Sony DHR-1000

Sony DRH-1000Pas de perte à la copie, d’immenses possibilités d’insertion image et/ou son, un confort de travail inégalé… Le premier magnétoscope numérique joint les avantages du DV aux atouts d’un grand auxiliaire de montage. N’en jetez plus ! Un événement à la mesure du plus long test réalisé.

On avait jamais vu d’engin de ce calibre débouler dans l’univers grand-public. Mais le Sony DHR-1000 ne cherche pas pour autant à intimider. D’un abord accueillant et convivial, l’appareil séduit dès le premier instant. Tout est pensé pour faciliter la tâche du monteur, à commencer par le génial tiroir rétractable, support du clavier de commandes. « Déjà vu » marmonneront les fidèles du Sony EVS9000. Pas en version détachable… Désormais, inutile de recourir à la télécommande pour monter, confortablement carré dans son fauteuil, clavier posé sur les genoux à 50, voire à 70 cm du magnétoscope.

Jog Sony DHR 1000A partir de ce centre de contrôle, non seulement il devient possible de piloter l’enregistreur, mais aussi le lecteur pour peu que celui-ci soit relié au DHR-1000 par un câble Lanc. Il suffit de presser la touche Player ou Recorder pour appeler l’un ou l’autre des protagonistes et régir leurs pauses, ralentis lectures normale ou rapide. Et pour éviter les confusions, la touche de l’appareil sollicité ainsi que celles des fonctions mises en œuvre sont rétroéclairées. Il va sans dire que l’arrêt sur image est impeccable et que l’avance image par image ne souffre pas le moindre reproche. De plus, grâce à ses mécanismes de transport de bande assistés de circuits numériques, le DHR-1000 allie la rapidité de réaction au respect de la bande. Chaque ordre est exécuté sans délai. Même la Shuttle un peu plus nerveuse que celle du cousin Hi-8 peut se montrer capable de jolis ralentis. Si l’utilisateur évite de la brusquer elle sait renvoyer à ± 8 images en amont ou en aval.

Sony-DHR-1000-6Associés, les deux frères numériques, Sony VX1000 et DHR-1000 composent un couple idéal. Le camescope répond à toutes les commandes du magnétoscope et réagit notamment au Jog/Shuttle. Cela dit, le DHR-1000 pilote aussi bien n’importe quel matériel doté d’un connecteur Lanc (ce n’est le cas ni du Panasonic DX1 , ni du JVC DV1, les deux caméscopes DV non Sony). Naturellement, seules seront prises en compte les capacités de l’appareil esclave pour tout ce qui touche aux modes de lecture spéciaux. Pour le reste le magnétoscope offre les mêmes possibilités qu’à partir d’une source DV. A commencer par le montage programmé.

Montage Programmé

Comme l’EV-S9000, le DHR-1000 intègre une table de montage. Elle est capable d’assembler jusqu’à 10 séquences. Le principe est simple, grâce à une fenêtre, située en haut de l’écran et sur laquelle défile l’image du lecteur, on définit ses points d’entrée et de sortie. Les première et dernière images, gelées, de chaque scène glissent alors, au fur et à mesure des opérations dans des vignettes contiguës (deux pages de 10 fenêtres). Grâce à ce système de visualisation, les raccords deviennent plus évidents à gérer et l’on bénéficie d’une vision synoptique de ses choix. Un vrai progrès par rapport à l’EV-S9000 et un principe qui rappelle un peu le système de pictones du logiciel de montage informatique Video Director.

Montage Sony DHR 1000Naturellement, rien n’oblige à assembler ses plans linéairement suivant l’ordre du tournage. On peut désigner la dernière séquence de ses rushes comme première scène de son montage et faire suivre celle-ci par des plans filmés antérieurement.

De plus, remplacer par une autre n’importe quelle séquence préalablement programmée se révèle parfaitement simple.

Bien pratique pour ceux qui dérushent précisément avant de préparer les opérations d’assemblage : les time code des points in et out de la séquence en cours ainsi que le temps total du montage s’affichent. Enfin, détail qui souligne l’extrême souplesse de l’appareil, il est possible de modifier le point sur lequel doit commencer le montage sur la cassette master. Autrement dit d’effectuer une recherche (lecture, pause, etc.), pour vérifier si la bande est bien positionnée. Et ce, alors que la programmation de séquences n’est pas achevée. Pour faciliter le repérage, les images du DHR-1000 défilent dans une fenêtre (elle n’apparaît jamais en simultané avec celle du lecteur, comme c’était le cas pour l’Édit Monitor de l’EV-S9000). Quant au time code du point sur lequel est stoppé la cassette master, il reste inscrit en permanence au bas de l’écran, un autre repère appréciable.

Précision

Commande Sony DHR 1000Bien que le DHR-1000 sache aussi travailler au compteur, mieux vaut lui offrir une source time codée pour une meilleure précision. Côté code temporel, l’appareil accepte bien sûr celui des cassettes DV (elles sont systématiquement time codées lors du tournage), mais également le RC, que l’on trouve principalement sur les caméscopes Hi-8, et qu’il gère tout aussi bien. En revanche, le VITC n’est pas compris, dans la mesure où il fait partie du signal vidéo et que le magnétoscope n’interprète que les codes temporels transitant par la prise de télécommande.

Mais l’exactitude est aussi fonction de la mécanique du lecteur. Les montages effectués de DV à DV avec une VX1000 en lecture sont parfaits ou montrent une fluctuation d’environ ± 1 image. Cette fluctuation n’est pas prédictible, un même montage programmé exécuté plusieurs fois connaîtra des décalages sur des points d’entrée et de sortie différents. Enfin, le point de sortie du dernier plan assemblé couvre toujours un peu plus que nécessaire, environ 4 ou 5 images de « rab », dont il faut tenir compte pour se recaler.

Nous avons également travaillé à partir de caméscopes analogiques comme le Sony TR-810, un Hi-8, bénéficiant du RC. La précision est là encore souvent totale, bien que l’on puisse observer des décalages de ± 2 images au pire ; et, comme avec le DV, un peu plus sur le dernier plan. Cela dit le service technique de Sony nous affirme qu’avec un Hi-8 plus sophistiqué, comme le magnétoscope EV-S9000, la précision équivaut à celle du DV en lecture. Seule petite bizarrerie, on peut parfois observer un glissement d’une image entre la pause du TR-810 et la vignette affichée en point in ou out. Un détail dû davantage à la mécanique de l’appareil esclave qu’au format ou au time code.

Insertion

Immense avantage du DV, l’audio et la vidéo disposent de secteurs de bande séparés. Par conséquent, contrairement à ce qui se produit en 8 mm/Hi-8, l’insertion d’image sans effacement du son d’origine ne présente aucune difficulté. L’opération ne peut s’effectuer à la volée, il faut indiquer d’avance au DHR-1000 les points d’entrée et de sortie.

De DV à DV (VX1000-DHR 1000), on note des décalages, d’environ ± 1 image en entrée (en général + 1 systématiquement, il suffit de le savoir). En revanche, dans la mesure où l’on travaille toujours au compteur et jamais au time code on peut compter, dans le pire des cas jusqu’à + 7/8 images de décalage sur le point de sortie (3/4 au minimum). Là encore, il faut le prévoir. Cela n’est pas gênant lorsqu’on monte bout à bout des inserts vidéo sur une bande son. Mais, si l’on souhaite remplacer une séquence précise, mieux vaut procéder autrement. C’est-à-dire, si l’insert concerne l’image et le son, employer la table d’assemblage (plus précise puisqu’elle se fie au time code). S’il ne veut remplacer que l’image, le monteur pourra utiliser les facultés de duplication parfaite du DHR-1000. Je m’explique : rien n’interdit de recopier son montage et de rééditer l’opération d’insertion sur la copie, si un glissement trop important s’est produit lors du premier essai. Pour le reste, les raccords sont d’une propreté parfaite que ce soit en assemblage ou en insertion, avec absence de flashes colorés.

Cassettes DV

Cassette Sony DHR 1000Le DHR-1000 accueille les petites cassettes DV (30 et 60 minutes) comme les grandes (120 ou 180 minutes). Et ce, sans adaptateur quelle que soit la taille. Actuellement on ne trouve en longues durées que les cassettes Sony (avec puce donc plus coûteuses : 275 et 345 F.). La durée des cassettes devrait atteindre à l’avenir 270 minutes. Pas mal pour l’archivage… Cela dit, pour des raisons de  solidité de bande, les 30, 60 voire 120 minutes s’imposent bien sûr pour les montages qui excèdent d’ailleurs rarement cette longueur.

Vive le Son !

Comme l’image, le son enregistré par le DHR-1000 est toujours numérique (ou converti de l’analogique en numérique s’il passe par les entrées Line). Lorsqu’il est échantillonné à 32 kHz et enregistré sur 12 bits, une seconde piste aux caractéristiques semblables reste disponible pour le doublage. Tel n’est pas le cas lorsque l’échantillonnage s’effectue à 44 kHz sur 16 bits.

En mode 12 bits, le doublage sonore est prévu en stéréo s’il vous plaît, puisque chacune des deux pistes PCM est stéréophonique (seul le son en provenance de l’entrée micro se révèle monophonique). Bref, entre l’insertion et la qualité sonore, le DHR-1000 représente une aubaine pour les clipmen.

Deux pistes audio disponibles

Si le son additionnel ne convient pas, rien n’interdit de l’effacer pour effectuer un nouveau doublage. Mais cela s’avère également possible pour le son d’origine, situé sur la première piste stéréo. Contrairement à ce qui se produit en S-VHS et 8 mm/Hi-8, le son synchrone n’étant pas enregistré sur les mêmes pistes que l’image, on le remplacera facilement non seulement à la copie, mais sur les rushes eux-mêmes. Bien pratique en cas de commentaire déplacé d’un convive, mais surtout très précieux pour les adeptes du tourné-monté, soucieux de voir leurs images épouser une continuité sonore. Le mode d’emploi parle d’insertion sonore et de doublage son, c’est rigoureusement la même chose. La seule raison de préférer une procédure à l’autre : dans le cadre du doublage son il devient possible d’enregistrer simultanément un commentaire au micro et une musique. Mais, dans ce cas, commentaire et musique sont enregistrés en monophonie (ils occupent chacun une voie de la piste stéréo qui leur est assignée). Cela explique que la qualité sonore soit moins bonne que celle que l’on constate habituellement avec le DHR-1000.

Notez enfin qu’en tout début de lecture, le son arrive très légèrement décalé par rapport à l’image, mais cela ne se traduit par aucun muting (trou sonore) lors du doublage son, de l’insertion son ou de l’insertion image et son. Ce phénomène, bien connu sur les matériels 8 mm/Hi-8, dont l’EV-S9000 servait à masquer un bruit de commutation. Ici, une telle précaution n’est pas nécessaire. Résultat : les différents tronçons sonores sont parfaitement juxtaposés. Un raccord son se révèle donc jouable.

La précision du doublage ou de l’insertion audio est comparable à celle de l’insertion vidéo, tant sur le point d’entrée que de sortie, puisque là encore on travaille uniquement au compteur.

Des limitations

En revanche, quel que soit le mode (12 ou 16 bits) sélectionné dans le menu, pas question de recopier en 16 bits le son d’une cassette DV enregistrée en 12 bits, ni et c’est plus ennuyeux, de copier en 12 bits des rushes enregistrés en 16 bits. En effet, le doublage (ou l’insertion sonore) n’est envisageable qu’avec un son original enregistré en 12 bits. Sinon il devient simplement impossible d’actionner la commande Audio Dub. Pour contourner la difficulté, il faut copier ses rushes DV, son et image à partir des entrées Line, via les connecteurs Cinch ou Y/C. En effet, le câble DV transporte la vidéo et l’audio, contrairement au câble Y/C qui ne véhicule que l’image.

Si une légère déperdition en termes de qualité d’image reste le prix à payer, cette manipulation présente un avantage de taille : le niveau d’enregistrement sonore et la balance peuvent se doser en enregistrement. Pour faciliter l’appréciation, l’écran ACL affiche des VU-mètres, qui virent au rouge en cas de saturation. A l’inverse, ces modifications de niveau ne sont pas accessibles lors d’enregistrements de DV à DV via le câble DV. Normal, l’exigence de base étant la fidélité totale, l’exacte duplication, la circuiterie intermédiaire doit être minimale.

Seule opportunité d’intervenir alors sur le son DV : la lecture. Il reste en effet possible, d’augmenter le volume de la piste 1 au bénéfice de celui de la piste 2 ou inversement. Enfin, un sélecteur permet d’entendre le mélange des deux pistes ou, l’écoute au choix, de la piste 1 ou 2.

Empiler les sons

S’il lit une cassette doublée, le camescope numérique restitue un son correspondant au mélange des deux pistes. Mais, en cas de ré enregistrement de ladite cassette doublée sur le DHR-1000 via le câble DV les deux pistes sonores sont reproduites sur deux pistes séparées, et non mixées sur une seule piste. En d’autres termes, l’empilement infini de sons sur une même piste, grâce à des ré enregistrements successifs n’est pas possible. Du moins si l’on passe par le câble DV. En revanche si le son ainsi que l’image transitent par les connecteurs analogiques, l’audio des deux pistes est mélangé sur une seule piste 12 bits, ce qui libère la seconde pour l’ajout d’un nouveau son. Cela présente certes l’inconvénient que l’on connaît. Mais, dans le cadre de ré enregistrements de DV à DV via câble Y/C, si la manœuvre n’est pas trop souvent répétée (pas plus de trois fois), la perte reste très raisonnable en termes de qualité d’image.

Mais aussi…

Le bobinage est extrêmement véloce : moins de 50 secondes pour une cassette de 60 minutes contre 1 minute et 20 secondes pour la même cassette avec le VX-1000. De plus, les accès s’avèrent des plus rapides. Ainsi, l’appareil peut s’arrêter sur un index très précis alors qu’il tourne en recherche rapide à 200 fois la vitesse nominale.

Rappelons que les vitesses lentes n’existent pas en DV. Il faut compter sur la seule durée annoncée des cassettes. Parenthèse qui devrait intéresser les « pros » et « semi-pros »: le DVCam ou DV professionnel de Sony tourne deux fois plus vite que le DV grand public pour offrir une qualité d’image supérieure.

Pont entre les deux univers, il semblerait que le DHR-1000 lise et enregistre ces cassettes DVCam. Par conséquent, deux DHR-1000 peuvent être utilisés pour monter ces bandes « pros ». Mais il n’est pas question de travailler à partir d’un camescope DVCam et d’un seul DHR-1000, car il n’existe aucun moyen de synchroniser les deux appareils. Notez enfin, que le magnétoscope se montrera incapable de comprendre une cassette DVC Pro enregistrée avec du matériel Panasonic puisqu’elle ne tourne pas à la même vitesse que celle enregistrée avec du matériel Sony.

Dernier point, cette remarque ne s’applique absolument pas aux cassettes enregistrées avec des caméscopes DV de marques autres que Sony. En grand public, la compatibilité demeure.

Connectique

Connectique Sony DHR 1000Le rêve. De tout et pour tous les goûts. On ne compte pas moins de quatre entrées Line : deux Péritels et deux jeux de Cinch- Y/C dont un en façade. Ajoutez une prise DV câblée entrée/sortie, une sortie Péritel et une Cinch-Y/C. Suivant le choix effectué via l’Input Select, un lecteur connecté à n’importe quelle entrée et relié par Lanc se révèle télécommandable.

Comble de raffinement, en cas de connexion simultanée sur les prises Y/C et vidéo composite d’une même entrée, il est possible de définir via le menu qui, de l’Y/C ou du composite, est prioritaire. Notez pour finir, que deux prises Lanc sont disponibles par commodité, une à l’arrière et une à l’avant, mais seul un lecteur peut être commandé.

Dégradations ?

Aucune des dégradations, liées à la relecture ou à l’usure, connues en analogique ne devraient s’observer sur un enregistrement ou un ré enregistrement numérique. Quel que soit le traitement que subissent les bandes, les couleurs ne pâliront ni ne se terniront et aucune barre de bruit ne viendra ponctuer les séquences. De plus, des codes de compensation d’erreur viendront corriger les dégradations mineures du support magnétique provenant des lectures successives. Même chose pour la partie sonore.

Les bandes DV seraient-elles indestructibles ? Non, le support matériel reste sujet à des détériorations, mais si elles se produisent, celles-ci se traduiront carrément par une perte d’information avec apparition de mosaïques, voire l’effacement des images ou du son.

Bref, si une copie de montage n’est plus utile, une copie de sauvegarde, comme celles que l’on pratique couramment en informatique peut se révéler judicieuse pour les enregistrements précieux. D’autant que si les lectures (nous avons relu certaines cassettes une cinquantaine de fois sans constater de défauts) n’endommagent pas trop la bande, celle-ci risque de souffrir si elle est soumise à des opérations de montage répétées, supposant des pauses fréquentes, des recherches, des ralentis, etc. Nous l’avons constaté. Au cours de nos tests, une portion de bande soumise aux stress de doublages son répétés s’est ainsi dégradée. Au bout d’un certain nombre de reprises (un peu moins de 10) les codes d’erreurs n’ont plus pu compenser les particules arrachées et la démagnétisation, résultat : des trous sonores. Cela dit, il nous est difficile de tirer des conclusions définitives de cette expérience. Il peut en effet s’agir d’un problème spécifique lié à la bande que nous avons utilisée. D’autres tests, plus approfondis suivront.

Autre constat, beaucoup moins grave, mais que nous avons observé avec plusieurs lecteurs DV, l’apparition (rare il est vrai) de mosaïques en lecture. Elles affectent toujours la même portion de bande avant de disparaître. Ce phénomène est vraisemblablement dû à la présence de poussière. Seul inconvénient, il s’enregistre à la copie. Par conséquent, nettoyez bien vos têtes et conservez vos cassettes dans leurs boîtiers ou surveillez vos copies.

DV ou virtuel ?

Le grand rival du DHR-1000 reste avant tout le montage virtuel. L’image numérisée, dont on dispose dans une configuration informatique, peut non seulement être montée avec des outils extrêmement sophistiqués, mais elle se prête à tous les trucages imaginables. Enfin les pistes audio dont on dispose frisent la centaine. De plus, les stations virtuelles d’entrée de gamme coûtent quasiment le prix d’un DHR-1000. Mais les arguments en faveur du magnétoscope numérique ne sont pas moins sérieux. D’abord aucune station informatique n’intègre encore d’entrée DV. Il faut obligatoirement passer par le connecteur Y/C et subir les pertes inhérentes à la compression MJPEG. Or, plus le taux de compression est bas, et donc la perte minime, plus les exigences en matière de qualité de carte d’acquisition et de disques durs grimpent, tout comme la facture. Ensuite, bien qu’il existe différents systèmes de sauvegarde informatiques, parfois beaucoup plus fiables dans le temps (les disques magnéto optiques sont donnés pour 50 ans), la cassette DV reste le format le mieux adapté et surtout le plus économique pour l’archivage et la consultation. Enfin, le DHR-1000 ne dépaysera pas les vidéastes rompus au montage analogique, qui trouveront là un environnement familier et l’assurance d’échapper aux inévitables bugs et autres conflits matériels et logiciels.

Caractéristiques DHR-1000

Format
  • DV
Standard
  • Pal (accepte le Secam qu’il transcode en Pal).
Vitesse
  • SP en enregistrement/lecture et super rapide en lecture.
Audio
  • Fréquence d’échantillonnage : 32 kHz (en mode d’enregistrement 12 bits), 48 kHz (en mode d’enregistrement 16 bits), 32 et 41,1 kHz (16 bits en lecture uniquement).
Fonctions
  • Montage : time code SMPTE, doublage son ou remplacement du son d’origine (remplacement des pistes stéréo 1 et 2 ou 1 ou 2), insertion image seule, insertion image et son, montage programmé 10 séquences avec visualisation des imagettes correspondant aux points d’entrée et de sortie. Gel d’image, TBC, enregistrement du Secam en Pal, en 16/9. Tuner Pal Secam, Showview, Nicam.
Entrées A/V
  • 1 DV (entrée et sortie), 2 Péritel, 1 Péritel Canal +1 casque, 1 micro (monaural), 2 entrées Cinch A/V et Ushiden.
Sorties A/V
  • 1 DV (entrée et sortie), 1 Péritel (entrée/sortie). 1 sortie Cinch A/V et Ushiden.
Connectique montage
  •  2 prises Lanc, 1 Control S.
Prix Indicatif (septembre 1995)
  • 26000 F (3963 €)

Les plus

  • Recopie : Un fantastique outil d’archivage. On constate la parfaite ressemblance entre rushes et générations suivantes de DV à DV, via le câble DV. Mais aussi la très haute tenue de l’image DV enregistrée à partir de l’entrée Y/C. Enfin, la reproduction fidèle, sans perte visible, de sources analogiques.
  • La précision : Elle est remarquable lors de l’assemblage des séquences. Notez la parfaite gestion du RC par le DHR-1000, en plus du time code SMPTE.
  • Montage : La table d’assemblage 10 séquences est une merveille de convivialité et d’intelligence.
  • L’ergonomie : Cet appareil extrêmement souple offre une facilité d’emploi inégalée en grand public.
  • Insertion : Des possibilités d’insertion indépendantes tant pour l’image que pour le son.

Les Moins

  • Insertion : Les points de sortie sont un peu décalés lors d’insertions image et/ou son, dans la mesure où l’on ne travaille pas au time code.
  • Le prix : 26 000 F, c’est fort cher. Même pour des vidéastes passionnés.
  • Son : L’impossibilité d’empiler des sons à l’infini sur une même piste audio en conservant une qualité d’image identique, comme c’est le cas en montage virtuel.

La duplication en question

Passons maintenant à la grande question, celle des duplications. La copie de DV à DV n’entraîne absolument aucune dégradation. L’essai a été mené sur cinq générations et on ne constate à l’œil aucune différence si minime soit-elle. Même stabilité et intensité des couleurs, même respect des nuances. La réplication ne génère pas davantage de bruit ni de perte de définition. En théorie, dans la mesure où ce n’est pas un signal analogique qui transite, mais une série de données binaires (constituée de zéro et de un), cette reproductibilité à l’identique peut s’effectuer à l’infini.

En passant par la prise Y/C

Les possesseurs de caméscopes DV dépourvus de prise DV (Panasonic NV-DX1 ou JVC GR-DV1) seront inquiets de savoir ce que peut leur apporter le DHR-1000. Eh bien, l’enregistrement en DV via la prise Y/C entraîne une légère déperdition, tant en terme de piqué que de colorimétrie. Cela dit, l’image obtenue reste infiniment plus proche d’une image DV recopiée en DV que de la même image enregistrée en Hi-8 ou en S-VHS. Les 500 lignes subsistent mais les couleurs sont légèrement plus bruitées. Cela provient d’une série d’opérations successives. D’abord, la décompression du signal numérique qui accompagne la conversion du numérique (format d’enregistrement des appareils DV) en analogique. Ensuite, la conversion analogique en numérique, mais aussi la  recompression indispensable à l’enregistrement au format DV. Notez que, suivant la richesse du contenu de l’image, la déperdition sera plus ou moins importante. En effet, si l’on copie un simple à-plat coloré, le travail du compresseur sera très facilité, ce qui réduira la perte. A l’inverse, s’il s’agit d’une scène plus complexe, celle-ci s’en ressentira dans les faibles proportions décrites plus haut.

On remarque également que le transit par un périphérique de type table d’effet, doté de connecteurs analogiques, accroît la déperdition, quoique là encore de manière assez peu flagrante. Toutefois, dans le cadre de notre essai, les 500 lignes étaient beaucoup moins nettes après l’opération et ce, bien que nous ayons utilisée une régie présentant une bande passante supérieure à 5 MHz.

Archivage et masters

Autre cas de figure, celui de l’archivage de rushes S-VHS/Hi-8 et VHS/8 mm sur bande DV. Sur un moniteur professionnel (Sony PV-M20N2), on n’observe pas de perte entre original analogique et la copie DV. Pas d’amélioration nette non plus. Les drop out présents sur les bandes Hi-8 ont subsisté pour ce qui nous concerne. En revanche, mais nous n’avons effectué aucune mesure le prouvant, il semblerait que les couleurs soient légèrement moins bruitées. Enfin, dans la mesure où un signal analogique numérisé devient un signal numérique à part entière, la copie DV de cassettes VHS, Hi-8, etc., peut se décliner sous de très nombreuses générations DV (nous sommes allés jusqu’à cinq) sans connaître de modifications. Par conséquent, quelle que soit la source, un magnétoscope numérique se révèle largement préférable, pour effectuer ses montages, à  un modèle Hi-8 ou S-VHS qui entraîne obligatoirement une perte à la copie. Enfin, pour en revenir à l’archivage, les vidéastes ayant tourné dans moult formats et standards apprécieront le fait que le DHR-1000 accepte aussi de travailler à partir de sources Secam qu’il transcodera en Pal.

CV 97