JVC GR-C9

Très réussi au niveau du design, malgré la sobriété du mariage de couleurs entre les gris foncés et le noir, le camescope JVC GR-C9 étonne par sa compacité et sa miniaturisation. Il bat tous les records de légèreté avec ses 760 grammes. Sa sobriété est également extrême, les boutons de commande se réduisant au strict minimum : alimentation, éjection de la cassette, enregistrement, prises de vue rapprochées. Ce camescope VHS C de poche devrait faire le bonheur de tous ceux qui ont envie de faire de la vidéo sans se compliquer la vie.

Christian Bernard – février 1988

JVC GR-C9S

L’alimentation du JVC GR-C9 est assurée par une petite batterie rechargeable qui s’insère judicieusement entre la caméra et la poignée, contribuant par son ergonomie à assurer une très bonne prise en main du camescope. La main est fermement maintenue par une sangle, tandis que le pouce vient se placer devant une légère cavité qui lui a été ménagée tout près de la touche d’enregistrement.

Pour mettre en fonction la caméra, il suffit de commuter la touche d’alimentation très bien positionnée sur le côté gauche de l’appareil, ce qui a en même temps pour effet d’ouvrir le volet protecteur de l’objectif.

Le GR-C9 est doté d’une optique grand angle à focale fixe f. 1,6/9,5 mm de type focus à mise au point constante de 1 m à l’infini . Une position « gros plan » permet d’effectuer des prises de vue rapprochées jusqu’à 0,65 m.

Signal d’alarme

Le viseur optique qui équipe cette caméra permet de cadrer le sujet en conservant la vision en couleurs, à la différence des viseurs électroniques. Le viseur du GR-C9 est aussi l’organe de contrôle du bon fonctionnement de la caméra grâce à l’affichage de trois diodes : orange en position d’attente (stand by), verte pour l’enregistrement, rouge pour l’indication de fin de charge de batterie.

Batterie JVC GR-C9S

Le clignotement de la LED (diode électroluminescente) verte indique la fin de bande. Le clignotement simultané des trois diodes est un signal de danger qui prévient d’une production de condensation d’humidité à l’intérieur de la caméra. L’alimentation est automatiquement coupée jusqu’à ce que le phénomène soit résorbé. De la condensation peut en effet se produire au niveau des tambours de têtes du magnétoscope lorsque l’appareil est soumis à un changement brusque de température. Sans une coupure d’alimentation, la bande vidéo, voire certaines pièces essentielles du magnétoscope, pourraient être détériorées.

Le fonctionnement du camescope est on ne peut plus simple puisqu’il se limite à trois opérations : la visée, le déclenchement de l’enregistrement par une touche très simple et l’arrêt par une seconde pression sur la commande d’enregistrement.

Automatisme intégral

L’utilisateur est en droit de se demander comment JVC a pu réaliser une telle miniaturisation et parvenir à une telle simplicité de fonctionnement. La miniaturisation doit beaucoup pour la partie caméra à l’intégration d’un capteur CCD 1/2 pouce, très performant, pour l’analyse et la transmission de l’intensité lumineuse en signal vidéo et, pour la partie magnétoscope, à l’utilisation de la cassette compacte VHS-C, dont la taille ne dépasse pas celle d’un paquet de cigarettes.

Le capteur solide CCD du GR-C9 est constitué par la juxtaposition, sur une minuscule plaque de silicium, de 245.525 photorécepteurs (pixels) qui reçoivent les informations lumineuses envoyées par l’objectif. Le transfert des charges s’effectue ligne par ligne pour chaque trame. Ce type de capteur transmet une image complète tous les 1/50″ de seconde, ce qui élimine tout risque de perte de netteté lors des mouvements panoramiques. Le traitement chromatique de l’image est assuré par des filtres de couleurs complémentaires.

Le capteur CCD offre des avantages importants : une quasi-insensibilité aux chocs, à l’éblouissement, l’absence de rémanence, de traînées lors des mouvements de caméra. L’automatisme intégral régit ses fonctions essentielles : le réglage automatique du diaphragme en fonction du niveau de lumière, et la balance des blancs. Celle-ci est ajustée en permanence en fonction de deux couleurs, le rouge et le bleu . C’est le capteur de la caméra qui joue le rôle de photo-récepteur. Le magnétoscope intégré au JVC GR-C9 est seulement enregistreur et ne permet pas la relecture des cassettes, qui peut se faire par l’intermédiaire d’un magnétoscope de salon. Ne disposant que d’une seule vitesse d’enregistrement et de lecture, le magnétoscope intégré permet une autonomie d’enregistrement de trente minutes, ce qui est somme toute largement suffisant pour les enregistrements les plus courants.

Le GR-C9 dispose de la fonction d’assemblage automatique assurant un raccord parfait entre les séquences. Après chaque pause d’enregistrement, la bande vidéo recule de vingt-huit images pendant 1,3 seconde, permettant ainsi une synchronisation quasi parfaite, sans raccord visible. En mode« enregistrement », la mémoire de l’assemblage est sauvegardée en cas de coupure d’alimentation . En revanche, l’éjection de la cassette puis sa réinsertion présente l’inconvénient d’entraîner une barre de bruit visible entre les séquences.

Ce camescope bénéficie des nouveaux circuits HO qui améliorent la qualité des enregistrements grâce à un meilleur rendu des contours de l’image. Les circuits d’asservissement de la vitesse de rotation des têtes, du défilement de la bande sont numériques, ce qui garantit une plus grande fiabilité et une plus grande précision.

La miniaturisation a porté aussi bien sur les tambours que sur les micro-composants directement soudés en surface . Le magnétoscope a reçu une mécanique allégée.

Des performances intéressantes

Le JVC GR-C9 est très agréable à utiliser. Sa petite taille permet de l’emporter partout, donc de filmer en toutes circonstances. Il est robuste et fonctionne parfaitement. L’autonomie d’alimentation de la batterie rechargeable livrée avec la caméra correspond bien à celle qui est indiquée par le constructeur : trente minutes avec la batterie d’origine (BNV5 GU) ou soixante-dix minutes avec la batterie BN-V6 GU, proposée en option. Ces batteries Cadnium-Nickel sont à recharge rapide : moins d’une heure. Pour protéger leur durée de vie, l’alimentation du camescope se coupe automatiquement lorsque l’énergie est trop faible ou après cinq minutes de pause d’enregistrement. Le GR-C9 a l’avantage de consommer peu d’énergie.

Chargeur batterie JVC GR-C9

Les inconvénients de la Video Movie GR-C9  qui apparaissent à l’utilisation sont liés à la conception même du magnétoscope intégré. C’est avant tout l’impossibilité de revoir la séquence enregistrée même pour son contrôle et l’absence de touche de retour arrière de la cassette. Il n’est donc pas possible d’effacer une séquence pour recommencer l’enregistrement sans recourir à un autre magnétoscope ; mais aussi l’absence de compteur de bande, parti pris du constructeur. La suppression de la fonction lecture a allégé le poids et le coût du camescope. Le GR-C9 a été conçu essentiellement pour les possesseurs de magnétoscopes VHS. Les cassettes enregistrées peuvent en effet être lues sur un magnétoscope de salon grâce à l’adaptateur mécanique livré avec la caméra. Un micromoteur assure le positionnement précis de la cassette après son visionnement.

Tous les tests effectués avec le JVC GR-C9 révèlent de bonnes performances au niveau de la qualité des images obtenues et de la fidélité des couleurs. Les circuits électroniques HO améliorent la netteté des contours, le rendu des détails et de la profondeur. Pour en bénéficier, il est nécessaire bien sûr de relire les enregistrements sur un magnétoscope doté également de circuits HO. On remarque la très grande sensibilité de cette caméra qui permet de filmer en basse lumière jusqu’à un seuil de 10 lux. On regrette toutefois l’absence de témoin de sous-exposition. Le GR-C9 assure une bonne stabilité d’image lors de mouvements de caméras tels que travelling ou panoramiques. Testée à bord d’une voiture et d’un canot pneumatique, elle a fait merveille et permis de rapporter de très bonnes images.

Les performances sonores de cette caméra sont également très satisfaisantes, en particulier en raison de la qualité du petit micro intégré. On peut cependant regretter l’absence de prise casque pour le contrôle de l’enregistrement sonore et de prise supplémentaire qui permettrait d’adapter un micro optionnel plus performant.

Viseur optique

L’extrême légèreté de la caméra a pour corollaire sa sensibilité aux vibrations . Il est donc nécessaire de veiller à sa bonne tenue. Elle peut d’ailleurs être fixée sur pied grâce au pas de vis situé sous le boîtier. La netteté est assurée jusqu’à 0,65 m. Il est dommage qu’aucun témoin lumineux n’ait été prévu pour signaler le franchissement de ce seuil. Nous recommandons, en position gros plan (mise au point rapprochée), de relâcher doucement le commutateur « gros plan » pour éviter de voir apparaître un écho sur la bande sonore. Ce camescope étant équipé d’un viseur optique, ce qui signifie que vous ne voyez pas directement au travers de l’objectif, la parallaxe, c’est-à-dire la différence entre l’objectif et le viseur, est assez importante en dessous de deux mètres ; si vous filmez par exemple un groupe de personnes, le dernier à droite risque d’être coupé. L’autonomie de la batterie est influencée par la durée d’attente d’enregistrement. Prévoyez toujours une batterie supplémentaire, surtout en extérieur.

Caractéristiques JVC GR-C9

  • Alimentation : CC 9,6 V.
  • Capteur : CCD 1/2 pouce.
  • Sensibilité : 10 lux.
  • Objectif : f.1,6/9,5 mm fixe focus.
  • Diaphragme : automatique.
  • Balance des blancs : automatique.
  • Autofocus : non.
  • Viseur : optique.
  • Standard : SECAM.
  • Cassette : VHS-C.
  • Durée d’enregistrement maximum : 30 minutes.
  • Assemblage : automatique.
  • Dimensions (L×H×P) : 95 × 111 × 212 mm.
  • Poids : 760 grammes.
  • Prix : environ 6 500 F (991 €)

Les plus

  • La légèreté.
  • La compacité.
  • L’automatisme.
  • La simplicité de fonctionnement.
  • L’esthétique et ergonomie.
  • Le rapport prix/performances.

Les moins

  • La possibilité de retour arrière.
  • Un compteur de bande.
  • Un autofocus débrayable.
  • Un témoin de sous-exposition.
  • Une touche contre-jour.

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