Technologie Dynamic Drum

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Deux dispositifs que JVC a mis au point sur certains magnétoscopes VHS et S-VHS : la lecture accélérée sans aucune gène visuelle et le son audible a toutes les vitesses. Les magnétoscopes qui lisent vite et bien !

Lire à toute vitesse

Comment repérer rapidement une séquence précise d’un film ? Une vraie galère en VHS, format linéaire par excellence ! L’utilisateur procédé souvent par tâtonnements : lecture, avance rapide, stop, lecture … Au passage, il peine a distinguer l’image – parasitée et muette – dès que la vitesse de recherche augmente. Pour améliorer le confort du vidéo-phage, JVC a donc inventé le Dynamic Drum. Ce dispositif ingénieux permet de visualiser un film en accéléré sans aucune strie ; le mécanisme fonctionne jusqu’à neuf fois la vitesse nominale (×1), en avant comme en arrière ! Système complémentaire, le Time Scan procure une écoute parfaitement audible, même à vitesse rapide, par segments successifs de 3 secondes.

Le tambour dynamique (Dynamic Drum)

Sur un magnétoscope conventionnel, les « fortes têtes » s’inclinent d’autant plus que la vitesse de défilement s’accroit. Ce défaut se manifeste par des stries horizontales parasites plus ou moins prononcées (surtout en SP) ; elles rendent l’image peu lisible et interdisent tout éventuel enregistrement d’une image lue en accéléré. JVC a ainsi modifié la conception du tambour et lui imprime une inclinaison variable suivant la vitesse de défilement de la bande. Ainsi les têtes adoptent une trajectoire parallèle aux pistes vidéo.

Dynamic drum

On imagine les applications innombrables d’un tel système : confort de recherche sans équivalent, assurance de regarder un film en accéléré sans en perdre une miette ! Un intérêt certain par exemple, pour l’organisateur d’un concours ou d’un festival. Malgré des centaines de K7, il accélère la présélection des films sans rater la moindre séquence. Un gain de temps astronomique ! Comme en atteste ce simple calcul : admettons qu’un jury de présélection reçoive une bonne centaine de documentaires d’une durée moyenne de 30 minutes ; il pourrait économiser – à une lecture ×5, à raison de 8 heures/jour – plus de 5 jours de visionnage !

J’entends d’ici les auteurs crier au scandale : une « œuvre » se regarde à 25 images/seconde, pas en accéléré ! Certes … Mais une présélection n’est pas un jugement définitif, juste une phase préliminaire. Un jure peut se forger une opinion sur les cinq premières minutes d’un film ; puis accélérer certains passages. Quitte à repasser en lecture normale aux moments forts ; cette option reste possible grâce à la télécommande fort bien conçue des JVC.

On peut aussi enregistrer cet accéléré sur un second magnétoscope pour obtenir un « effet spécial». Et épater ses spectateurs : montrer la vision subjective d’une moto qui défile à toute allure sur une route de montagne. On peut ainsi réaliser des scènes comiques à la manière des Slapstick du début du siècle ; un genre cher au concurrent du Clap d’Or 96, Serge Thiriet, qui aurait pu y trouver un auxiliaire technique de choix !

JVC HR-S9400 Magnétoscope S-VHS haut de gamme possédant a la fois le Dynamic Drum et le Time Scan. Il dispose d’un transcodeur intégré en entrée comme en sortie ainsi que de nombreuses fonctions de montage.

Écouter à toute vitesse – Time Scan

Autre système spectaculaire, la recherche sonore, le Time Scan. Ici, la piste longitudinale mono du système VHS est lue par tranches de 3 secondes, en avant comme en arrière, jusqu’à 9 fois la vitesse de base. Une mémoire numérique se charge de reconstituer un son intelligible. Mieux : en marche arrière, on lit l’image à l’envers mais le son est restitue… à l’endroit ! Autrement dit, l’inverse du verlan. En cas d’arrêt sur image, le magnétoscope relit indéfiniment le même segment : une solution pratique pour obtenir un effet de répétition sonore. En revanche, il n’existe pas d’écoute au ralenti. Naturellement, le menu du JVC permet d’accéder au débrayage du Time Scan audio.

Un problème toutefois, l’audio doit suivre la vidéo ; par conséquent, la qualité de l’identification sonore dépend de la vitesse de défilement de la bande. Plus la vitesse de lecture est rapide, plus le décalage s’accroit (et la saute séquentielle s’amplifie d’autant). Autrement dit, mieux vaut ne pas excéder une vitesse de ×2 ou ×3 pour garder audible le commentaire d’un documentaire. A ces vitesses, nous avons réalisé un essai concluant à partir de la voix off qui illustre les K7 de la collection Vidéo Guide Hachette. En revanche, au prix de quelques phrases « avalées », libre à l’utilisateur d’atteindre une vitesse de ×9, dans un sens comme dans l’autre.

Principale application du Time Scan audio, identifier rapidement une phrase-clé « égarée » sur la bande. Par exemple, lors de l’enregistrement d’un débat ou seul le son sert de conducteur. Même raisonnement pour la lecture d’un enregistrement de concert ou certains grands classiques de cinéma. Prenons Hôtel du Nord. On peut repérer assez facilement la célèbre réplique d’Arletty « Atmosphère, atmosphère … » à vitesse ×2 ou ×3, même si on se remémore mal la séquence fatidique.

Osons aussi envisager le débouché suivant. Certains aveugles, grands consommateurs de cinéma et de vidéos préenregistrées, peuvent profiter de l’invention de JVC. En effet, chez les non-voyants, l’image mentale remplace l’image visible ; il suffit à un aveugle d’activer la fonction Time Scan pour repérer rapidement n’importe quelle réplique d’un film…

Aujourd’hui, le DVD offre un accès direct à n’importe quelle plage d’un film. Mais le « vieux » VHS de JVC continue de se perfectionner, en dépit d’un système né il y a plus de 40 ans…