Sony SLV-E1000

Le VHS au Sommet

Sony SLV E1000Aucun magnétoscope VHS Hi-Fi Sony ne nous avait vraiment séduit depuis le défunt SLV-767. Ce n’est donc pas sans curiosité que nous approchons le magnétoscope VHS Sony SLV-E1000. Appareil qui déploie toute une panoplie de fonctions pour disputer aux tables d’assemblage externes le droit au montage au time code.

Le SLV-E1000 se présente comme l’un des produits phare parmi les modèles de la marque. Preuve que Sony semble accorder aujourd’hui autant d’importance aux appareils format VHS qu’à ses magnétoscopes Vidéo et Hi-8. Il s’agit d’un modèle Pal-Secam avec, pour la première fois chez Sony, la lecture du standard NTSC en stéréo pour les habitués du rayon VHS américain. Côté montage, ce modèle intègre une table d’assemblage 12 séquences à la précision quasi absolue grâce à une gestion du time code RCTC couplée au pilotage en lecture d’un camescope ou magnétoscope Hi-8 de la marque. Condition, le lecteur doit posséder une prise Lanc. Cet appareil est également pourvu des précieux modes Insertion et Doublage son, du ralenti à vitesse variable et d’un arrêt sur image sans barre de bruit. Enfin, le SLV-E1000 est doté d’une bague Jog/Shuttle bidirectionnelle dont la vitesse variable multiplie jusqu’à sept fois la vitesse nominale. Bague dont la « nervosité » permet la recherche rapide d’une séquence et dont la souplesse offre une précision remarquable des points d’entrée et de sortie.

Autres atouts : un son Hi-Fi stéréo Nicam, un système Tri Logic Plus, un Mécanisme H et la programmation Show View.

Fonction OPC

Doté d’une technologie numérique, ce VHS développe par ailleurs un nouveau système Tri Logic Plus et une fonction OPC (Optimum Picture Control) pour l’optimisation des qualités d’enregistrement et de lecture avec tous les types de bandes VHS. D’après Sony, l’OPC doublerait la vie des têtes vidéo. A peine introduite, la cassette est analysée en 2,5 secondes en fonction de l’origine de la bande (normale, HG ou location) ou de l’usure des têtes. A l’usage, bien que le procédé soit sympathique et efficace, on peut s’interroger sur l’intérêt réel de la fonction enregistrement immédiat puisqu’on « perd » à chaque fois 2,5 secondes dès l’introduction d’une cassette. Le SLV-E1000 ajuste aussi automatiquement l’image et le son de façon à présenter la meilleure qualité de lecture et d’enregistrement. Cependant, il est possible de régler manuellement l’alignement si une bande a été enregistrée sur un magnétoscope différent ou si elle provient d’un vidéo club.

Système VPS

Le SLV-E1000 développe enfin une intéressante programmation par minuterie. Le VPS, c’est son nom, est destiné à un enregistrement tenant compte des retards de diffusion d’un film et à éviter, par exemple, la publicité. Dans la pratique, si ce système est courant en Europe, les émetteurs français ne transmettent toujours pas à ce jour les signaux VPS malgré une prévision pour… avril 1995.

Dernier point, le souci d’ergonomie et de simplicité a conduit au développement du pilotage par menu interactif. Une double pression sur les touches Menu et Démonstration de la télécommande laisse défiler sur l’écran l’affichage de toutes les fonctions possibles et la liste des programmations. C’est simple, voire ludique.

Montage

Pas moins de trois modes sont disponibles : montage de base par copie simple. Montage par insertion audio et/ou vidéo, et nec plus ultra, montage programmé. Le montage de base, le plus connu, consiste à supprimer les séquences inutiles en pratiquant le bout à bout avec ou sans synchro édition suivant qu’on utilise — ou non Montage Sony SLV E1000— un lecteur de la marque. A noter que pour éviter les éventuelles déchirures du signal vidéo sur l’enregistreur, il est conseillé de commuter ce dernier en Pause/Enregistrement plutôt que de stopper l’opération. Dans le second mode, montage par insertion, il existe trois options. D’une part, l’insertion Audio/Vidéo dans laquelle l’intégralité du message vidéo et audio (pistes normale et Hi-Fi) est remplacée. D’autre part, le mode insertion Vidéo seule qui préserve le son d’origine sur la piste audio normale puisque seul le signal vidéo et le son Hi-Fi sont copiés. Grâce à la fonction Mix, il est alors possible de choisir entre le son d’origine et/ou le son dupliqué. Inversement, l’insertion Vidéo seule (équivalent du doublage son) remplace le son monaural sans affecter l’image ni le signal Hi-Fi. Rappelons qu’en format VHS, un doublage son s’effectue toujours en mono.

Dernier mode, le montage par assemblage programmé est la fonction la plus enthousiasmante. Le potentiel est semblable à celui d’une table de montage externe. Seule différence, on ne peut piloter qu’un seul lecteur (magnétoscope ou camescope) de marque Sony (ou Ecran montage Sony SLV E1000dérivés) muni d’une connectique Lanc. Le menu de montage apparaît après une pression sur la touche Assemblage. Une seconde pression sur Telec Lanc entraîne une commutation entre le lecteur et l’enregistreur pour leur pilotage respectif. Dans ce mode de montage, les points d’entrée et de sortie ne sont plus sélectionnés à partir des touches Cut In, Cut Out ou Mark In, Mark Out mais à partir d’une seule touche Marq qui cumule les deux fonctions. A noter que dans ce mode, aucune séquence ne sera validée si elle s’avère inférieure à deux secondes. Quelques regrets tempèrent notre optimisme. D’une part, l’absence d’Edit Monitor, qui permettrait de visualiser sur un même écran l’image du lecteur et celle de l’enregistreur. Sony a préféré une image unique, celle du lecteur, sur laquelle vient s’incruster en mode translucide les points d’entrée et de sortie de chacune des 12 séquences programmables. Second regret, l’impossibilité de pouvoir effectuer une prévisualisation du montage sans monter « définitivement ». Autre reproche, on ne peut modifier les séquences à partir de la liste de montage inscrite sur l’écran.

Par ailleurs, le programme ne reste pas en mémoire après extinction de l’appareil. A l’inverse, il est possible de monter plus de douze séquences par la répétition de la procédure à condition de s’être calé sur l’enregistreur à hauteur du point de sortie de la douzième séquence.

Time code

Le principal intérêt du SLVE1000 est sa gestion du montage au time code RCTC, étant entendu que le lecteur doit être capable de le lire. En cours d’édition, ne pas oublier de commuter l’affichage du lecteur sur Time Code plutôt que Compteur de façon à obtenir une exactitude optimale. Le Sony affiche une très bonne précision (4/5 images) malgré l’absence de calcul des temps de Preroll et de Postroll. On peut pallier le décalage en filmant un chronomètre et après montage, tenir compte des écarts entre les points d’entrée et de sortie sélectionnés et ceux enregistrés.

Image et son

Une impression favorable quant à la qualité de l’image que ce soit en lecture ou en enregistrement. Définition, contrastes et colorimétrie sont au rendez-vous. Modèle Hi-Fi stéréo, il reçoit et enregistre automatiquement les programmes stéréo et bilingues basés sur le système Nicam. Le son stéréo est enregistré sur la piste Hi-Fi, le son standard sur la piste audio normale. Particularité Sony, la tête d’effacement est fixe pour le son mono, mais devient flottante pour des inserts vidéo sans rupture de synchronisation. C’est propre et efficace.

Autre spécificité de la marque, la balance gauche-droite ainsi que le niveau des entrées pour le doublage son. Cette faculté est habituellement dévolue à la seule entrée audio/vidéo en mode copie (ou réception TV). Grâce à cela, le vidéaste peut activer un fondu-enchaîné sonore entre l’entrée micro et un son transmis par l’entrée Line 2. Il fallait y penser.

Connectique

Le SLV-E1000 est riche en connecteurs avec pas moins de trois péritels à l’arrière dont une entrée/sortie destinée à la liaison avec un second magnétoscope.Connectique Sony SLV E1000 A leur droite, deux prises audio/vidéo composites RCA pour le raccordement à un ampli Hi-Fi Dolby pour un ensemble Home Theater. A l’avant, sous un volet frontal situé en dessous de celui des commandes, se trouve une nouvelle batterie de prises RCA ainsi qu’un connecteur Lanc pour camescope. Sur leur gauche enfin, une prise micro pour adjoindre un commentaire ou connecter un Discman (ou un Walkman). Pour compléter l’ensemble, une prise mini Jack sert au contrôle casque.

En Bref

Le vidéaste sera agréablement surpris par la simplicité d’utilisation de la table d’assemblage intégrée et la précision du montage au time code. Cependant, dépourvu de lecture S-VHS, le SL-V E1000 affiche un prix élevé pour un magnétoscope VHS (même doté d’une table d’assemblage incorporée). Ce magnétoscope existe en S-VHS aux Etats-Unis sous la référence… SLV-R1000.

Caractéristiques Sony SLV-E1000

Format
  • VHS HQ
Standard
  • Pal/Secam, lecture NTSC stéréo.
Tuner
  • Auto Tuning (APS).
Vitesse
  • SP/LP
Connectique
  • Arrière : 1 Péritel, 1 entrée/sortie RCA A/V composite, 1 entrée.
  • Avant : 1 entrée A/V composite + synchro Lanc, prise casque + micro.
Fonctions
  • Jog/Shuttle, table d’assemblage 12 séquences, gestion du time code, système Tri Logic Plus, insertion audio et vidéo.
Dimensions
  • 430 × 103 × 319 mm.
Poids
  • 5,3 kg.
Accessoires
  • Télécommande IR, piles, cordon alimentation, câble RCA A/V et Lanc, adaptateur RFU.
Prix indicatif
  • 7 950 FF (décembre 1995) soit environ 1200 €

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