Videopilot | Pilotage de Magnétoscope

Présentation

A la frontière des domaines grand public et professionnel, le système Vidéopilot est un matériel de post-production vidéo et la première interface pilotant des magnétoscopes par micro-ordinateur. Précis à l’image près, il repère plans et séquences grâce à un time-code qui vient s’inscrire sur la piste sonore, préservant ainsi la première génération vidéo.

Christian Dartevelle – février 1990

VideoPilot

Fruit du mariage de la vidéo et de la micro, le Vidéopilot conçu par la société française V3i s’écarte du concept classique de l’« unité de montage». Il s’agit en effet d’une simple interface comportant des prises de raccordement et quelques voyants de contrôle. Ce boîtier vient s’intercaler entre un ordinateur, en l’occurrence un PC-XT ou AT (ou compatible) et les appareils vidéo lecteur et enregistreur. Et si l’on parle ici d’interface de montage, c’est qu’elle est livrée avec un logiciel, autrement dit une disquette qui contient le programme de toutes les opérations nécessaires à l’assemblage des séquences. Son nom : V3 Montage. Une fois introduite dans l’ordinateur, ce dernier pilote toutes les fonctions spécifiques où montage vidéo, à partir du clavier.

Actuellement, l’interface est exploitée par deux logiciels : V3 Montage (fourni) et, en option, V3 Anim, un programme qui, vous l’aurez deviné, réalise des animations en prélevant des images émanant de différentes sources et confectionne aussi des génériques. Il y a au moins deux excellentes raisons d’adopter la solution micro-vidéo. La première : elle donne accès à un time-code. La seconde : c’est son caractère évolutif puisqu’elle prévoit, à plus ou moins brève échéance, l’arrivée de nouveaux logiciels d’applications vidéo.

Avec quel type de matériel peut-on utiliser cette interface ? Outre le micro, compatible PC, l’appareil lecteur (camescope ou magnétoscope) sera de préférence un modèle hi-fi (VHS, S-VHS) ou PCM (V-8) doté du doublage sonore. Nous verrons en détail pourquoi. La liaison entre l’interface et le micro passe par une connexion RS-232 classique (9 600 bauds). Le logiciel V3 Montage possède en mémoire les temps de réponse d’environ 200 modèles de magnétoscopes.

Les signaux émanant du time-code viennent s’inscrire sur la piste audio disponible. Une solution inédite qui permet de garder l’image intacte et donc de conserver les rushes de première génération. Dans le cas des magnétoscopes ou camescopes VHS hi-fi et Video-8 PCM, ces signaux de repérage viennent se substituer aux signaux audio, dits de complémentarité, enregistrés au cours de la prise de vues. Après l’inscription du time-code, les appareils VHS hi-fi conservent le son stéréophonique haute fidélité tandis que les Video-8 PCM ne disposent plus que du son mono hi-fi enregistré en modulation de fréquence (FM). Dans le cas où l’on utilise comme lecteur un appareil VHS mono ou Video-8 non PCM, deux cas de figure doivent être distingués : pour garder le son d’origine, il faut se livrer à une seconde copie de l’image et du son, puis au réenregistrement, en doublage-son et sur la cassette d’origine, du son préalablement recopié (piste gauche) et du time-code (piste droite). Si l’on n’a pas besoin du son d’origine, il suffit d’enregistrer le time-code en doublage- son sur l’une des pistes audio (piste mono en VHS, piste stéréo gauche en 8 mm). Précisions supplémentaires : V3i a développé son propre time-code qui est un signal modulé en fréquence. Ce time-code n’est pas agréé par la SMPTE (Society of motion picture and television engineers). Il ne peut être lu par d’autre systèmes.

Videopilot

La souplesse d’utilisation est une des qualités du Vidéopilot. Elle se vérifie dès le branchement, prévu en mode filiaire et en mode infrarouge, du côté lecteur comme du côté enregistreur.  Dans le premier cas, les appareils concernés doivent être équipés d’une prise « Contrôle L » ou « Contrôle S », spécifique des matériels Sony et de certains modèles VHS. En revanche, tous les appareils enregistreurs disposant d’une prise « Remote » classique peuvent convenir. Il est évident que la formule de la télécommande par infrarouge du lecteur et de l’enregistreur est beaucoup plus attrayante. La mémorisation préalable des codes des appareils utilisés s’effectue grâce à un petit boîtier relié au Vidéopilot par un câble. Ce dernier abrite deux émetteurs et deux récepteurs de signaux infrarouges, capables de capter les informations spécifiques des télécommandes des magnétoscopes utilisés. Une opération simple dont les étapes s’affichent sur l’écran de votre ordinateur.

En lecture, il est possible de mettre en œuvre trois sources distinctes de signaux vidéo. Soit trois Video-8, soit un VHS, un VHS-C et un S-VHS, ou bien deux Video-8 et un VHS, ou encore un Video-8 et deux VHS. En enregistrement, le choix est tout aussi souple : Video-8, VHS, VHS-C, S-VHS, BVU, U-Matic pouvant être utilisés indifféremment.

La première intervention de l’utilisateur consiste à charger la disquette. Puis à indiquer au Vidéopilot le type d’appareil lecteur et enregistreur utilisé. A ce stade, on accède alors – sur l’écran du micro-ordinateur – à un affichage proposant une série d’informations et un menu de sélection offrant, à tout moment, une aide visuelle. Cette table d’affichage présente une vue d’ensemble sur le numéro du plan en cours, le modèle de lecteur utilisé, le numéro de la vidéocassette lue, le début et la fin de chaque séquence. Le menu de sélection permet, par l’intermédiaire des flèches de direction et de la touche de validation, de choisir une des dix options suivantes : saisir, supprimer, insérer, déplacer, copier, assembler, sauver, charger, imprimer, quitter. L’accès aux fonctions des magnétoscopes est obtenu à partir des touches du clavier du micro-ordinateur dont l’affectation est définie par le logiciel : retour rapide, avance, avance rapide, arrêt, pause, trame, enregistrement, mise à zéro du compteur, mémoire et lecture sélective.

Le Vidéopilot permet de mémoriser jusqu’à… 1 000 séquences issues de trois sources vidéo différentes, avec une précision d’image au 1/25 s, grâce au lime-code. Celui-ci est mis à profit pour référencer, à l’aide de numéros s’affichant à l’écran, le début et la fin de chacune des séquences choisies. Ces informations, complétées par l’indication du temps cumulé et du temps partiel correspondants, sont remises à jour chaque fois qu’un remaniement intervient : soit que l’on décide d’insérer un nouveau plan dans le montage déjà réalisé ; soit que l’on choisisse de supprimer, de répéter ou de déplacer une séquence ou un bloc de séquences. D’où une grande rapidité d’exécution au niveau de la sélection des divers plans d’un montage, très appréciable lorsqu’il s’agit de créer des effets tels que la répétition de gestes et de paroles, ou la génération de boucles d’animation. Ces interventions passablement complexes impliquent que l’on puisse, à tout moment, sauvegarder les opérations de montage en cours, de façon à interrompre ou reprendre, à son gré, le travail d’assemblage.

Videopilot

N’oublions pas que le Vidéopilot autorise la gestion simultanée de trois lecteurs. Etant donné que toutes les fonctions des appareils lecteurs et enregistreurs sont régies à partir du clavier du micro-ordinateur, aucune commande ne figure sur la face avant du Vidéopilot. Seules exceptions, l’interrupteur marche/arrêt et plusieurs témoins lumineux de contrôle : lecteur en fonctionnement, enregistrement en cours, format vidéo retenu (VHS, Video-8, BVU ou U-Matic) et bonne transmission des instructions de télécommande.

Afin d’éviter de reprendre à chaque fois toutes ces opérations, mais également pour pouvoir interrompre et reprendre à tout moment les étapes du montage, l’utilisateur peut sauvegarder sur disquette toutes les informations, notamment celles qui précisent les points d’entrée et de sortie des séquences sélectionnées pour le montage. Autre intérêt : on peut ainsi réaliser autant de copies que souhaité d’un montage de première génération, puisqu’il suffit dans ce cas de recharger dans la mémoire du micro-ordinateur les informations sauvegardées sur la disquette, puis de relancer les phases successives du montage initialement retenu.

La sauvegarde sur disquette des informations relatives à un montage précis peut être complétée par l’édition automatique – grâce à l’imprimante du micro-ordinateur – d’un fichier «script ». (Cela peut s’avérer très utile pour un doublage audio ultérieur.)

L’emploi du Vidéopilot conduit logiquement à l’utilisation d’un magnétoscope lecteur autorisant le doublage audio et conservant le son d’origine. Une double condition remplie par les appareils VHS hi-fi et Video-8 PCM. Il est néanmoins possible de se contenter d’un magnétoscope lecteur mono doté du doublage son, permettant après montage de sauvegarder le message sonore originel avant de le transférer sur la bande vidéo finale.

Dans la pratique, seuls conviennent certains appareils VHS, les Sony V-200 et EVS-800B en 8 mm. Mais pour qui dispose au départ du ou des lecteurs concernés et surtout d’un PC ou autre matériel compatible, le Vidéopilot est le premier appareil générant un codage temporel sur piste audio.

Caractéristiques Videopilot V310

  • Repérage des séquences par time-code
  • Pilotage par micro-ordinateur PC ou compatible
  • Liaison interface/micro-ordinateur 9600 bauds
  • Raccordement au micro-ordinateur par prise RS-232
  • Entrées/sorties time-code : prises cinch
  • Sorties télécommande : prises « mini »
  • Dimensions : 6 × 22 × 30 cm
  • Prix indicatif : 9 850 F (1502 €)

Les plus

  • L’ ingéniosité des principes mis en œuvre
  • Le repérage des séquences par time-code
  • La grande précision des points d’entrée et de sortie
  • Le très grand nombre de séquences mémorisables
  • La gestion de l’appareil au moyen de logiciels évolutifs
  • La télécommande par infrarouge des lecteurs et enregistreurs
  • L’aide dynamique fournie par les divers « menus »
  • La sauvegarde sur disquette des données de montage
  • L’inscription d’un fichier « script» sur imprimante.

Les moins

  • La compatibilité limitée aux seuls PC
  • Le choix, pratiquement imposé, d’un lecteur vidéo « top niveau »
  • Le montant global de l’investissement.

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