JVC HR-S 5000 S

L’arrivée du Super-VHS JVC HR-S 5000 S déclenche les prémices d’une révolution qui s’avance discrètement en attendant de bousculer le monde de la vidéo. Nous avions présenté dans nos colonnes les deux premiers camescopes de ce nouveau format : une esquisse. Nous pouvons dorénavant en mesurer l’ampleur. Jamais autant de perfectionnements techniques n’ont été rassemblés sur un même magnétoscope VHS  : une définition de 385 points/ligne, une restitution des couleurs étonnante, des fonctions « insertion » et « doublage audio » bien réelles.

Christian Dartevelle – avril 1989

Présentation

Il est des appareils qui ne retiennent pas l’attention et d’autres, au contraire, qui marquent leur époque le magnétoscope HR-S 5000 S de JVC appartient à cette dernière catégorie. Tout d’abord, c’est un Super-VHS, développé précisément par JVC. Ensuite c’est le premier appareil de salon qui rassemble autant de perfectionnements techniques : traitement séparé des composantes de luminance et de chrominance (propre au S-VHS) ; bistandard Pal/Sécam ; et conforme au standard VHS/ hi-fi, ce qui suppose donc des enregistrements audio stéréophoniques de haute qualité.

Panneau avant ouvert JVC HR-S 5000 S

Mais ce n’est pas tout. Il dispose de deux vitesses de défilement : VN (vitesse normale) et LD (longue durée soit 8 heures d’ enregistrement en continu, avec une cassette E-240). La qualité des enregistrements vidéo réalisés en mode LD n’est que très peu affectée par la lenteur de défilement (1,17 cm/s au lieu de 2,34 cm/sen mode VN). Citons encore la présence d’une tête d’effacement volante affectée à l’insertion de séquences. Les points d’entrée (Cut-in) et de sortie (Cut-out) s’enchaînent avec la.séquence d’origine sans que l’on puisse constater le moindre effet de baignoire, comme c’est habituellement le cas au niveau du point de sortie de la nouvelle séquence sur les magnétoscopes ne possédant pas de fonction insertion.

On notera encore que le JVC HR-S 5000 S présente la fonction de doublage audio, idéale pour réaliser une post-sonorisation au montage. L’enregistrement de nouveaux signaux audio s’effectue sur la piste linéaire (ou longitudinale). Il vient enrichir les signaux audio hi-fi situés sur les pistes qu’explorent les têtes tournantes du tambour d’analyse. Celui-ci ne comporte pas moins de sept têtes rotatives réparties de la façon suivante : deux paires de têtes vidéo jumelées, consacrées aux signaux VHS et S-VHS à l’enregistrement, à la lecture et aux effets spéciaux (arrêt sur image, avance image par image) ; deux têtes audio « hi-fi » réservées à l’enregistrement « en profondeur » des signaux sonores d’accompagnement en modulation de fréquence ; une tête d’effacement volante dont l’action est limitée aux deux trames de chacune des images concernées, notamment en mode insertion, évitant de la sorte que n’apparaissent les décrochages et déchirures constatées le plus souvent lorsque le tambour comporte une tête d’effacement fixe.

La super définition

Même pour l’observateur le moins averti, la différence de définition entre les images enregistrées sur un VHS standard et un Super-VHS saute aux yeux ; à fortiori sur moniteur haute résolution, seul capable de mettre en valeur la très grande finesse de restitution des détails de l’image.

Train d'onde super VHS

Pour mieux saisir ce qui sépare un VHS d’un S-VHS, nous avons choisi de montrer de quelle manière ces deux types d’appareils se comportaient à l’égard des signaux de luminance, en reproduisant les « bursts » (ou trains d’ondes) utilisés lors de nos différents tests. Trois photographies sont utilisées à cet effet. La première représente les trains d’ondes de fréquence croissante (0,5, 1,0, 2,0, 2,5, 3,0, et 3,5 MHz) envoyés sur l’entrée vidéo des appareils testés. En théorie, ces signaux devraient être restitués tels quels, après enregistrement et lecture. En pratique, on constate sur la photo B que l’amplitude des trains d’ondes successifs s’atténue rapidement au fur et à mesure que l’on progresse vers la droite, c’est-à -dire que l’on monte en fréquence. Conséquence : les détails les plus fins des images enregistrées, qui correspondent à ces fréquences les plus élevées, vont se trouver« gommés ». Nous avons ici affaire à un VHS standard, caractérisé par une définition horizontale de 240 points/ligne. Si nous examinons maintenant la photo C, force nous est de reconnaître que le résultat s’avère bien meilleur au point d’obtenir une assez grande similitude avec la photo A. Il s’agit de signaux-test vidéo, enregistrés et lus sur un Super-VHS (ici le HR-S 5000 S) et bénéficiant d’une définition horizontale de 385 points/ligne. Cet écart prouve, s’il en était encore besoin, que le Super-VHS bénéficie d’une super-définition.

Double tuner

Le HR-S 5000 S est muni d’un dispositif d’indexation inscrivant automatiquement, en début de tout nouvel enregistrement – à condition que l’on parte du mode ARRET – des signaux de localisation permettant, ultérieurement, en mode de bobinage accéléré avant/arrière, le repérage du début de chaque séquence enregistrée. Ainsi la recherche de plans en mode LD sur cassette E-240 ne paraît pas fastidieuse. Il est en outre possible d’obtenir un accès automatique et direct à l’un des points (9 au maximum) de la bande magnétique où ont été inscrits les signaux d’indexation utilisés pour le repérage. Des signaux qui peuvent être ajoutés à tout moment sur la bande magnétique, en cours  d’enregistrement ou de lecture ; ou bien effacés, ceci en mode LECTURE seulement. Cette fonction de recherche indexée est complétée par un mode d’accès direct, à un emplacement défini selon la durée écoulée depuis le début de la bande, ou depuis un point de référence : recherche suivie, dans l’un et l’autre cas, par le passage automatique en mode lecture.

Associée à la détection des signaux d’indexation, la fonction dite de RECHERCHE DE SEQUENCES peut être engagée en agissant sur la touche SOMMAIRE de la télécommande et en passant ensuite en mode de recherche accélérée. Dans ces conditions, à chaque lois qu’un signal de repérage de séquence est détecté, le magnétoscope passe en mode lecture pendant environ 5 secondes, puis reprend automatiquement sa recherche du point suivant, à moins que l’on ne décide de rester en mode lecture. Fonctionnant en temps réel, le compteur indique donc, en heures, minutes et secondes, le temps écoulé, soit à partir du début de la bande, soit à partir d’un point donné, après avoir été remis à zéro. Mais celui-ci peut également servir à fournir la durée de bande restante, en cours d’enregistrement ou de lecture. Le temps affiché (en heures et minutes) est calculé en fonction de la vitesse de défilement : VN ou LD.

Magnétoscope bistandard Pal/Sécam, le HR-S 5000 S possède un double tuner qui lui permet de capter les programmes TV émis selon les normes B/G (cas du Pal) et L/ L’ (cas du Sécam) ; donc, de recevoir les émissions tant en UHF qu’en VHF – modulation vidéo négative et son d’accompagnement en modulation de fréquence (Pal) ou modulation vidéo positive et son en modulation d’amplitude (Sécam). Le traitement des signaux de couleurs s’effectue automatiquement selon l’un ou l’autre standard.

Ce double tuner à synthétiseur de fréquence comporte 194 canaux de réception – dont 48 peuvent être mis en mémoire – couvrant les bandes VHF et UHF, ainsi que les canaux B et Q et 70 à 86 correspondant aux programmes TV retransmis par les réseaux câblés.

Pour l’enregistrement programmé d’émissions TV, l’utilisateur.peut pré-régler le magnétoscope sur 8 émissions différentes et cela, un an à l’avance (sic) ! En revanche, la sécurité mémoire de l’horloge intégrée ne dépasse pas 3 minutes, ce qui est notoirement insuffisant compte tenu du rythme auquel se succèdent parfois les coupures de courant, et dont certaines ont tendance à dépasser largement le temps de réserve. Le modulateur UHF du JVC HR-S 5000 S – qui réalise la liaison avec le téléviseur de contrôle par son entrée antenne – fournit des signaux aux normes G (signaux vidéo de polarité négative et signaux audio en modulation de fréquence).

Prises spécifiques au S-VHS

Face arrière JVC HR-S 5000 S

On ne peut donc, en aucun cas, faire usage d’un téléviseur prévu pour les seules normes françaises ; et cela même en commutant la sortie du magnétoscope en position Sécam, ce réglage ne concernant que le standard de transmission des signaux couleurs et ne modifiant pas la nature des différentes modulations appliquées à la porteuse UHF.

Si donc on souhaite visionner les images émanant du HR-S 5000 S par l’intermédiaire du modulateur incorporé, il faut obligatoirement disposer d’un téléviseur Pal/Sécam doté d’un tuner prévu pour la réception des canaux TV aux normes G : ce que ne précise pas la notice d’utilisation du magnétoscope.

Indispensable pour permettre au signal capté par l’antenne TV de gagner le téléviseur de contrôle, la liaison par câble coaxial doit normalement céder le pas aux liaisons de type audio-vidéo qui passent par les prises péritel ou les nouvelles prises « S », spécifiques du format S-VHS. Trois cas sont à envisager.

  • La classique liaison péritel. Elle permet d’acheminer le signal vidéo composite selon les normes traditionnelles du VHS.
  • La liaison du type RVB. Elle fait intervenir un convertisseur de signal (KM-VT S) qui transforme en signaux RVB les composantes séparées luminance et chrominance délivrées par le magnétoscope, son commutateur de sortie ayant d’abord été placé en mode Y/C.
  • La liaison directe Y/C. Les composantes séparées peuvent transiter indifféremment par une des prises péritel du magnétoscope, ou par sa prise « S » de sortie, à condition d’établir une liaison audio complémentaire car la prise « S » n’achemine que les signaux de luminance et de chrominance.

On s’en doute, les résultats varient sensiblement d’un mode de liaison à l’autre. Les vraies possibilités du S-VHS ne sont mises en lumière que dans les deux derniers cas : à l’aide du convertisseur Y/C-RVB et au moyen de la transmission des composantes séparées Y/C ; ce qui suppose que le traitement des signaux vidéo Y/C ait été effectué en composantes séparées d’un bout à l’autre de la chaîne d’enregistrement-lecture. En d’autres termes d’avoir utilisé un camescope S-VHS, le GF-S 1000 de JVC par exemple. Ce qui fut notre cas pour cet essai.

8 heures de musiques en continu

Les images ont été observées sur un moniteur haute définition disposant d’entrées pour composantes séparées. Résultats au-dessus de la moyenne, confirmés par des tests, plus techniques, qui nous ont permis de vérifier que la définition horizontale des images enregistrées par ce camescope atteignait effectivement 385 points/ ligne (à – l O dB), au lieu des 240 point/ligne obtenus avec le même appareil commuté en mode VHS « standard ». Une amélioration de 60,4%. Ce bond en avant considérable met ce magnétoscope à égalité avec les lecteurs de vidéodisques qui ne peuvent prétendre à la même souplesse puisque privés de fonction enregistrement.

Cette même fonction préside à la réalisation des copies audio de disques compacts, en tous points comparables à la source d’origine, la réponse en fréquence de la section hi-fi du JVC HR-S 5000 S atteignant aisément 25.000 Hz, avec une dynamique supérieure à 90 dB et un taux de fluctuation inférieur à 0,005 % : chiffres vérifiés dans les modes VN (vitesse normale) et LD (vitesse lente). Aussi, une cassette E-240 peut-elle enregistrer 8 heures de musique en continu et, simultanément, des images vidéo accompagnées de leur message sonore.

Lecture des cassettes VHS classiques

L’usage des cassettes de type « S », étudiées pour des performances optimales, ne paraît devoir s’imposer que si l’on dispose de sources de signaux en composantes séparées. Exemple caractéristique : la copie de cassettes enregistrées selon les normes du format S-VHS.

Lorsque l’on est en présence de sources de signaux vidéo composites, tel ceux retransmis par les chaînes TV ou provenant de camescopes classiques, mieux vaut employer le HR-S 5000 S en mode VHS et utiliser les cassettes  traditionnelles, sensiblement moins onéreuses que les SE-60, SE- 120 ou SE-180 adoptées aux exigences accrues du S-VHS. Cette remarque s’applique également à la réalisation de copies audio hi-fi. Une éventuelle diminution du taux de « drop out » sur cassettes S-VHS ne suffit pas davantage à en justifier l’usage en VHS standard.

Caractéristiques JVC HR-S 5000 S

Section tuner

  • Standards : PAL/SECAM
  • Normes : B/G – L/L’
  • Programmation : 8 enregistrements sur 1 an
  • Sécurité mémoire : 3 minutes
  • Canaux préréglables : 48

Section magnétoscope

  • Formats : VHS standard – Super-VHS
  • Standards : PAL/SECAM
  • Vitesses de défilements : VN : 2,34 cm/s – LD : 1,17 cm/s
  • Entrées/Sorties : A/V Péritel – Prise « S » – Cinch
  • Définition horizontale :
    • VHS : 240 points/ligne
    • S-VHS : 385 points/ligne
  • Modulateur : UHF PAL/SECAM – normes G
  • Dimension : L × P × H : 43 × 37,5 × 12 cm
  • Autres fonctions : Double tuner B/G-L/L’ – Canaux de réception TV par câble – Tête d’effacement volante – Recherche indexée de séquences – Compatibilité automatique Anal+ – Programme à partir de la télécommande – Enregistrement audio hi-fi en FM.
  • Prix indicatif : 17000 F (2591 €)

Les plus

  • L’excellente définition (385 points/ligne) des images
  • La qualité de restitution des couleurs
  • L’absence d’interférences des signaux luminance-chrominance
  • Le double tuner aux normes B/G (Pal) et L/L’ (Sécam)
  • Le tuner adopté à la réception des programmes TV des réseaux câblés
  • La compatibilité automatique anal Plus
  • La programmation à distance à partir de la télécommande
  • Le système de recherche indexée
  • La double vitesse de défilement de la bande
  • Les possibilités d’enregistrements hi-fi
  • La qualité de l’arrêt sur image
  • La mire de réglage intégrée
  • Les fonctions insertion et doublage audio

Les moins

  • La sécurité mémoire insuffisante (3 minutes)
  • Le modulateur UHF aux seules normes G
  • L’affichage non permanent sur l’écran de contrôle de la télécommande

cv 16