Sanyo VM-D6P

Sanyo VM-D6PLoin des grands combats, Sanyo surprend, toujours discrètement, par ses innovations. Le petit Sanyo VEM-S 1 nous avait étonné par sa maniabilité et sa simplicité. C’est au tour du Sanyo VM-D6P avec son nouveau capteur en « mosaïque » divisé en quatre filtres de couleurs. Ce caméscope video 8 fut présenté récemment à Berlin aux côtés du VMD-8P, un modèle plus complet.

Christian Imbert – novembre 1989

Après le lancement d’un camescope poids plume, le VEM-S1, Sanyo décline toute une nouvelle gamme incluant même un modèle 8 mm High Band. Nous avons testé un prototype du modèle de base de la nouvelle série présentée récemment à la Funkausstellung de Berlin. Le Sanyo VM-D6P a une très belle allure. Ses formes profilées, sa couleur gris foncé nuancée de quelques plages de noir brillant et mat lui confèrent même une élégance  certaine. Compact, ce camescope de moins de 27 cm de long et 9 cm de large, poignée comprise, est un modèle de poing. Il se tient de la main droite, main bien tenue par la dragonne réglable. Une conception devenue monnaie courante. L’appareil est bien équilibré. Un peu plus lourd que le VEM-S l ( 1,1 kg ), il se trouve moins exposé aux risques de bougé. La discrétion des touches de commande, parfaitement intégrées au boîtier et en nombre très raisonnable, incite à penser que ce camescope est d’une grande facilité d’utilisation. Ce que nos tests nous ont permis de vérifier. Pourtant l’examen de ses équipements montre que le VMD6P est un camescope complet. L’objectif zoom très compact n’allonge le boîtier que de 5 cm. Pourtant, il reste lumineux (ouverture à f/1,6) et très puissant. D’amplitude 8 fois, il couvre un éventail de focales allant du 8,5 mm (semi grand-angle) au 68 mm, ce qui correspond à un super-télé. La variation de focale est motorisée et commandée par deux touches placées sur la poignée : « T » (position télé) et « W » (position grand-angle). La vitesse du zoom est programmable en fonction de la pression exercée. Cette double commande est d’une grande souplesse. Le changement de focale peut se faire également en manuel par rotation du levier solidaire de la bague de réglage. Sa course semble freinée, tout au moins sur le prototype, par un certain manque de fluidité et par la trop grande proximité de la griffe porte-accessoires. On regrette aussi la trop grande miniaturisation de ce levier. Mieux vaut donc utiliser la commande électrique. La mise au point s’effectue jusqu’à 1,20 m. Pour des vues plus rapprochées, l’objectif bénéficie de la macro en position grand-angle, pour une approche jusqu’à 18 mm de la lentille.

La balance des blancs fonctionne en permanence

Le cadrage s’apprécie à l’aide du viseur électronique 2/3 de pouce, lumineux et bien dessiné. Situé sur le boîtier, il est orientable à 90° mais reste bien verrouillé en position horizontale. Le bloc antérieur de visée s’adapte facilement à la vue de chacun et peut être démonté pour contrôler un enregistrement à distance. Les fonctions s’affichent en clair dans le viseur sans aucune surcharge d’information. Ils permettent de surveiller très étroitement le bon fonctionnement du camescope. En cas de pépin (fin de bande, diminution de puissance de la batterie, condensation d’humidité, voire même absence de cassette), des signaux apparaissent et clignotent.

En position automatique, indiquée clairement en vert sur le boîtier, la mise au point est réglée à chaque instant par traitement numérique de l’image. Une technologie nouvelle déjà utilisée sur le Sanyo VEM-S1 , qui repose sur l’analyse des transitions. Sur ce modèle, l’ajustement de la mise au point s’effectue plus rapidement que sur le S1.

Arrière Sanyo VM-D6P
Au dos figure, outre les touches de marche/arrêt, d’éjection de batterie et de cassette, la mise à zéro du compteur en temps réel, la position Edit et la sortie audio/vidéo.

Le réglage de la netteté du sujet s’effectue aussi en manuel par rotation de la bague  d’objectif. Le débrayage de l’automatisme est intéressant, voire nécessaire, dans certaines situations difficiles. Par exemple lorsque plusieurs sujets se trouvent dans le champ à des distances différentes ; ou lorsqu’un sujet unique se déplace à grande vitesse. Les prescriptions classiques de réglage manuel de la distance sont l’absence de contraste, les situations extrêmes de très forte ou – au contraire – de très faible intensité lumineuse, les prises de vue réalisées à travers une surface vitrée ou un plan d’eau sans grande transparence ou en position macro. Même en réglage manuel la touche PUSH-AUTO permet de retrouver instantanément, et de façon ponctuelle, l’assistance automatique.

Le calcul de l’exposition est effectué automatiquement en fonction des conditions d’éclairage. Une compensation est permise en cas de contre-jour par exemple : il suffit d’appuyer sur la touche BACK LIGHT. Elle permet de gagner environ deux diaphragmes tant que la touche reste activée, mais sa mise en fonction demande une ou deux secondes.

La balance des blancs, responsable de la bonne restitution des couleurs, est réglée en permanence. Les mesures sont effectuées par un CCD interne à la caméra et un petit capteur externe situé sous le viseur. Cette double mesure tient compte à la fois de la nature de la lumière ambiante et de celle qui est réfléchie par le sujet. En basse lumière la balance des blancs n’est gérée que par un seul capteur.

L’automatisme de la balance des blancs peut être débrayé au profit d’un préréglage manuel sur l’une des deux positions« lumière du jour » ou « lumière artificielle ».

Le Sanyo VMD-6P offre des fonctions caméra complémentaires. Le SHUTTER, obturateur électronique à vitesse variable, permet de filmer des sujets se déplaçant très rapidement. Ils conserveront une parfaite netteté en lecture au ralenti ou en arrêt sur image. Deux vitesses sont possibles : le 1/2000 s, parfait pour les images de sport ; et le 1/120 s qui a l’ avantage d’éliminer les scintillements en situation d’éclairage par lampes fluorescentes.

Le camescope autorise l’enregistrement en surimpression à l’image de la date et de l’heure. Leur sauvegarde est assurée pendant un an grâce à une pile au lithium.

Légender une image

Il est aussi possible d’enregistrer des titres grâce à la mémoire numérique. Il suffit pour cela de filmer un texte sur fond sombre. Sa mémorisation est instantanée et son rappel peut s’effectuer au moment voulu pour sa surimpression dans une couleur à choisir entre le blanc, le bleu, le rouge, le jaune ou le noir. Cette fonction n’est pas limitée à l’usage des titres. Il est possible de digitaliser de la même manière un dessin, un graphique ou même une image bien contrastée qui donnera un effet de silhouette. Cette fonction de titrage offre ainsi la possibilité de légender une image ou une séquence, de créer un effet.

Section magnétoscope Sanyo VM-D6PLa platine magnétoscope du VM-D6P est dotée d’une mécanique de conception récente, certes moins miniaturisée que celle du Sanyo S1 mais capable d’enregistrer et de lire en vitesse normale (SP) ou en vitesse lente (LP), doublant ainsi l’autonomie des cassettes moyennant une légère perte de qualité.

La fonction EDIT SEARCH est intéressante à double titre. D’abord pour insérer de nouvelles séquences et remplacer les images jugées sans grand intérêt. Elle permet ensuite de chercher une séquence, de choisir les points de montage après lecture au ralenti en mode pause d’enregistrement. Le VM-D6P permet l’insertion vidéo mais ses circuits n’ont pas été conçus pour effectuer du doublage-son. Le magnétoscope 8 mm intégré est doté d’un compteur de durée de bande qui s’affiche dans le viseur, et de la position EDIT pour rehausser le signal vidéo de sortie.

Question raccordements, le Sanyo VM-D6P dispose d’une sortie audio-vidéo de type mini-DIN 6 broches. Il se raccorde directement à un téléviseur Pal/Secam par un cordon A/V fourni en option, via la prise péritel. La connexion avec un téléviseur dépourvu de prise A/V s’effectue par l’intermédiaire de l’adaptateur RF VRF-300.

Outre la lecture directe des cassettes vidéo 8 mm sur le téléviseur, le camescope permet une recherche visuelle rapide à 9 fois la vitesse normale vers l’avant ou 7 fois la vitesse normale vers l’arrière. L’arrêt sur image (en mode PAUSE) manque de stabilité.

Le VM-D6P se raccorde aussi à un magnétoscope par prises audio/vidéo avec l’adaptateur AV-Scart proposé en option. Cette configuration autorise le montage puisqu’elle donne accès à l’utilisation conjointe des commandes d’enregistrement et de pause.

Le Sanyo VM-D6P est alimenté par une batterie nickel-cadmium NP-55 à recharge rapide (1 h) offrant 45 minutes d’autonomie. (En réalité beaucoup moins si l’autofocus fonctionne en permanence). Une batterie plus puissante, la NP-77, est disponible en option. Le camescope marche aussi sur secteur. La batterie se fixe sur la partie latérale arrière du camescope. Cette conception curieuse a l’avantage de dégager le panneau arrière et de libérer les commandes d’alimentation générale, l’accès au logement de la cassette (qui s’introduit dans le sens de la hauteur), la remise à zéro et la mémoire du compteur.

Sanyo-VM-D6P

La répartition des commandes a été bien conçue. Les touches de caméra sont regroupées dans le prolongement de l’objectif, les fonctions d’insertion au-dessus du zoom, les touches du magnétoscope ont été placées sous le viseur. Après la mise sous tension signalée par une diode verte, un voyant rouge clignote jusqu’au déclenchement d’ enregistrement. Toutes les commandes sont à fonctionnement instantané sauf la touche BACK LIGHT plus lente à mettre en œuvre.

Des capteurs à filtre mosaïques plus performants

La bonne qualité des images enregistrées tant en définition qu’en restitution des couleurs est assurée par un nouveau type de capteur de 320 000 pixels. Chaque micro-capteur est en fait divisé en quatre filtres de couleur. Ce système d’analyse dit « à mosaïque » permet, avec un nombre de cellules moins important, d’augmenter la définition. Les performances sont en fait analogues à celles d’un capteur 450 000 pixels à structure linéaire.

Les performances sonores sont un peu limitées par la nature du micro omnidirectionnel intégré, recouvert d’une bonnette pour atténuer les bruits du vent. Une prise est prévue à côté de la prise casque pour adapter un micro optionnel plus puissant ou plus directionnel. Ce camescope à vocation familiale remplit parfaitement son rôle. Mais ses fonctions créatives lui permettent aussi d’aborder tous les genres de la prise de vues.

Caractéristiques Sanyo VM-D6P

Section caméra

  • CAPTEUR : 320 000 pixels à filtres mosaïques
  • OBJECTIF : f/1,6 – 8,5-68 mm – Zoom × 8 à vitesse variable électrique ou manuel
  • MISE AU POINT : Autofocus digital ou débrayable
  • SENSIBILITE : 7 lux
  • OBTURATEUR : Electronique 1/120 s et 1/2000 s
  • VISEUR : Electronique 2/3 de pouce avec affichage en clair – Orientable

Section magnétoscope

  • FORMAT : Vidéo8 mm
  • STANDARD : PAL
  • VITESSE(S) DE DEFILEMENT : Normale et longue durée
  • ENTREES/SORTIE(S) AUDIO-VIDEO : Connecteur de sorties A/V mini-DIN
  • DIMENSIONS L × H × P : 11 ,8 × 15,2 × 30,2 cm
  • POIDS : 1,1 kg (sans batterie)
  • AUTRES FONCTIONS : 1 mémoire de titre en 5 couleurs – Fonction Edit Search – Compteur en temps réel – Position Edit – Insertion date et heure.
  • PRIX INDICATIF : 9 990 F (1523 €)

Les plus

  • Le zoom × 8 à vitesse variable
  • L’autofocus par traitement numérique
  • Le viseur à affichage en clair
  • Les fonctions d’insertion et d’incrustation
  • L’esthétique
  • Le capteur CCD à filtres mosaïques

Les moins

  • Le levier de commande manuelle du zoom
  • L’emplacement de la griffe porte-accessoires
  • Le temps d’inertie de la touche Back Light

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