Sony SLV-T2000 contre Goldstar R-DV80

Le montage vous effraie ? A l’aide d’un magnétoscopes combinés, vos craintes s’estomperont. Les Sony SLV-T2000 et Goldstar R-DV80 rivalisent de simplicité pour la copie ou le montage de Hi-8 en VHS. Malgré leur similitude, de nombreux « détails » distinguent ces deux magnétoscopes qui valent respectivement 9000 F et 7000 F.

Thierry Philippon – septembre 1997

Principe

Goldstar R-DV80
Goldstar R-DV80

Deux en un : un concept apparu début 1994 chez ce même Goldstar, décliné par Loewe, puis par Sony voici deux ans (EV-T1B). Un principe simple : deux platines communiquent entre elles sans le moindre câble de liaison. La première lit (et le cas échéant enregistre) toute cassette Hi-8 ou 8 mm. La seconde se comporte comme n’importe quel magnétoscope VHS de salon, avec réception tuner Secam et programmation par ShowView. Les deux platines « dialoguent » en mode copie directe ou montage. Et dans les deux sens pour le Sony : Hi-8/VHS ou VHS/Hi-8. Ainsi, terminés les branchements fastidieux, sources d’erreurs fréquentes. Finie l’incompatibilité de montage entre deux marques munies de connecteurs de montage différents. Et surtout disparue la crainte d’endommager son camescope à force d’en solliciter les têtes pour le montage. Tenté ? Alors, lisez la suite…

Standards

Sony SLV-T2000
Sony SLV-T2000

Attention, montage ou copie, le signal est toujours copié dans le même standard que la source. Le Hi-8 étant en Pal, la copie VHS est donc Pal. Méfiez-vous du Menu (mention Auto, Pal ou Secam) qui laisse à penser que l’on peut convertir un signal Pal en Secam. Il n’en est rien ! Cette absence de transcodage est un sacré recul pour Sony dont le précédent modèle (EVT- 1B) intégrait un transcodeur. Certes, l’effort consenti par le constructeur sur le prix de sa double platine ( 6 000 F de moins que l’EVT1B !) explique sans doute cette disparition.

Consolation, la platine VHS du Sony sait lire une cassette dans son standard d’origine (Secam ou Pal) et capter un signal Secam via son tuner (c’est aussi le cas du Goldstar R-DV80). Enfin, notion mal expliquée dans les deux notices, on peut enregistrer en Secam via une source externe reliée à l’entrée Cinch (Sony) ou Péritel (Sony/Goldstar). A noter pour finir un « plus » du Sony, la lecture NTSC sur TV Pal.

Usage de base

Goldstar ou Sony, chacun développe un don de copieur-né. La procédure, si simple, laisse pantois. Une unique touche OTC régit la copie du Goldstar, les deux platines démarrant instantanément. Plus sophistiqué, le Sony rembobine les deux cassettes avant de lancer la copie, partant du principe que vous souhaitez copie « intégrale ». Vous pouvez alors vaquer à d’autres occupations… Pareille facilité de manipulation s’observe pour le montage qui fonctionne en mode Edition synchronisée. Première différence encre les deux modèles : seul le Sony copie dans les deux sens. Un avantage toutefois modeste : copier de VHS en Hi-8 présence un intérêt limité sauf peut-être pour le « vidéaste mobile » souhaitant présenter le résultat d’un montage non en VHS mais en Hi-8 avec l’aide de son camescope.

Seconde différence – de taille – le Sony a perdu sa table d’assemblage intégrée dont étaie pourvue la précédente version. De fait, seul le Goldstar R-DV80 arbore un tel dispositif capable de programmer cinq séquences. En outre, l’assemblage fonctionne à merveille : le montage est rapide, peu importe l’ordre dans lequel les séquences se présentent sur la bande et la recherche s’effectue par la voie la plus logique. Par exemple, le magnétoscope passera toujours par le Stop puis Bobinage rapide si deux séquences sont très éloignées l’une de l’autre.

Praticité du montage et précision

Revers de la médaille, le montage du Goldstar R-DV80 souffre de certains défauts. Ainsi, la notice est peu claire sur l’impossibilité de conserver les points de montage en mémoire. Cela se produit pourtant si l’on interrompt la programmation, change de cassette ou si l’on éteint l’appareil. Seule exception : les points restent mémorisés lorsque le montage est terminé, ce qui permet de modifier et de relancer l’édition. Autre défaut, la programmation de la table d’assemblage est laborieuse. Ce qui suscite de fréquentes erreurs de validation. Enfin – et surtout – la précision fait défaut. Les glissements du Goldstar provoquent un décalage de l’ordre de 15 à 25 images. Cette même imprécision s’observe pour le montage plan par plan, probablement en raison d’un Preroll trop rapide du lecteur. Sur ce point, Sony affirme sa supériorité : on note une étonnante précision de l’ordre de +4/+5 images pour le point d’entrée, ceci en dépit de l’absence de time code. D’où une précision quasi absolue si l’on recule le lecteur d’un nombre d’images équivalent (- 4/- 5). Sony n’aurait pu obtenir pareille précision avec une table d’assemblage intégrée fonctionnant au compteur horaire, raison probable de sa disparition.

Qualité image

Intérieur Goldstar R-DV80La qualité de la copie, moyennant les limites du VHS (240 pts/ligne), est plus que correcte. A cela, une triple explication : d’abord (rappel), on est en présence d’un signal copié en Pal qui se comporte mieux que le Secam. Ensuite, la liaison directe et interne évite toute mauvaise conduction de signaux imputable aux câbles ou aux connecteurs femelles des magnétoscopes.

Enfin, les constructeurs ont intégré des circuits correcteurs entre les deux platines afin d’optimiser la qualité de l’image. Cela dit. on reste en VHS, pas de quoi s’extasier… Ni de voir une réelle différence entre le Goldstar R-DV80 et le Sony en dépit du système Trilogie de ce dernier (valable en lecture). En revanche, l’arrêt sur image et le ralenti condamnent le Sony qui souffre – en Hi-8 – d’une pause fortement bruitée et instable. Un défaut difficile à tolérer sur un magnétoscope ! Curieusement, le Goldstar l’emporte sur ce point : sa pause est beaucoup plus stable avec de très légères stries en haut ou en bas ; un réglage manuel du Tracking (en réalité de la stabilité) est même disponible ! Seul point commun des deux modèles : la pause en VHS demeure impeccable.

Capacités sonores

La parfaite connectique du Sony en ferait presque oublier les nombreuses ombres au tableau, surtout sonores : pas de réglage manuel des niveaux Hi-Fi (en VHS) ni VU-mètres, ni prise micro qui aurait permis d’ajouter un commentaire en doublage son. En revanche, bonne surprise du Sony SLVT-2000, la possibilité de réaliser un son en boucle en VHS. Une option dont le Goldstar est dépourvu. Dommage, la section audio de ce dernier est pourtant très complète : prise micro, réglage indépendant des canaux Hi-Fi gauche et droit (en mode Pause/Record), VU-mètres. Comble du raffinement, on peut même utiliser la platine Hi-8 comme source sonore d’un doublage son. Ainsi, on peut coucher en VHS une bande son enregistrée à la prise de vues : par exemple, le son d’un orchestre qui recouvrira le montage VHS. On peut même mixer le son Hi-8 et la source micro. En revanche, dans les deux cas, pas d’insertion vidéo, une fonction pourtant présente sur le tout premier modèle Goldstar R-DD 15 et pas de lecture S-VHS. Pas davantage de doublage en Hi-8, la piste PCM étant absente.

Manipulation

Télécommande Goldstar R-DV80
Une télécommande très ergonomique pour le Goldstar. Les touches de pilotage de chaque platine sont clairement réparties : pas d’erreur possible.

Dans les deux cas, soulignons en mode montage, la faculté de rechercher une séquence sur le lecteur sans modifier aucunement la position de l’enregistreur (qui conserve la Pause/Record). Le Goldstar R-DV80 va même plus loin puisqu’il est capable de repositionner l’enregistrement en mode Pause/Record à vitesse ×1 ou ×-1 (fonction analogue à l‘Edit Search d’un camescope). Le Sony, quant à lui dispose d’une Shuttle (avec Ralenti avant/arrière mais sans jog bien plus pratique que les simples touches de commandes du Goldstar qui n’offre, en VHS, que le ralenti et l’avance image par image (et rien en Hi-8). Autre avantage à l’actif du Sony, la bonne visibilité du compteur sur l’afficheur LCD. Un confort que n’a pas retenu le Goldstar qui cantonne le compteur à la superposition sur écran TV (le compteur VHS s’inscrit sur l’afficheur LCD mais s’évanouit aussitôt la lecture ou l’enregistrement enclenchés !) Enervant car la visualisation du compteur sur écran TV nécessite une manipulation laborieuse. Malgré ce défaut, le maniement du R-DV80 est globalement plus intuitif. Exemple, les commandes de pilotage sont dédoublées pour chaque platine. Un détail me direz-vous. Oui, à ceci près que les commandes du Sony étant centralisées pour les deux lecteurs, les erreurs de manipulation n’en sont que plus fréquentes (en dépit des deux voyants verts Hi-8 et VHS).

Les « plus » hors montage

Coup de chapeau aux nombreuses fonctions astucieuses du Sony parmi lesquelles le rebobinage Hi-8 à vitesse ultra rapide, la lecture « en saut » (lecture ×1 puis lecture rapide par plage de 30 secondes), la télécommande multi-marque ou encore la préservation des têtes, la pause du lecteur se relâchant après 30 secondes. Côté Goldstar, pas de « plus » hormis la fonction titrage. Un dispositif très rudimentaire qui ne peur servir que pour dépanner : une seule ligne de titre, une unique couleur, recherche de lettres fastidieuse par tourniquet alphabétique en boucle, et aucune mémorisation du titre une fois enregistré sur l’image ! Bref, un titrage quasi inexploitable… Heureusement, le Goldstar R-DV80 se rattrape sur le reste…

Autre utilisation

L’amateur averti peut utiliser un magnétoscope double platine en « seconde main ». En effet, ce type d’appareil est idéal pour maquetter. Le « huitiste » peut réaliser un brouillon rapide de Hi-8 en VHS sans endommager les têtes de son camescope. Puis monter son film définitif à l’aide de son camescope et d’un magnétoscope plus évolué (SVHS, Hi-8, voire DV). Il peut même réaliser une copie (de son camescope vers la platine Hi-8) avec time code incrusté à l’image. Ce qui lui permet de préserver ses rushes Hi-8 réputés fragiles.

Caractéristiques techniques

Points communs

  • Format : Hi8 et VHS
  • Nombre de têtes vidéo : 2/4 (3/4 pour le Goldstar R-DV80)
  • Tuner : Secam L/Pal
  • Standard enreg. et lecture : Pal/Secam.
  • Copie/Montage : Pal.
  • Audio Hi-8/VHS :  FM/Hi-Fi, mono.
  • Doublage son VHS : oui.
  • Insertion : non.
  • Péritels A/V : 2
  • Prise casque non.
  • Position Audio Mix : Oui.
  • Indexage : Oui.
  • Vitesses enr. Hi8/VHS : SP, SP et LP
  • Time code : non.

Différences

 Sony SLV-T2000Goldstar R-DV80
Sens de la copieBidirectionnelleHi-8 sur VHS
Table de montagenonoui (5 séquences)
Précision+3 ou +4fluctuante
Son en boucleouinon
Titragenonoui (en Pal)
Réglage manuel du sonnonoui (VHS Hi-Fi)
Prise micrononoui (mixage)
Jog/Shuttleoui (Shuttle)non
RalentiOui (en Hi-8 et VHS)oui (en VHS)
Edit Searchnonoui
Entrées vidéo Y/C & Cinchouinon
Sorties vidéo Y/C & Cinchouinon
Entrée audio Cinchouinon
Sorties audio Cinchouinon
Affichage compteurLCD + écransur écran
Télécommande multimarqueouinon
Lecture NTSC sur TV Palouinon
Rebobinage rapideoui (Hi-8)non
ShowView/Nicam/PDCoui/oui/ouioui/oui/non
Prix indicatif9000 F (1372 €)7000 F (1067 €)

Verdict

Simplicité d’emploi

Les deux modèles se valent pour la copie et le montage.

Montage

Le Goldstar R-DV80 est plus élaboré grâce à sa table d’assemblage 5 séquences. Toutefois, le Sony l’emporte sur l’ergonomie (Shuttle) la précision du montage et la copie bidirectionnelle.

Son

Avantage au Goldstar : prise micro, enregistrement manuel des niveaux Hi-Fi, doublage son direct à partir de la platine Hi-8.

En faveur du Sony : présence d’un son en boucle.

Connectique

Très net avantage au Sony.

Arrêt sur image

Préférence pour le Goldstar  dont la pause Hi-8 est plus stable et moins bruitée. En revanche, une bonne pause VHS pour les deux modèles.

Extensions

En raison de sa connectique, le Sony ouvre de multiples possibilités pour relier des appareils externes.

Prix

Une différence à l’avantage du Goldstar R-DV80 (2000 F de moins).

CV 108