc. Si désiré, l’appareil enregistre en 16:9 en anamorphosant l’image. Attention, ce mode est parfait pour une lecture sur écran 16:9, mais la vidéo sera irrémédiablement déformée sur un téléviseur 4:3. Avis aux amateurs.

Sony DCR-TRV340

Un générateur de caractères assure un titrage sommaire en 7 couleurs et 2 tailles. Et, comme le D8 n’a pas les exigences du DV, nul besoin de cassette à puce pour exploiter cette option. Le titre s’applique en enregistrement ou en lecture, et là encore se copie via les sorties analogiques. Cadeau de la maison, le zoom numérique en lecture avec recadrage pour les images numériques (D8 et JPEG, mais non Hi-8 ou 8mm). Toujours au chapitre des effets, le Super NightShot, bien connu des habitués sert à filmer dans le noir absolu des images monochromes en vert. Jusqu’à 3 mètres de distance le camescope ou le sujet peuvent bouger sans dommage, au delà, l’appareil utilise des vitesses d’obturation lentes créant un traînage plus ou moins marqué.

Outre le mode Photo, qui fige une image sur la bande avec continuité sonore, le Sony DCR-TRV340 propose le stockage sur Memory Stick de séquences animées en MPEG-1 et de vues fixes en VGA (640 x 480). Mais il allonge aussi la liste des effets, en offrant entre autres, le Chroma Key ou l’incrustation de la vidéo dans un cadre. A noter la possibilité de capturer sous forme de photos ou de séquences MPEG le contenu d’une cassette sur le Memory Stick. L’inverse est possible en rusant : en jouant sur les niveaux de transparence.

Les adeptes de cartoons et d’animations d’objets applaudiront la possibilité d’enregistrer des groupes de 6 images, pour obtenir du 4 vues par seconde. A signaler pour conclure, l’intervallomètre pour programmer un enregistrement automatique toutes les 30 secondes à 10 minutes, avec des temps d’enregistrement allant de 0,5 à 2 secondes par prise. Enfin mentionnons le montage par infrarouge, de bande à bande et avec mémorisation de 20 séquences. Les magnétoscopes d’un très grand nombre de marques peuvent servir d’enregistreurs.

Image et son

500 points par ligne tout juste. Le TRV340 est dans la norme du numérique, sans plus ! Versant couleurs ça manque un peu de pêche en intérieur notamment et en plan large les rouges tendent parfois à s’échapper un peu de leurs contours. C’est mieux qu’en analogique bien sûr, mais le numérique nous a rendu très exigeants. Enfin, il faut bien que les modèles plus onéreux justifient leur prix… La sensibilité est médiocre et l’image se bruite vite en basse lumière. Le capteur 1/6 de pouce n’y est sans doute pas étranger ! Enfin, on constate un Smear plus important que la moyenne. Comme en DV, on dispose d’une vitesse lente d’enregistrement. Elle augmente de 30% la durée standard d ‘une cassette, menant une bande d’1 heure à 90 minutes. Soit la durée standard d’une cassette Hi-8. Principal inconvénient de cette vitesse lente : seul le camescope ayant enregistré la cassette saura la relire à coup sûr.

Côté audio, l’enregistrement s’effectue au choix en 12 bits/32 kHz ou 16 bits/48 kHz, mais le doublage audio est interdit : une limite du D8. La qualité du micro est moyenne avec du souffle en ambiance calme.

Flux MPEG-1

That’s the point ! Comme diraient les Anglo-saxons. C’est là en effet, que le TRV340 innove. Et avec lui, toute la fournée 2002 de Digital 8. L’idée? Epargner au vidéaste possesseur de PC la perspective anxiogène d’ouvrir son ordinateur pour y installer une carte de montage vidéo dotée de prises FireWire. Ici, on peut passer par le connecteur USB, présent en standard sur les ordinateurs. Un inconvénient toutefois. Il faut renoncer à la qualité DV et se contenter d’un médiocre MPEG-1. Une restriction intolérable dans l’optique pure et dure d’une production soignée, mais tout à fait compatible avec une exploitation Web.

NetMeeting

L’USB Streaming, c’est le nom du procédé, transfère le contenu de la cassette (et non plus seulement du Memory Stick) vers le PC. Mieux, la communication peut s’effectuer en direct, avec la seule partie Caméra, afin d ‘utiliser le camescope comme webcam. Cette dernière fonction n’est pas documentée dans le mode d’emploi. Mais ça marche pour qui prend la peine de suivre la procédure d’installation des drivers (pas toujours intuitive), et de placer la commande USB Streaming sur On dans le menu Magnétoscope du Sony DCR-TRV340. N’oubliez pas, par ailleurs, de glisser un Memory Stick dans le camescope, même si vous n’en voyez pas l’utilité. Dans ces conditions, le D8 devrait accepter de frayer avec les logiciels de vidéoconférence. Dans notre cas, tout a fonctionné sans problème avec NetMeeting, le programme Microsoft gratuit, et Windows 98. Mais les systèmes d’exploitation 2000, Millennium et XP seraient également compatibles. L’USB Streaming ne convient pas aux Mac. Les voilà privés de fonction Webcam, par conséquent. Les adeptes de la Pomme doivent aussi renoncer au transfert des vidéos par prise USB. Il est vrai que les machines Apple sont généralement fournies avec des prises DV, qui rendent caduque l’installation d’une carte de montage virtuel. Cela dit, le logiciel Pixela est compatible à partir de OS 8.5.

Montage sur Pixela

Pixela, offert par Sony, se charge de la conversion du D8 et DV en MPEG-1, toujours en 25 images/seconde, sur PC. Une seule taille possible: 320×240. Par ailleurs ce programme accepte d’acquérir sur Mac et PC le contenu photo et vidéo du Memory Stick. Il assure aussi pour les deux plates-formes la gestion des photos, un montage vidéo sommaire et la création de jaquettes pour CD. L’exploitation de Pixela est ignorée par le manuel (installation et capture exceptées), il faut se contenter de l’aide en ligne.

Pixela

Nous avons procédé très facilement à l’acquisition de séquences vidéo, avec leur son synchrone, issues de cassettes enregistrées en D8 et Hi-8, et lues par le TRV340. Le temps requis par la capture et la conversion en MPEG-1 correspond à peu près au double de la durée de la séquence. Le pilotage (Avance, Recul, Stop, etc.) s’effectue sur le camescope lui-même et non via le logiciel, comme sur les éditeurs de montage virtuel courants.

Les séquences se stockent dans des chutiers nommés Albums, au même titre que les photos. La piste vidéo se présente sous forme d’un story-board, affichant une imagette par séquence. Entre ces imagettes s’intercale un espace pour les transitions aux durées paramétrables. Les différentes opérations : Coupe, Gestion du son, du titrage ou des transitions, se réalisent dans des fenêtres spécifiques dotées d’une visionneuse et d’un compteur. On y travaille une séquence à la fois. Pour affiner les points d’entrée et de sortie, on apprécie la double fenêtre de raccord, dite de Trimming. Le calage, précis, s’effectue par incréments de 0,1 seconde à 3 secondes. Sony fournit une petite bibliothèque de sons, mais rien n’interdit d’importer des fichiers Wav provenant d’un CD, voire d’un commentaire au micro. Attention, en l’absence d’une seconde piste audio, tout ajout supprime le son synchrone. L’élément audio peut se rogner et bénéficier de fondus en entrée et sortie et voir son niveau paramétré.

Le module de titrage, assez riche, permet de dessiner ou d’incruster un titre ou un graphisme sur ses vidéos. Il va jusqu’à proposer différents ombrages colorés ou non, plusieurs teintes, tailles et polices, mais pas de défilement. Il sert aussi à la conception d’étiquettes et autres jaquettes. Rien n’interdit en effet de graver son film sur Video-CD par exemple. Pas de copie sur cassette prévue. Cela ne présenterait aucun intérêt compte tenu de la médiocre qualité du MPEG-1. Mais la vocation première de Pixela reste le partage des images sur Internet.

Un regret dans cette optique, rien n’est prévu pour convertir son fichier en Real Video, en Windows Media ou réduire la taille des images MPEG en 160 x 120, ce qui allégerait les fichiers et faciliterait leur expédition. Certes, des petits utilitaires peu chers, voire gratuits, existent. Notez au passage la possibilité d’utiliser la prise DV (option proposée par le logiciel sous Windows seulement) pour exploiter Pixela. Mais attention, la capture s’effectue toujours en 320 x 240 et non en 720 x 576. En revanche, le fichier est 10 fois plus lourd qu’un MPEG classique. Aucun intérêt par conséquent. Enfin, nous avons réalisé nos essais sur PC, mais il semblerait que les fonctions Mac soient parfois plus sommaires (sauf pour les graphismes prêts à l’emploi) et nous n’avons pas trouvé d’aide en ligne. Pour finir, mais cela tombe sous le sens : rien n’interdit bien sûr de monter en pleine qualité numérique sur Mac ou PC en passant par la prise DV du camescope. Du moins si l’ordinateur possède une connectique idoine. Pour cela, préférez le modèle Digital 8 TRV240, doté d’une entrée numérique et de la carte Pinnacle DV Studio (1.000 euros).

Configuration minimale requise pour Pixela Image Mixer 1.0

  • CD-Rom fourni Il contient les pilotes USB, plus le logiciel de montage vidéo et de retouche Pixela Image Mixer 1.0, traduit en 7 langues, dont le français.
  • OS Windows 98, 98 SE, Millennium, 2000, XP. Mac OS 8,5 et jusqu’à 9.2. Mac OS X n’est pas compatible.
  • Disque Dur : 200 Mo pour l’installation (100 Mo sur Mac) et 1 Go pour le stockage.
  • Ram : 64 Mo ou plus.
  • Affichage : 800 x 600 et 32.000 couleurs ou plus (65.000 couleurs sur PC, avec prise en charge du pilote Direct Draw et 4 Mo Vram).
  • Pour PC : Pentium MMX 200 MHz (recommandé : Pentium 500 ou 800 et plus). DirectX8 et versions ultérieures.

Caractéristiques Sony DCR-TRV340

  • Format : Digital 8.
  • Standard : PAL.
  • Audio : 12 bits 32 kHz ou 16 bits 48 kHz.
  • Capteur : 1/6 de pouce, 800.000 pixels.
  • Zoom : 25× (numérique ×50 et ×700), 2,4-60 mm, f/1,6.
  • Mise au point : Auto, manuelle par bague.
  • Exposition : Auto, manuelle, verrouillage de l’iris, 6 modes AE (Portrait, Sport, Crépuscule et Nuit, Plage et Ski, Projecteur, Paysage). Touche contrejour.  Bal. des blancs : Auto.
  • Obturateur: Auto, manuel. Rapide jusqu’au 1/4.000, lent 1/3 à 1/25s.
  • Connectique : Sorties analogiques A/V composite (mini-Jack), Ushiden, et sortie DV. Prises micro, casque, Lane, USB pour PC/Mac.
  • Viseur/écran : Viseur noir et blanc. Ecran LCD 6,35 cm, 123.200 pixels.
  • Autres fonctions : Stabilisateur numérique. Modes SP/LP. Lecture de K7 8mm/Hi-8 analogiques. Fonction webcam. Memory Stick : photos en 640 x 480 et videos MPEG1 (e-Movie). 14 effets spéciaux (lecture-enreg. pour la plupart), 7 fondus dont l’enchaîné, effets d’incrustation avec Memory Stick. Chroma Key), zoom num. en lecture. Intervallomètre. Enregistrement image par image. Ralenti, image par image avant-arrière, pause, recherche de section vierge, recherche d’image à l’enreg. Mode Photo. Super NightShot. Lecture NTSC 4,43 sur TV PAL retardateur, mode 16:9, montage synchronisé avec mémo de 20 séquences, titrage couleur. Griffe porte-accessoires intelligente. Livré avec le logiciel de montage MPEG-1 Pixela. Retardateur.
  • Dim/poids : 85×101×197 mm. 890 g nu.
  • Prix indicatif : 950 € (6.230 F).

Les plus

  • Fonction webcam.
  • Copie sur PC de la cassette via l’USB en MPEG-1.
  • Lecture 8mm/Hi-8 avec TBC, réducteur de bruit et conversion de l’analogique en numérique.
  • Effets spéciaux en enregistrement et en lecture très riches, renforcés par les possibilités du MS.
  • Memory Stick fourni (8 Mo) et compatibilité USB PC et Mac.
  • Montage synchronisé avec mémorisation de 20 séquences et titrage.
  • Animation.
  • eMovie sur le Memory Stick.
  • Pixela offert (retouche photo et montage virtuel en MPEG-1).

Les moins

  • Focale minimale insuffisante.
  • Smear.
  • Sensibilité.
  • Pas de doublage audio.
  • Viseur noir et blanc.
  • Balance des blancs non débrayable.
  • Ni USB Streaming, ni fonction webcam sur Mac. Pixela a priori moins bien optimisé pour Apple.
  • Mode d’emploi de Pixela sommaire et pas de convertisseur pour réduire la taille du MPEG-1.

Verdict

A ce prix, le TRV340 offre le beurre, l’argent du beurre… et la crémière ! Effets en pagaille, Memory Stick à tout faire, montage virtuel basique pour exploitation Web, fonction Webcam, lecture d’anciens rushes analogiques…

Ajoutez une bonne ergonomie. En revanche, l’image est un peu à la traine et la miniaturisation n’est pas au programme.

CV 159